[>] Frontière

 
Exercice 1  5233  

Soient A et B deux parties d’un espace normé E telles que AB.

  • (a)

    Établir AB.

  • (b)

    Montrer que A¯B¯ de trois façons différentes.

 
Exercice 2  1121  Correction  

Soient A1,,An des parties d’un espace vectoriel normé E.

  • (a)

    Établir i=1nAi¯=i=1nAi¯.

  • (b)

    Comparer i=1nAi¯ et i=1nAi¯.

Solution

  • (a)

    i=1nAi¯ est un fermé qui contient i=1nAi donc i=1nAi¯i=1nAi¯.
    Pour tout j{1,,n}, Aji=1nAi¯ et i=1nAi¯ est fermé donc Aj¯i=1nAi¯ puis i=1nAi¯i=1nAi¯.

  • (b)

    i=1nAi¯ est un fermé qui contient i=1nAi donc i=1nAi¯i=1nAi¯.
    Il ne peut y avoir égalité: pour A1=, A2= on a A1A2¯= et A1¯A2¯=.

 
Exercice 3  1115  

Montrer que si F est un sous-espace vectoriel d’un espace normé E, son adhérence F¯ est aussi un sous-espace vectoriel de E.

 
Exercice 4  3279  Correction  

Soit A une partie d’un espace vectoriel normé E. Établir

Vect(A¯)Vect(A)¯.

Solution

Puisque AVect(A), on a A¯Vect(A)¯.
Puisque Vect(A) est un sous-espace vectoriel, on montrer aisément que Vect(A)¯ l’est aussi. Puisqu’il contient A¯, on obtient

Vect(A¯)Vect(A)¯.
 
Exercice 5  1119  Correction  

On suppose que A est une partie convexe d’un espace vectoriel normé E.

  • (a)

    Montrer que A¯ est convexe.

  • (b)

    La partie A est-elle convexe?

Solution

  • (a)

    Soient a,bA¯. Il existe (an)A et (bn)A telles que ana et bnb.
    Pour tout λ[0;1],

    λa+(1-λ)b=limn+(λan+(1-λ)bn)

    avec λan+(1-λ)bn[an;bn]A donc λa+(1-λ)bA¯.

  • (b)

    Soient a,bA. Il existe αa,αb>0 tel que B(a,αa),B(b,αb)A. Posons α=min(αa,αb)>0.
    Pour tout λ[0;1] et tout xB(λa+(1-λ)b,α) on a x=(λa+(1-λ)b)+αu avec uB(0,1).
    a=a+αuB(a,α)A et b=b+αuB(b,α)A donc [a;b]A puisque A est convexe donc λa+(1-λ)b=xA. Ainsi B(λa+(1-λ)b,α)A et donc λa+(1-λ)bA.

    Finalement, A est convexe.

 
Exercice 6  4672  

Soit A une partie de non vide et majorée. Montrer que sup(A)A¯.

 
Exercice 7  1122  Correction  

Soient f:EF continue bornée et AE, A non vide. Montrer

f,A=f,A¯.

Solution

Pour tout xA, xA¯ et donc |f(x)|f,A¯. Ainsi,

f,Af,A¯.

Soit xA¯, il existe (un)A tel que unx et alors f(un)f(x) par continuité de f. Or |f(un)|f,A donc à la limite |f(x)|f,A puis

f,A¯f,A.
 
Exercice 8  1113   

Soit F un sous-espace vectoriel d’un espace normé E.

On suppose que l’intérieur de F est non vide. Montrer qu’alors F=E.

 
Exercice 9  2943     X (MP)

Déterminer l’adhérence et l’intérieur de l’ensemble 𝒟n() des matrices diagonalisables de n().

 
Exercice 10  3470    Correction  

Dans 2(), on introduit

𝒰 ={M2()|λSp(M),|λ|=1} et
={M2()|n*,Mn=I2}.
  • (a)

    Comparer les ensembles et 𝒰.

  • (b)

    Montrer que 𝒰 est une partie fermée de 2().

  • (c)

    Montrer que 𝒰 est inclus dans l’adhérence de .

  • (d)

    Qu’en déduire?

Solution

  • (a)

    Une matrice de est annulée par un polynôme de la forme Xn-1 dont les racines sont de module 1. Puisque les valeurs propres figurent parmi les racines des polynômes annulateurs

    𝒰.
  • (b)

    Une matrice M2() admet deux valeurs propres comptées avec multiplicité λ,μ. Celles-ci sont déterminées comme les solutions du système

    {λ+μ=tr(M)λμ=det(M).

    Pour alléger les notations, posons p=(tr(M))/2 et q=det(M). Les valeurs propres λ et μ sont les deux racines du polynôme

    X2-pX+q

    et en posant δ tel que δ2=p2-q, ces racines sont

    λ=p+δ et μ=p-δ

    de sorte que

    |λ|2 =|p|2+|δ|2+2Re(p¯δ) et
    |μ|2 =|p|2+|δ|2-2Re(p¯δ).

    On en déduit que la fonction f qui à M2() associe le réel

    (|λ|2-1)2+(|μ|2-1)2=(|λ|2+|μ|2)2-2(|λ|2+|μ|2+|λμ|2-1)

    s’exprime par opérations à partir de tr(M) et det(M) sous la forme d’une fonction continue.
    Puisque 𝒰=f-1({0}) avec {0} fermé, 𝒰 est une partie fermée de 2().

  • (c)

    Soit M𝒰. La matrice M est trigonalisable et donc il existe PGL2() et T𝒯2+() telle que

    M=PTP-1 avec T=(λν0μ),|λ|=|μ|=1.

    On peut écrire λ=eiα et μ=eiβ avec α,β.
    Pour n*, posons

    αn=2πnα/2πn et βn=2πnβ/2π+1n

    et considérons la matrice

    Mn=PTnP-1 avec Tn=(eiαnν0eiβn).

    Par construction,

    eiαneiβn

    au moins pour n assez grand et ce même lorsque α=β.
    On en déduit que pour ces valeurs de n la matrice Tn est diagonalisable.
    De plus, puisque

    (eiαn)n=(eiβn)n=1

    on a alors Tnn=I2 et donc Mn.
    Enfin, on a évidemment MnM.

  • (d)

    𝒰 est un fermé contenant donc ¯𝒰 et par double inclusion ¯=𝒰.

 
Exercice 11  6085     MINES (MP)Correction  

Soient E l’espace des fonctions continues de [0;1] vers et F le sous-espace vectoriel des fonctions f de E telles que f(0)=f(1)=0.

Déterminer l’adhérence de F pour la norme de la convergence uniforme, puis pour la norme de la convergence en moyenne. Même question avec l’intérieur de F

Solution

Soit f la limite uniforme d’une suite de fonctions (fn) d’éléments de F. Puisque la convergence uniforme oblige la convergence simple, fF.

L’espace F est fermé pour la norme de la convergence uniforme: F¯=F.

Soit fE. Pour n, n2, considérons la fonction continue

φn:{[0;1]t{nt si t[0;1/n]1 si t[1/n;(n1)/n]n(1t) si t[(n1)/n;1].

La suite de fonctions (fφn) est formée d’éléments de F et converge en moyenne vers f car

01|f(t)||φn(t)1|dtf01|φn(t)1|dt=fnn+0.

L’espace F est dense dans E pour la norme de la convergence en moyenne: F¯=E

Pour la norme de la convergence uniforme ou pour la norme de la convergence en moyenne, l’intérieur de F est vide car, au voisinage de chaque élément de F, il existe des fonctions qui ne s’annulent pas en 0 (idem en 1).

 
Exercice 12  6083     MINES (MP)Correction  
  • (a)

    Déterminer l’intérieur et l’adhérence de l’ensemble 𝒩 des matrices nilpotentes de n().

  • (b)

    Déterminer les matrices M de n() telles que la matrice nulle soit adhérente à la classe de similitude de M.

Solution

  • (a)

    Par théorème, une matrice A de n() est nilpotente si, et seulement si, An=On. L’ensemble 𝒩 apparaît donc comme l’image réciproque de {On} par l’application continue MMn. L’ensemble 𝒩 est donc fermé: 𝒩¯=𝒩.

    Pour tout α>0, la matrice αIn+N n’est pas nilpotente car α en est une valeur propre non nulle. Au voisinage de N, il existe donc des matrices non nilpotentes. L’intérieur de 𝒩 est vide.

  • (b)

    Soit Mn() telle que la matrice nulle soit adhérente à la classe de similitude de M. Il existe une suite (Mn)n de matrices, toutes semblables à M, et de limite On. L’application MχM (avec χM le polynôme caractéristique de M) est continue donc

    χMnn+χOn=Xn

    Or le polynôme caractéristique est un invariant de similitude et donc (χMn) est une suite constante égale à χM. On en déduit χM=Xn et la matrice M est donc nilpotente.

    Soit Mn() nilpotente. La matrice M est semblable à une matrice triangulaire supérieure stricte T. Pour ε>0 considérons la matrice diagonale Pε=diag(1,ε,,εn1). Par le calcul, on observe

    1i<jn,[Pε1TPε]i,j=εji[T]i,jε0+0

    Les autres coefficients de Pε1TPε étant nuls, on obtient

    Pε1TPεε0+On

    La matrice nulle est adhérente à la classe de similitude de M.

    En conclusion, la matrice nulle est adhérente à la classe de similitude de Mn() si, et seulement si, M est nilpotente.

 
Exercice 13  6132     MINES (PSI)Correction  
  • (a)

    Soit P[X] unitaire de degré n.

    Montrer que P est scindé sur si, et seulement si, |P(z)||Im(z)|n pour tout z.

  • (b)

    Montrer que l’adhérence de l’ensemble des matrices diagonalisables dans n() est l’ensemble des matrices trigonalisables.

Solution

  • (a)

    () Le polynôme P possède exactement n racines réelles comptées avec multiplicité que l’on note λ1,,λn. Sachant de plus que le polynôme est unitaire, on écrit

    P=(Xλ1)(Xλn).

    Pour tout z, on a alors

    |P(z)|=k=1n|zλk||Im(z)|n

    car

    |zλk|=(Re(z)λk)2+(Im(z))2|Im(z)|.

    () Supposons |Im(z)|n|P(z)| pour tout z.

    On sait que le polynôme P est assurément scindé sur . Or, si z est une racine de P, on a |Im(z)|n|P(z)|=0 et donc z. Ainsi, les racines de P sont toutes réelles et le polynôme P est scindé sur .

  • (b)

    Soit (An)n une suite convergente de matrices diagonalisables de n(). Notons A sa limite. Les coefficients du polynôme caractéristique étant des polynômes en les coefficients de la matrice, on observe

    z,χAn(z)n+χA(z).

    Les matrices An étant diagonalisables, les polynômes caractéristiques χAn sont scindés sur et puisqu’il sont unitaires de degré n, on a

    z,n,|χAn(z)||Im(z)|n.

    À la limite quand n tend vers l’infini

    z,|χA(z)||Im(z)|n.

    On en déduit que le polynôme χA est scindé sur . La matrice A est donc trigonalisable.

    Ainsi, l’adhérence de l’ensemble des matrices diagonalisables est incluse dans l’ensemble des matrices trigonalisables.

    En reprenant le raisonnement avec (An) une suite convergente de matrices trigonalisables, on établit que l’ensemble des matrices trigonalisables est une partie fermée de n().

    On peut alors conclure que l’adhérence de l’ensemble des matrices diagonalisables est exactement l’ensemble des matrices trigonalisables.

 
Exercice 14  6128     CENTRALE (PC)Correction  

On pose

E={A2()|n*,An=I2}etF={A2()|λSp(A),|λ|=1}.
  • (a)

    Montrer que EF.

  • (b)

    Soit α. Justifier

    nαnn+α.

    En déduire que F est inclus dans l’adhérence de E.

  • (c)

    Montrer que F est fermé. Conclure.

Solution

  • (a)

    Pour AE, il existe n* tel que Xn-1 annule A. Les valeurs propres de A sont alors des racines de l’unité donc des complexes de module 1.

  • (b)

    Pour n*,

    α-1n<nαnα.

    Par encadrement,

    nαnn+α.

    Soit AF. Notons e2πiα et e2πiβ ses deux valeurs propres.

    Cas: e2πiαe2πiβ. La matrice A est diagonalisable et l’on peut écrire

    A=PDP-1avecD=(e2πiα00e2πiβ).

    Posons alors, pour n*,

    An=PDnP-1avecDn=(e2πinα/n00e2πinβ/n).

    On vérifie Dnn=I2 et donc Ann=I2. Ainsi, (An)n1 est une suite d’éléments de E. Par opérations sur les limites, (An)n1 tend vers A.

    Cas: e2πiα=e2πiβ. La matrice A est seulement trigonalisable. On écrit

    A=PTP-1avecT=(e2πiαγ0e2πiα).

    Posons alors pour n*

    An=PDnP-1avecDn=(e2πinα/nγ0e2πi(nα/n+1/n)).

    La matrice Dn est diagonalisable car ses deux valeurs propres sont distinctes. Par cette diagonalisation, on vérifie alors Dnn=I2 et l’on conclut comme dans le cas précédent.

  • (c)

    Soit (An)n une suite convergente d’éléments de F. Notons A sa limite.

    Pour tout n, |det(An)|=1 par produit des valeurs propres comptées avec multiplicité. À la limite, on obtient |det(A)|=1. Cela assure que le module du produit des deux valeurs propres de A vaut 1.

    Pour tout n, An admet au moins une valeur propre λn et celle-ci est de module 1. La suite bornée (λn) possède donc une suite convergente (λφ(n)) de limite λ avec λ de module 1.

    Pour tout n, χAφ(n)(λφ(n))=0. Par continuité du polynôme caractéristique, on obtient χA(λ)=0. La matrice A possède au moins une valeur propre de module 1. Le produit des deux valeurs propres de A étant de module 1, les deux valeurs propres de A sont de module 1.

    Finalement, AF.

    En vertu de la caractérisation séquentielle des parties fermées, F est fermée.

    L’ensemble de ce qui précède permet alors d’affirmer que l’adhérence de E vaut F.

 [>] Frontière



Édité le 27-03-2026

Bootstrap Bootstrap 3 - LaTeXML [LOGO] - Powered by MathJax Powered by MathJax