[<] Connexité par arcs [>] Parties denses

 
Exercice 1  1149  Correction  

Montrer que l’image d’un connexe par arcs par une application continue est connexe par arcs.

Solution

L’image d’un arc continu par une application continue est un arc continu. Ainsi, si X est connexe par arcs et f continue définie sur X alors pour tout f(x),f(y)f(X), l’image par f d’un arc continu reliant x et à y est un arc continue reliant f(x) à f(y) et donc f(X) est connexe par arcs.

 
Exercice 2  5444  Correction  

Soit p une application continue de [0;1] vers n(). On suppose que pour tout t[0;1], p(t) est un projecteur.

Montrer que le rang de p(t) ne dépend pas de t.

Solution

Puisque p(t) est un projecteur, on sait

rg(p(t))=tr(p(t)).

Or l’application linéaire trace est continue car au départ d’un espace de dimension finie. Celle-ci ne prend que des valeurs entières car c’est un rang, elle est constante.

 
Exercice 3  6097   Correction  

Soit f:𝕌 une fonctioncontinue et ω=e2iπ/n (avec n2).

Montrons qu’il existe au moins deux nombres complexes z𝕌 tels que f(ωz)=f(z).

Solution

Posons g:𝕌 définie par

g(z)=f(ωz)-f(z).

Il s’agit de montrer que g s’annule au moins deux fois dans 𝕌.

On remarque

k=0n-1g(ωk)=k=0n-1(f(ωk+1)-f(ωk))=f(ωn)-f(1)=0.

Si tous les termes de la somme sont nuls, on obtient immédiatement n2 points z tels que g(z)=0.

Sinon, il existe au moins un k pour lequel g(ωk)>0 et au moins un autre pour lequel g(ωk)<0. La fonction g étant continue sur l’ensemble U, qui est connexe par arcs, elle s’annule donc en un premier point z0U.

Considérons ensuite la fonction g restreinte à U{z0}. Celle-ci reste continue, définie sur un ensemble connexe par arcs, et y prend encore une valeur strictement positive et une valeur strictement négative. Elle s’y annule donc également. Ainsi, g possède au moins deux annulations dans U.

Finalement, l’égalité f(ωz)=f(z) a lieur pour au moins deux valeurs de z.

 
Exercice 4  1151  Correction  

Soit f: continue et injective.

  • (a)

    Justifier que l’ensemble X={(x,y)2|x<y} est convexe.

  • (b)

    Établir que f est strictement monotone.

Solution

  • (a)

    Soient a=(x,y)X et b=(x,y)X. On sait x<y et x<y.

    Pour tout λ[0;1],

    (1-λ).a+λ.b=((1-λ)x+λx,(1-λ)y+λy).

    Sachant 1-λ et λ positifs et non tous deux nuls,

    (1-λ)x+λx<(1-λ)y+λy

    et donc (1-λ).a+λ.bX. Ainsi, [a;b]X.

    La partie X est donc convexe.

  • (b)

    Considérons l’application V:X définie par

    V(x,y)=f(y)-f(x)pour tout (x,y)X.

    L’application V est continue par opérations sur les fonctions continues. L’ensemble X est convexe donc connexe par arcs. L’ensemble V(X) est donc une partie connexe par arcs de , c’est-à-dire un intervalle.

    Puisque f est injective, l’application V ne prend pas la valeur 0 et donc V(X) est un intervalle inclus dans +* ou -*.

    Si V(X)+*, on peut affirmer

    (x,y)2,x<y (x,y)X
    V(x,y)>0
    f(x)<f(y).

    La fonction f est alors strictement croissante.

    Dans le cas, V(X)-*, on obtient f strictement décroissante.

 
Exercice 5  1150   Correction  

Soit f:I une fonction dérivable. On suppose que f prend des valeurs strictement positives et des valeurs strictement négatives et l’on souhaite établir que f s’annule.

  • (a)

    Établir que A={(x,y)I2,x<y} est une partie connexe par arcs de I2.

  • (b)

    On note δ:A l’application définie par δ(x,y)=f(y)-f(x). Établir que 0δ(A).

  • (c)

    Conclure en exploitant le théorème de Rolle

Solution

  • (a)

    A est une partie convexe donc connexe par arcs.

  • (b)

    L’application δ est continue donc δ(A) est connexe par arcs c’est donc un intervalle de . Puisque f prend des valeurs strictement positives et strictement négative, la fonction f n’est pas monotone et par conséquent des valeurs positives et négatives appartiennent à l’intervalle δ(A). Par conséquent, 0δ(A).

  • (c)

    Puisque 0δ(A), il existe a<bI tels que f(a)=f(b). On applique le théorème de Rolle sur [a;b] avant de conclure.

 
Exercice 6  5443   Correction  

Montrer qu’il n’existe pas d’applications continues injectives de [0;1]2 dans .

Solution

Par l’absurde, supposons qu’une telle application f:[0;1]2 existe. L’ensemble f([0;1]2) est une partie connexe par arcs de car image continue d’un connexe par arcs, c’est donc un intervalle. Aussi, f([0;1]2) est une partie compacte car image continue d’un compact. Il existe donc a<b tels que

f([0;1]2)=[a;b].

Considérons alors c]a;b[ et (x,y)[0;1]2 tel que f(x,y)=c. D’une part, l’ensemble [0;1]2{(x,y)} est connexe par arcs. D’autre part, son image par f qui est [a;b]{c} ne l’est pas. C’est absurde.

 
Exercice 7  3737   

(Théorème de Darboux)

Soit f:I une fonction dérivable définie sur un intervalle I de .

  • (a)

    Montrer que U={(x,y)I2|x<y} est une partie connexe par arcs de 2.

On note τ:U l’application définie par

τ(x,y)=f(y)-f(x)y-x.
  • (b)

    Justifier τ(U)f(I)τ(U)¯.

  • (c)

    En déduire que f(I) est un intervalle11 1 En conséquence, bien qu’une fonction dérivée ne soit pas forcément une fonction continue, elle satisfait l’affirmation du théorème des valeurs intermédiaires. de .

 
Exercice 8  5455   Correction  

Soit A une partie à la fois ouverte et fermée d’un espace normé E.

  • (a)

    Donner deux exemples de parties A possibles.

  • (b)

    Montrer que la fonction indicatrice de A est continue sur E.

  • (c)

    En déduire que la partie A est vide ou égale à E.

Solution

  • (a)

    L’ensemble vide et la partie E sont à la fois ouverte et fermée.

  • (b)

    Étudions la continuité de 1A en aE.

    Cas: aA. Puisque la partie A est ouverte, il existe une boule ouverte centrée en a incluse dans A. La fonction 1A est constante égale à 1 sur cette boule et, en particulier, la fonction 1A est continue en a.

    Cas: aA. Puisque le complémentaire de A est aussi une partie ouverte, il existe une boule centrée en a incluse dans ce complémentaire. À nouveau, la fonction 1A est continue en a, cette fois-ci car constante égale à 0 au voisinage de a.

  • (c)

    L’image du connexe par arcs E par la fonction continue 1A est donc une partie connexe par arcs de , c’est donc un intervalle. Or la fonction indicatrice prend seulement ses valeurs dans {0,1}. On en déduit

    1A(E)={0}ou1A(E)={1}.

    La partie A est donc égale à ou à E.

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Édité le 09-01-2026

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