[<] Endomorphismes autoadjoints positifs [>] Endomorphismes autoadjoints définis positifs

 
Exercice 1  11  Correction  

Soit A𝒮n(). Montrer

Xn,1(),XAX0Sp(A)+.

Solution

() Supposons

Xn,1(),XAX0.

Pour X vecteur propre associé à la valeur propre λ, on obtient

XAX=λXX avec XX>0

et donc λ0.
() Supposons Sp(A)+.
Par le théorème spectral, on peut écrire A=PDP avec POn() et D diagonale. De plus, les coefficients diagonaux de D sont les valeurs propres λ1,,λn+ de A. Pour toute colonne X, on a alors

XAX=YDY avec Y=PX

puis

XAX=i=1nλiyi20.
 
Exercice 2  5904   Correction  

Soit 𝒫={An(),Xn,XAX0}.

  • (a)

    Soit An(). Montrer que A𝒫 si, et seulement si, A+A𝒮n+().

  • (b)

    Montrer que les valeurs complexes des matrices éléments de 𝒫 sont de parties réelles positives.

Solution

  • (a)

    Commençons par remarquer que la matrice A+A est assurément symétrique.

    De plus, pour Xn,1(), on constate par transposition d’un réel

    XAX=(XAX)=XAX

    Par conséquent,

    XAX=12(X(A+A)X)

    et donc A𝒫 si, et seulement si, A+A𝒮n+().

  • (b)

    Soient λ une valeur propre complexe d’une matrice A𝒫 et n,1(){0} un vecteur propre associé. En écrivant Z=X+iY avec X,Y colonnes réelles et λ=α+iβ avec α,β, l’égalité AZ=λZ donne

    Z¯AZ=λZ¯Z

    et

    Z¯AZ=XAX-iYAX+iYAX+YAY

    En considérant la partie réelle, il vient

    αZ¯Z=XAX+YAY0

    avec Z¯Z+* car la colonne complexe Z est non nulle.

    On en déduit α>0.

 
Exercice 3  372  Correction  

Soit A𝒮n() à valeurs propres positives. Établir

(det(A))1/n1ntr(A).

Solution

Notons λ1,,λn les valeurs propres de A. On a

det(A)=λ1λnettr(A)=λ1++λn.

L’inégalité de convexité

(λ1λn)1/n1n(λ1++λn)

est bien connue, c’est la comparaison des moyennes géométrique et arithmétique qui s’obtient par la convexité de l’exponentielle appliquée aux réels ai=ln(λi) lorsque λi>0.

 
Exercice 4  369  

Soit An().

  • (a)

    Justifier que la matrice AA est diagonalisable.

  • (b)

    Montrer que les valeurs propres de AA sont toutes positives.

 
Exercice 5  3664  Correction  

Soient Mn() et A=MM.

  • (a)

    Montrer que les valeurs propres de A sont positives.

  • (b)

    Soit (Xi)1in une famille orthonormée de colonnes telle que la famille (MXi)1in soit orthogonale.
    Montrer que les Xi sont des vecteurs propres de A.

Solution

  • (a)

    Soient λ une valeur propre de A et X0 un vecteur propre associé. On a AX=λX.
    D’une part

    XAX=λXX=λX2.

    D’autre part

    XAX=(MX)MX=MX2

    donc

    λ=MX2X20.
  • (b)

    Pour ji, on a

    XjAXi=(MXj)MXi=0

    donc

    AXiVect(X1,,Xi-1,Xi+1,Xn)=Vect(Xi)

    et par conséquent Xi est vecteurs propres de A.

 
Exercice 6  3008  Correction  

Soit Sn() une matrice symétrique réelle à valeurs propres positives. Pour k*, on pose

uk=(tr(Sk))1/k

Étudier la limite de (uk)k1

Solution

La matrice S est diagonalisable. Notons λ1,,λn+ les valeurs propres de S comptées avec multiplicité et rangées en ordre croissant. Pour tout k*,

tr(Sk)=λ1k++λnk

Les valeurs propres étant positives,

λnktr(Sk)nλnk

puis

λnukn1kλnk+λn

Par théorème d’encadrement,

υkk+λn

La suite (uk)k1 converge vers la plus grande valeur propre de S.

 
Exercice 7  13   Correction  

Soit A=(ai,j)𝒮n+().

  • (a)

    Montrer que pour tout i{1,,n}, ai,i0.

  • (b)

    Observer que si ai,i=0 alors, pour tout j{1,,n}, ai,j=0.

Solution

  • (a)

    Pour X=Ei colonne élémentaire,

    XAX=EiAEi=ai,i0.
  • (b)

    Pour Xλ=Ei+λEj avec λ,

    XλAXλ=ai,i+2λai,j+λ2aj,j0.

    Si ai,i=0, l’expression précédente se simplifie et l’on obtient

    λ, 2λai,j+λ2aj,j0.

    Cela oblige ai,j=0 car sinon il y a changement de signe au voisinage de 0.

 
Exercice 8  3175   Correction  

Soit A=(ai,j)𝒮n+(). On note m le plus grand coefficient diagonal de A.

Établir

1i,jn,|ai,j|m.

Solution

Notons que les coefficients diagonaux de A sont assurément positifs car

ai,i=EiAEi0.

Il est alors immédiat que

i{1,,n},|ai,i|=ai,im.

Pour ij{1,,n}, introduisons Xλ=λEi+Ejn,1() avec λ. On a

XλAXλ=λ2ai,i2+2λai,j+aj,j20.

Si ai,i=0 alors on a nécessairement ai,j=0 et donc |ai,j|m.

Si ai,i0 alors puis que le trinôme du second degré est de signe constant, on a

Δ=4ai,j2-4ai,jaj,j0

puis

ai,j2ai,iaj,jm2

d’où |ai,j|m.

 
Exercice 9  3927     MINES (MP)Correction  

Soient A𝒮n() avec Sp(A)+ et Bn(). On suppose

AB+BA=0.

Montrer AB=BA=0.

Solution

Cas: A diagonale. On écrit A=diag(λ1,,λn) avec λ1,,λn+. On a

AB+BA=((λi+λj)bi,j)1i,jn

et donc

1i,jn,(λi+λj)bi,j=0.

Si λi0 alors λi+λj>0 et donc bi,j=0 puis λibi,j=0.
Sinon, on a encore λibi,j=0.
Ainsi, AB=0 puis aussi BA=0.

Cas général: Par le théorème spectral, on peut écrire A=PDP-1 avec D diagonale à coefficients diagonaux positifs et POn().
La relation AB+BA=0 donne alors DM+MD=0 avec M=P-1BP. Comme au dessus, on obtient DM=0 puis

AB=PDP-1PMP-1=0.
 
Exercice 10  3168   Correction  

Soient A,B𝒮n+(). Montrer

tr(AB)0.

Solution

Puisque symétrique réelle positive, la matrice A est orthogonalement semblable à une matrice diagonale à coefficients positifs ce qui permet décrire

A=PDP

avec POn(), D=diag(λ1,,λn), λi0 pour i=1,,n.

On a alors

tr(AB)=tr(DPBP)=tr(DB)

avec B=PBP. On vérifie aisément que B est symétrique positive car B l’est et alors ses coefficients diagonaux sont positifs puisque

bii=EiBEi0.

On a alors

tr(AB)=i=1nλibii0.
 
Exercice 11  3150   Correction  

Soient A,B𝒮n+(). Montrer tr(AB)tr(A)tr(B).

Solution

Puisque la matrice A est symétrique réelle positive, elle est orthogonalement semblable à une matrice diagonale à coefficients positifs. On peut donc écrire

A=PDP1 avec POn()etD=diag(λ1,,λn),λk0.

On a alors

tr(AB)=tr(PDP1B)=tr(DC)

avec C=P1BP qui est encore une matrice symétrique réelle positive.

On a alors

tr(DC)=i=1nλici,i(i=1nλi)(i=1nci,i)=tr(D)tr(C)

car les scalaires λi et les coefficients ci,i sont positifs.

Puisque deux matrices semblables ont même trace, on parvient à l’inégalité voulue.

 
Exercice 12  3752     MINES (MP)Correction  

Soit An() une matrice symétrique à valeurs propres toutes positives.

Montrer

UOn(),tr(AU)tr(A)

Solution

Si A est diagonale égale à diag(λ1,,λn) avec λi+ alors

tr(AU)=i=1nλiui,i.

Or les coefficients d’une matrice orthogonale appartiennent à [1;1] donc

tr(AU)i=1nλi=tr(A).

Plus généralement, si A est symétrique réelle à valeurs propres positives, on peut écrire A=ΩDΩ avec Ω orthogonale et D=diag(λ1,,λn)λi+. On a alors

tr(AU)=tr(ΩDΩU)=tr(DV)

avec V=ΩUΩ orthogonale. On a alors

tr(AU)tr(D)=tr(A).
 
Exercice 13  18  Correction  

Soit Mn(). Montrer que A=MM𝒮n() et Sp(A)+.

Inversement, pour A𝒮n() telle que Sp(A)+, établir qu’il existe Mn() telle que A=MM.

Solution

Si A=MM alors pour toute colonne X

XAX=(MX)MX0

et donc Sp(A)+.
Inversement, pour A𝒮n() telle que Sp(A)+, il existe POn() telle que P-1AP=D avec D=diag(λ1,,λn) et λi0.
Posons alors M=PΔP-1 avec Δ=diag(λ1,,λn). On a M𝒮n() et M2=A ce qui fournit A=MM.

 
Exercice 14  3090   Correction  

On note 𝒮n+() l’ensemble des matrices symétriques de n() de valeurs propres positives. Soit S𝒮n+().

  • (a)

    Montrer qu’il existe une matrice A𝒮n+() qui est un polynôme en S vérifiant

    A2=S.
  • (b)

    Soit B𝒮n+() vérifiant B2=S. Montrer que B commute avec A puis que B=A.

Solution

  • (a)

    Il existe POn(), vérifiant S=PDP-1 avec D=diag(λ1,,λn), λi0. Considérons alors un polynôme Π, construit par interpolation de Lagrange vérifiant

    1in,π(λi)=λi.

    Posons ensuite A=Π(S). A est un polynôme en S, A est symétrique réelle et

    P-1AP=P-1Π(S)P=Π(D)=diag(λ1,,λn).

    Les valeurs propres de A sont positives donc A𝒮n+(). Enfin, puisque

    P-1A2P=diag(λ1,,λn)=D

    on a A2=S.

  • (b)

    Soit B𝒮n+() vérifiant B2=S. On a BS=B3=SB donc B commute avec S et donc avec A qui est un polynôme en S. Puisque A et B sont diagonalisables et qu’elle commutent toutes deux, elles sont codiagonalisables. Ainsi, il existe une matrice de passage QGLn() vérifiant

    Q-1AQ=diag(λ1,,λn)etQ-1BQ=diag(μ1,,μn).

    Or A2=S=B2 donc μi2=λi puis μi=λi car μi0

    Finalement, A=B

 
Exercice 15  4271    

On note 𝒮n+() l’ensemble des matrices symétriques de n() dont les valeurs propres sont toutes positives. Soit A𝒮n+(). On souhaite établir qu’il existe une unique matrice B𝒮n+() telle que B2=A.

  • (a)

    Montrer l’existence d’une telle matrice.

  • (b)

    Soit B𝒮n+() vérifiant B2=A. Établir que pour tout λ+,

    Ker(B-λIn)=Ker(A-λIn).
  • (c)

    Justifier l’unicité d’une matrice solution.

 
Exercice 16  5758   Correction  

(Inégalité de Hadamard)

Soit S=(si,j)𝒮n+().

On rappelle l’inégalité arithmético-géométrique: pour tous réels positifs a1,,an,

(a1,,an)+n,(i=1nai)1/n1ni=1nai.
  • (a)

    Montrer

    det(S)(1ntr(S))n.
  • (b)

    Soient α=(α1,,αn)n, D=diag(α1,,αn) et Sα=DSD.

    Vérifier que Sα𝒮n+() et exprimer tr(Sα).

  • (c)

    On suppose S inversible. Vérifier que les coefficients diagonaux de S sont strictement positifs et, en introduisant des réels α1,,αn pertinemment choisis, établir

    det(S)i=1nsi,i.
  • (d)

    Justifier que l’inégalité précédente est encore vraie lorsque S n’est pas inversible.

Solution

  • (a)

    En introduisant λ1,,λn les valeurs propres de S comptées avec multiplicité, on a

    det(S)=λ1××λnettr(S)=λ1++λn

    car S est semblable à diag(λ1,,λn).

    L’inégalité voulue est alors une conséquence directe de l’inégalité arithmético-géométrique sachant que les réels λi sont tous positifs.

  • (b)

    On vérifie immédiatement que Sα est symétrique en calculant Sα.

    Pour toute colonne Xn,1(),

    XSαX=(DX)SDX=YSY0 avec Y=DXn,1().

    La matrice Sα est donc symétrique positive.

    Aussi, pour tout (i,j)1;n2,

    [DSD]i,j=αisi,jαj

    et donc

    tr(Sα)=i=1nαi2si,i.
  • (c)

    Puisque S est symétrique positive inversible, S est définie positive. En notant Ei la colonne élémentaire d’indice i, on a

    si,i=EiSEi>0.

    Posons αi=1/si,i de sorte que tr(Sα)=1. L’inégalité de la première question donne det(Sα)1. Or

    det(Sα)=det(D)det(S)det(D)=det(S)i=1nαi2.

    On en déduit

    det(S)i=1nαi-2=i=1nsi,i.
  • (d)

    Si S n’est pas inversible alors det(S)=0. Parallèlement, si,i=EiSEi0 pour i=1,,n. L’inégalité précédente est donc encore vraie.

 
Exercice 17  5905   Correction  

Soit An(). Montrer qu’il existe des matrices P,QOn() telles que PAQ soit diagonale à coefficients diagonaux positifs.

Solution

Si D=PAQ est diagonale à coefficients diagonaux positifs avec P,QOn(), on remarque AA=QDPPDQ=QD2Q. Cela permet d’initier la démarche qui suit.

Cas: A inversible.

Considérons M=AA. La matrice M est symétrique puisque M=M et définie positive car

Xn,1(){0},XMX=(AX)AX=AX2>0.

Par le théorème spectral, on peut écrire M=ΩΔΩ avec Δ=diag(λ1,,λn)λ1,,λn>0 et ΩOn().

Posons alors D=diag(λ1,,λn), Q=Ω et P=DQA-1. On vérifie

PP=(A-1)ΩDDΩA-1=(A-1)ΩΔΩA-1=(A-1)MA-1=In.

On en déduit POn() et l’on obtient l’écriture PAQ=D comme voulu.

Cas: A non inversible.

Par densité de GLn() dans n(), on peut introduire une suite (Ak)k de matrices inversibles de limite A. Pour tout k, il existe Pk,QkOn() telles que PkAkQk=Dk soit une matrice diagonale à coefficients diagonaux positifs. Par produit de parties compactes, On()×On() est une partie compacte et l’on peut introduire φ: strictement croissante telle que la suite (Pφ(k),Qφ(k)) converge vers un couple (P,Q) formé de matrices orthogonales. Par opérations sur les limites Dφ(k)=Pφ(k)Aφ(k)Qφ(k) admet une limite D=PAQ qui est nécessairement une matrice diagonale à coefficients diagonaux positifs car l’ensemble des matrices de ce type est une partie fermée.

 
Exercice 18  5274    Correction  

Soient A et B deux matrices de 𝒮n() à valeurs propres toutes positives.

  • (a)

    Montrer qu’il existe une matrice symétrique C telle que C2=A.

  • (b)

    Établir

    det(A)+det(B)det(A+B).

    On pourra commencer par étudier le cas où A=In.

Solution

  • (a)

    La matrice A est symétrique réelle donc orthogonalement diagonalisable: il existe une matrice POn() telle que A=PDP-1 avec

    D=(λ1(0)(0)λn).

    Les réels λ1,,λn sont les valeurs propres comptées avec multiplicité de la matrice A et celles-ci sont supposées positives ce qui permet d’introduire

    Δ=(λ1(0)(0)λn).

    On vérifie Δ2=D et la matrice C=PΔP-1 résout alors le problème posé puisque

    C2=PΔ2P-1=AetC=(P-1)ΔP=PΔP-1=C car P-1=P.
  • (b)

    Supposons A=In et introduisons μ1,,μn les valeurs propres de B comptées avec multiplicité. Les valeurs propres de In+B sont alors les 1+λi pour i=1,,n et l’inégalité det(In)+det(B)det(In+B) se relit

    1+μ1××μn(1+μ1)××(1+μn).

    Or cette dernière est évidente car, lorsque l’on développe (1+μ1)××(1+μn), on obtient les termes 1 et μ1××μn ainsi que d’autres, tous positifs puisque les valeurs propres μi sont supposées positives. Ainsi, la propriété est établie lorsque A est la matrice In.

    Méthode: Lorsque la matrice A est inversible, on emploie la matrice C de la question précédente pour se ramener au cas qui vient d’être résolu.

    Cas: A est inversible. On introduit une matrice C symétrique de carré A. Celle-ci est inversible car A=C2 l’est et, en multipliant11 1 Peu importe le signe de det(C-1), les deux multiplications conservent le sens de l’inégalité. Cependant, si la matrice C est définie comme à la question précédente, elle est de déterminant strictement positif. par det(C-1) à droite et à gauche, on remarque

    det(A) +det(B)det(A+B)
    det(C-1AC-1)+det(C-1BC-1)det(C-1AC-1+C-1BC-1)
    det(In)+det(C-1BC-1)det(In+C-1BC-1)
    det(In)+det(M)det(In+M) avec M=C-1BC-1.

    La matrice M est symétrique car

    M=(C-1BC-1)=(C-1)B(C-1)=C-1BC-1=M.

    Il reste à vérifier que ses valeurs propres sont toutes positives.

    Méthode: On sait22 2 Voir le sujet 5312. qu’une matrice symétrique S est à valeurs propres positives si, et seulement si, XSX0 pour toute colonne X.

    La matrice B étant symétrique à valeurs propres positives, on a

    XBX0pour tout Xn,1().

    Or

    XMX=YBY avec Y=C-1X

    et donc

    XMX0pour tout Xn,1().

    On en déduit que les valeurs propres de M sont toutes positives et l’on peut affirmer que la comparaison det(In)+det(M)det(In+M) est vraie.

    Cas: A non inversible.

    Méthode: On généralise l’étude qui précède par un passage à la limite.

    Pour ε>0, on introduit Aε=A+εIn. La matrice Aε est symétrique et ses valeurs propres se déduisent de celles de A par l’ajout de ε: elles sont strictement positives. Par l’étude du cas précédent, on sait alors

    det(Aε+B)det(Aε)+det(B).

    En passant à la limite quand ε tend vers 0+, on conclut par continuité du déterminant

    det(A+B)det(A)+det(B).
 
Exercice 19  2759      MINES (MP)Correction  

On munit n() du produit scalaire canonique. On note 𝒜n() l’ensemble des matrices antisymétriques de n() et 𝒮n+() l’ensemble des matrices symétriques à valeurs propres positives.
Soit An() telle que pour tout UOn(), tr(AU)tr(A).

  • (a)

    Déterminer le supplémentaire orthogonal de 𝒜n().

  • (b)

    Soit B𝒜n(). Montrer que pour tout x, exp(xB)On().

  • (c)

    Montrer que A𝒮n+().

  • (d)

    Étudier la réciproque.

  • (e)

    Montrer que pour toute matrice Mn() il existe S𝒮n+() et UOn() telles que M=SU.

Solution

Le produit scalaire canonique sur n() est donné par

(AB)=tr(AB).
  • (a)

    L’espace solution est 𝒮n(). En effet, les espaces 𝒮n() et 𝒜n() sont orthogonaux car pour (A,B)𝒮n()×𝒜n() on a

    (AB)=tr(AB)=tr(AB)=tr(BA)

    et

    (AB)=(BA)=tr(BA)=-tr(BA)

    donc (AB)=0.
    Les espaces étant orthogonaux, ils sont donc en somme directe. Puisque de plus on peut écrire n’importe quelle matrice Mn() sous la forme M=A+B avec

    A=M+M2𝒮n() et B=M-M2𝒜n()

    les espaces 𝒮n() et 𝒜n() sont supplémentaires orthogonaux et donc chacun est l’orthogonale de l’autre.
    car ces espaces sont évidemment orthogonaux et supplémentaires.

  • (b)

    On a

    exp(xB)exp(xB)=exp((xB))exp(xB)=exp(-xB)exp(xB).

    Or -xB et xB commutent donc

    exp(xB)exp(xB)=exp(-xB+xB)=exp(0)=In.
  • (c)

    La fonction dérivable f:xtr(Aexp(xB)) admet un maximum en 0 donc f(0)=0 ce qui donne tr(AB)=0 pour tout B𝒜n(). Ainsi, A est une matrice symétrique car dans l’orthogonal de l’espace des matrices antisymétrique.
    Par le théorème spectrale, on peut écrire A=PDP avec D=diag(λ1,,λn) et POn().
    Posons V=diag(ε1,,εn) avec εi=±1 et εiλi=|λi|.
    Considérons alors U=PVPOn().

    tr(AU)=tr(APVP)=tr(PAPV)=tr(DV)=|λ1|++|λn|

    et

    tr(A)=λ1++λn.

    La propriété tr(AU)tr(A) entraîne λi0 pour tout i.
    La matrice A est alors symétrique positive.

  • (d)

    Supposons A𝒮n+(). On peut écrire A=PDP avec D=diag(λ1,,λn), λi0 et POn(). Pour tout UOn(), tr(AU)=tr(DV) avec V=(vi,j)=PUPOn().
    On a alors

    tr(DV)=i=1nλivi,ii=1nλi=tr(A)

    car vi,i1.

  • (e)

    L’application réelle f:Vtr(MV) est continue sur le compact On(), elle y admet donc un maximum en un certain UOn(). On a alors pour tout VOn(),

    tr(MV)tr(MU).

    Posons alors A=MU. Pour tout WOn(),

    tr(AW)tr(A)

    donc A𝒮n+() et ainsi M=AU-1 avec A𝒮n+() et U-1On().

 
Exercice 20  2514      CENTRALE (MP)Correction  

Soit A une matrice symétrique réelle positive de taille n.
Pour α>0, on note

𝒮α={M𝒮n()|Sp(M)+ et det(M)α}.

Le but est de montrer la formule:

infM𝒮αtr(AM)=n(αdet(A))1/n.
  • (a)

    Démontrer la formule dans le cas A=In.

  • (b)

    Montrer que toute matrice A symétrique réelle positive peut s’écrire A=PP avec P matrice carrée de taille n.

  • (c)

    Démontrer la formule.

  • (d)

    Le résultat est-il encore vrai si α=0?

  • (e)

    Le résultat reste-t-il vrai si A n’est que symétrique réelle?

Solution

  • (a)

    Soit M𝒮α. La matrice M est diagonalisable de valeurs propres λ1,,λn0 avec λ1λnα et l’on a
    tr(M)=λ1++λn. Par l’inégalité arithmético-géométrique

    λ1++λnnλ1λnn

    et donc

    tr(M)nα1/n

    avec égalité si M=α1/nIn𝒮α.

  • (b)

    Par orthodiagonalisation de la matrice A, on peut écrire

    A=QΔQ avec Δ=diag(λ1,,λn) et QOn().

    Les valeurs propres de A étant positives, on peut poser P=diag(λ1,,λn)Q et vérifier A=PP.

  • (c)

    On peut écrire

    tr(AM)=tr(PPM)=tr(PMP)

    avec PMP matrice symétrique de déterminant det(M)×det(A)αdet(A).
    Par l’étude qui précède avec α=αdet(A), on obtient

    tr(AM)n(αdet(A))1/n.

    Cependant, lorsque M parcourt 𝒮α, on n’est pas assuré que PMP parcourt l’intégralité 𝒮α. Cela est néanmoins le cas lorsque la matrice A est inversible car alors la matrice P l’est aussi. L’inégalité précédente est alors une égalité pour

    M=(αdet(A))1/nA-1.

    Lorsque la matrice A n’est pas inversible, c’est qu’au moins l’une de ses valeurs propres est nulle. Sans perte de généralité, supposons que ce soit la premier de la séquence λ1,,λn

    A=QΔQ avec Δ=diag(0,λ2,,λn),λ2,,λn0.

    Considérons alors pour ε>0

    Mε=Qdiag(αε-(n-1),ε,,ε)Q.

    La matrice Mε est élément de 𝒮α et

    tr(AMε)=(n-1)ε.

    Ceci valant pour tout ε>0, on obtient

    infM𝒮αtr(AM)=0=n(αdet(A))1/n.
  • (d)

    Soit M𝒮n+() telle que det(M)0. Via diagonalisation de M avec des valeurs propres positives, on peut affirmer β=det(M+λIn)>0 pour tout λ>0. Par ce qui précède,

    tr(A(M+λIn))n(βdet(A))1/n.

    Par continuité, quand λ0+, on obtient

    tr(AM)0

    et, bien évidemment, il y a égalité si M=On.
    Le résultat est donc encore vrai si α=0.

  • (e)

    Le résultat n’a plus de sens si A est symétrique réelle de déterminant négatif avec n pair.

 
Exercice 21  6156     CENTRALE (MP)Correction  

Soit n*. On pose Hn=n({1,1}) et Kn=n([1;1]) ainsi que

Mn=maxHHn|det(H)|etMn=maxKKn|det(K)|.
  • (a)

    Justifier l’existence de Mn et Mn.

  • (b)

    Écrire une fonction Python MaxiDetAlea(n) calculant le déterminant maximal de 10 000 matrices aléatoires de Hn et qui renvoie le maximum trouvé ainsi qu’une matrice en laquelle il est atteint.

    Procéder de même avec Kn.

  • (c)

    Les instructions suivantes renvoient un itérateur L parcourant tous les N-uplets d’éléments de {1,1}:

    from itertools import product
    L = product([-1, 1], repeat=N)
    

    Écrire une fonction calculant Mn.

Soit AKn. On pose B=AA.

  • (d)

    Montrer que B est diagonalisable à valeurs propres positives, puis que

    det(B)(tr(B)n)n.
  • (e)

    Montrer que

    |det(A)|nn/2.

    puis que

    |det(A)|=nn/21nAOn()

    Observer qu’alors AHn.

Solution

  • (a)

    L’ensemble Hn est fini (de cardinal 2n2), donc la fonction H|det(H)| y atteint un maximum: Mn existe.

    L’ensemble Kn est une partie fermée et bornée d’un espace de dimension finie, c’est une partie compacte. La fonction H|det(H)| étant continue, elle y atteint son maximum: Mn existe.

  • (b)
    import numpy as np
    import numpy.random as rnd
    
    def MaxiDetAlea(n):
        best_det = - float(’inf’)
        best_matrix = None
        for _ in range(10000):
            A = 2 * rnd.binomial(1, 0.5, (n, n)) - 1
            d = abs(np.linalg.det(A))
            if d > best_det:
                best_det = d
                best_matrix = A
        return best_det, best_matrix
    

    Pour Kn:

    def MaxiDetAlea_K(n):
        best_det = - float(’inf’)
        best_matrix = None
        for _ in range(10000):
            A = 2 * rnd.random((n, n)) - 1
            d = abs(np.linalg.det(A))
            if d > best_det:
                best_det = d
                best_matrix = A
        return best_det, best_matrix
    
  • (c)

    On peut parcourir toutes les matrices de Hn en utilisant itertools.product :

    from itertools import product
    import numpy as np
    
    def MaxiDetExact(n):
        best_det = 0
        best_matrix = None
        for t in product([-1, 1], repeat=n*n):
            A = np.array(t).reshape((n, n))
            d = abs(np.linalg.det(A))
            if d > best_det:
                best_det = d
                best_matrix = A
        return best_det, best_matrix
    
  • (d)

    La matrice B est symétrique réelle, donc orthogonalement diagonalisable. De plus, pour tout xn,

    xBx=xAAx=Ax20.

    La matrice B est symétrique positive donc ses valeurs propres sont positives..

    Notons λ1,,λn ses valeurs propres comptées avec multiplicité. Puisque B est diagonalisable,

    det(B)=i=1nλiettr(B)=i=1nλi.

    Par l’inégalité arithmético-géométrique,

    i=1nλi(1ni=1nλi)n

    d’où

    det(B)(tr(B)n)n.
  • (e)

    On a

    det(B)=det(AA)=det(A)2.

    Par ailleurs,

    tr(B)=tr(AA)=i,j=1bai,j2n2,

    car aij[1;1].

    Ainsi,

    det(A)2=det(B)(n2n)n=nn,

    donc

    |det(A)|nn/2.

    () Si 1nA est orthogonale, cette matrice est de déterminant ±1 et donc |det(A)|=nn/2.

    () Supposons |det(A)|=nn/2. On a

    (1nA)(1nA)=1nAA=1nB.

    Puisqu’il y a égalité dans l’inégalité géométrique précédemment employée, on a λ1==λn. Puisqu’il y a aussi égalité dans l’inégalité tr(B)n2, on obtient λ1==λn=n puis B=nIn. On peut alors conclure que 1nA est orthogonale. Au surplus, l’égalité tr(B)=n2 assure que les coefficients de A sont des ±1.

 
Exercice 22  3077      X (MP)Correction  

Soient m,n* et Mm,n().

Établir l’existence de UOm() et VOn() telles que la matrice D=UMV vérifie:

(i,j){1,,m}×{1,,n},ijdi,j=0.

Solution

Cas: MGLn().

Analyse: Supposons qu’il existe U,VOn() telles que UMV soit une matrice diagonale D. On remarque que

D2=DD=VMMV.

On veut donc que MM soit orthogonalement semblable à une matrice diagonale à coefficients positifs.

Synthèse: On sait que la matrice MM est symétrique réelle à valeurs propres strictement positives. Il existe donc VOn() telle que

VMMV=D2

avec D une matrice diagonale. Posons alors U=DVM-1. On remarque

UU=(M-1)VD2VM-1=In.

La matrice U est orthogonale et permet d’écrire D=UMV avec D diagonale.

Cas général: Mm,n()

Soit u l’application linéaire de n vers m canoniquement représentée par M.

Posons F=Ker(u) et G=Im(u). La matrice de u dans une base orthonormée adaptée à la décomposition FF=n au départ et dans une base orthonormée adaptée à la décomposition GG=m à l’arrivée est de la forme

M=(AOOO) avec AGLr(),r=rg(M).

L’étude qui précède permet de transformer A en une matrice diagonale D via produit par des matrices orthogonales U et V:

UAV=D.

En introduisant les matrices orthogonales

U=(UOOIm-r) et V=(VOOIn-r)

on obtient en opérant par blocs

D=UMV=(DOOO).

Enfin, par une formule de changement de bases orthonormées, il existe U′′,V′′ orthogonales telles que

M=U′′MV′′

et l’on peut alors conclure.

 
Exercice 23  4996    

Soit A une matrice symétrique réelle de taille n dont toutes les valeurs propres sont strictement positives.

  • (a)

    Montrer que φ:(X,Y)XAY définit un produit scalaire sur n.

  • (b)

    En déduire qu’il existe une matrice triangulaire supérieure T telle que A=TT.

 
Exercice 24  20    Correction  

(Décomposition de Cholesky)

Soit S𝒮n+(). Montrer qu’il existe TTn+() telle que S=TT.

Solution

On raisonne par récurrence sur n*.

Pour n=1, S=(a) avec a0 donc T=(a) convient.

Supposons la propriété établie au rang n-11.

On écrit

S=(aLLS)Sn+()etT=(αΛ0T)Tn+().

On observe

TT=(α2αΛαΛS′′) avec S′′=ΛΛ+TT.

Il s’agit de faire se correspondre S et TT.

Pour X=E1, la relation XSX0 oblige a0.

Cas: a=0. En exploitant XSX0 avec X=E1+λEj pour λ, on obtient L=0.

De plus, il est immédiat qu’alors S𝒮n-1+() et en prenant α=0, Λ=0 et TTn-1+() tel que S=TT on conclut.

Cas: a>0. On pose α=a et Λ=1αL. Il reste à déterminer T tel que S=ΛΛ+TT.

Posons Σ=S-ΛΛ et montrons Σ𝒮n-1+() ce qui permettra de conclure via l’hypothèse de récurrence.

Pour tout X=(x1X), XSX0 donne ax12+2x1LX+XSX0 et pour x1=-1aLX on obtient XSX-1a(LX)20 ce qui donne XΣX0. On peut alors conclure

La récurrence est établie.

 
Exercice 25  3169    Correction  

Soit An() une matrice symétrique positive dont tous les coefficients sont non nuls. On note B la matrice de n() dont les coefficients sont les inverses des coefficients respectifs de A.

Montrer

B𝒮n+()rg(A)=1.

Solution

Supposons B𝒮n+().

Pour tout 1i<jn, les sous-matrices

(ai,iai,jaj,iaj,j) et (1/ai,i1/ai,j1/aj,i1/aj,j)

sont symétriques et positives car sous-matrices de matrices symétriques positives. Ces matrices sont donc de déterminants positifs. Ainsi,

ai,iaj,j-ai,j20etai,j2-ai,iaj,jai,iaj,jai,j20.

On en déduit

ai,iaj,j-ai,j2=0.

Ainsi, toutes les matrices de taille 2 extraites de A sont non inversibles et donc rg(A)<2.

Puisque les coefficients de A sont tous non nuls, on peut aussi affirmer rg(A)1 et conclure

rg(A)=1.

Inversement, supposons rg(A)=1. Toutes les colonnes de A sont colinéaires entre elles ce qui perme d’écrire

A=(αiβj)1i,jn

La relation

Xn,1(),XAX0

donne alors

x1,,xn,i,j=1nαiβjxixj0

En posant xi=yi/αi2,

y1,,yn,i,j=1n1αiβjyiyj0

ce qui permet d’affirmer que la matrice symétrique B est positive.

[<] Endomorphismes autoadjoints positifs [>] Endomorphismes autoadjoints définis positifs



Édité le 06-05-2026

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