[<] Calcul d'espérance par les fonctions génératrices [>] Convergences

 
Exercice 1  2620  Correction  

Soit (Xn)n une suite de variables aléatoires suivant chacune une loi de Bernoulli de paramètre pn[0;1]. On suppose qu’il existe deux réels a,b]0;1[ tels que

P(Xn+1=1Xn=1)=aetP(Xn+1=1Xn=0)=b.

Déterminer la limite de (pn).

Solution

Par la formule des probabilités totales,

pn+1 =P(Xn+1=1)
=P(Xn+1=1Xn=1)P(Xn=1)+P(Xn+1=1Xn=0)P(Xn=0)
=apn+b(1-pn).

Si la suite (pn) admet une limite finie , celle-ci doit vérifier

=a+b(1-)

et donc

=b1+b-a.

Considérons cette valeur. On remarque

pn+1-=(a-b)(pn-)

et donc, par récurrence,

n,|pn-||a-b|n|p0-|.

Puisque |a-b|<1, on obtient que (pn) tend vers .

 
Exercice 2  5996   Correction  

Un individu se déplace sur l’axe . À l’instant k=0, il se positionne en 0 et à chaque instant k, il progresse d’une ou deux unités selon le résultat du lancer d’une pièce non équilibrée: s’il obtient pile (avec probabilité p[0;1]), il se déplace d’une unité et, s’il obtient face, il se déplace de deux unités.

On note pn la probabilité que l’individu passe par l’abscisse n lors de son périple.

  • (a)

    Calculer p0, p1 et p2.

  • (b)

    Établir

    n,pn+2=ppn+1+(1-p)pn

    puis exprimer pn en fonction de n.

Solution

Pour k* et n, introduisons les événements

Ak=« L’individu obtient pile lors du k-ème lancer »

et

Bn=« L’individu passe par l’abscisse n lors de son parcours ».
  • (a)

    Par lecture de l’expérience, on a immédiatement B0=Ω et donc p0=1. Aussi, B1=A1 et donc p1=P(A1)=p.

    Il y a deux scénarios qui conduisent l’individu à passer par l’abscisse 2: B2=(A1A2)A1¯. Par incompatibilité puis indépendance,

    p2=P(A1A2)+P(A2¯)=P(A1)P(A2)+P(A2¯)=p2+(1-p).
  • (b)

    La famille (A1,A1¯) est un système complet d’événements. Par la formule des probabilités totales,

    P(Bn+2)=P(A1)P(Bn+2A1)+P(A1¯)P(Bn+2A1¯).

    Or P(Bn+2A1)=pn+1 et P(Bn+2A1¯)=pn donc

    pn+2=P(Bn)=ppn+1+(1-p)pn.

    La suite (pn)n est une suite récurrente linéaire d’ordre 2 d’équation caractéristique r2-pr-(1-p)=0. Cette équation admet deux racines distinctes 1 et p-1. Le terme général de (pn)n s’exprime

    n,pn=λ1n+μ(p-1)n avec (λ,μ)2.

    Les valeurs p0 et p1 déterminent λ et μ:

    {λ+μ=1λ+(p-1)μ=p{λ=12-pμ=1-p2-p.

    On obtient donc

    n,pn=1-(p-1)n+12-p.
 
Exercice 3  5468     MINES (PSI)Correction  

Soit (Xn)n1 une suite de variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées selon la loi d’une variable X telle que

P(X=1)=P(X=-1)=12.

Pour tout n*, on pose Sn=X1++Xn et S0=0.

  • (a)

    Déterminer P(Sn=0).

Pour k, on introduit l’événement

Ek=n(Snk)etqk=P(Ek).
  • (b)

    Pour k*. Déterminer la probabilité conditionnelle P(EkX1=1).

  • (c)

    Justifier

    qk=12(qk-1+qk+1)pour tout k*.
  • (d)

    En déduire que qk=1 pour tout k.

  • (e)

    Soit k. Que vaut

    P(n(Snk))?
  • (f)

    Soit k. Montrer que, presque sûrement, la suite (Sn) prend une infinité de fois la valeur k.

Solution

  • (a)

    La variable Y=(X+1)/2 suit une loi de Bernoulli de paramètre p=1/2, la variable Tn=(Sn+n)/2 suit alors une loi binomiale de paramètres n et p=1/2. On obtient alors

    P(Sn=0)=P(Tn=n/2)={(nn/2)12n si n est pair0 sinon.
  • (b)

    Pour k*,

    (EkX1=1) =n((Snk)(X1=1))
    =n*((X2++Xnk-1)(X1=1))
    =(n*(X2++Xnk-1))(X1=1).

    Par indépendance,

    P(EkX1=1)=P(EkX1=1)P(X1=1)=P(n*(X2++Xnk-1)).

    Par symétrie de l’expérience,

    P(EkX1=1)=P(n*(X1++Xn-1k-1))=qk-1.
  • (c)

    De la même façon,

    P(EkX1=1)=P(n*(X1++Xn-1k+1))=qk+1.

    En considérant le système complet d’événements constitué de (X1=1) et (X1=-1), la formule des probabilités totales donne

    P(n(Snk))=12(qk-1+qk).
  • (d)

    La suite (qk)k est une suite récurrente linéaire d’ordre 2 d’équation caractéristique r2-2r+1=0 de racine double 1. Le terme général de la suite (qk)k est donc de la forme

    qk=λk+μ avec (λ,μ)2.

    La suite (qk)k est une suite de probabilités, elle est donc bornée et l’on en déduit λ=0. De plus, on a évidemment q0=1 et donc qk=1 pour tout k.

  • (e)

    Pour k0, on a immédiatement

    P(n(Snk))=1.

    Pour k<0, on observe que Sn et -Sn suivent la même loi pour employer le résultat qui précède

    P(n(Snk))=P(n(-Sn-k))=1.
  • (f)

    Pour k, on introduit

    rk=P(NnN(Sn=k))

    qui mesure la probabilité que la suite (Sn) prend une infinité de fois la valeur k. Comme au-dessus, on établit rk=12(rk-1+rk+1) ce qui montre que la suite (rk)k est constante. Il reste à déterminer r0 ce que l’on résout en étudiant l’événement contraire

    NnN(Sn0).

    Pour N, on remarque

    nN(Sn0)(nN(Sn>0))(nN(Sn<0))

    et

    nN(Sn>0)n0(Sn-N)

    avec

    P(n0(Sn-N))=1-P(n0(Sn=-N))=0.

    Ainsi,

    P(nN(Sn>0))=0

    et de même

    P(nN(Sn<0))=0.

    Par réunion dénombrable d’événements négligeables et passage à l’événement contraire, on conclut que la suite (rk)k est constante égale à 1.

 
Exercice 4  5097   

(Marche aléatoire sur 2 )

Soit (Zn)n1 une suite de variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées selon une loi uniforme sur {(1,0),(1,0),(0,1),(0,1)}.

Pour n*, on pose11 1 La suite (Sn) s’interprète comme une marche aléatoire sur la grille 2 amorcée en (0,0) et qui, à chaque étape, passe aléatoirement d’une case à une case voisine. Sn=Z1++Zn ainsi que S0=(0,0).

On note Xn et Yn les variables aléatoires déterminées par Zn=(Xn,Yn) et l’on introduit

Un=Xn+YnetVn=XnYn.
  • (a)

    Les variables Xn et Yn sont-elles indépendantes?

  • (b)

    Les variables Un et Vn sont-elles indépendantes?

  • (c)

    Plus généralement, établir que les variables U1,,Un,V1,,Vn sont indépendantes.

  • (d)

    Calculer P(Sn=(0,0)).

On note Nn le nombre de k1;n pour lesquels Sk=(0,0).

  • (e)

    Montrer que E(Nn) tend22 2 Autrement dit, la marche aléatoire passe en moyenne une infinité de fois par (0,0). On peut aussi montrer, et cela est plus fort, qu’il est presque sûr que la marche passe une infinité de fois par (0,0). vers + lorsque n tend vers +.

 
Exercice 5  4169      CENTRALE (MP)Correction  

Un pion se déplace sur des cases numérotées par les entiers naturels. Initialement, il se trouve sur la case 0 et à chaque instant, il se déplace d’un nombre strictement positif de cases. On note Yi la variable aléatoire donnant le nombre de cases parcourues lors de la i-ème étape. On suppose que les Yi sont indépendantes et suivent la même loi. On pose

Sn=i=1nYi

qui donne la position du pion à l’instant n,

fi=P(Y1=i)etf(t)=i=1+fiti.

Enfin, on introduit k*.

  • (a)

    On suppose que Y11 suit la loi de Bernoulli de paramètre p]0;1[.

    Écrire en Python une fonction qui prend un paramètre entier k et qui renvoie 1 si le pion atteint la case k et 0 sinon.

    Écrire une fonction qui, sur une trentaine d’essais, renvoie la proportion de fois où le pion atteint la case k. Comparer à 1/E(Y1).

On note Ek l’événement: \ogle pion atteint la case k \fg et uk=P(Ek).

  • (b)

    Décrire l’événement Ek à l’aide des variable aléatoires Sn.

  • (c)

    Calculer P(Ek{Y1=j}) pour 1jk.

  • (d)

    En déduire

    k*,uk=j=1kukjfj.
  • (e)

    Justifier la définition de

    u(t)=k=0+uktkpour t[0;1]

    et montrer que u(t)=11f(t).

  • (f)

    Calculer u dans le cas où Y11 suit une loi de Bernoulli de paramètre p]0;1[ et en déduire les uk.

  • (g)

    On suppose que Y1 prend un nombre fini de valeurs et que les entiers k tels que P(Y1=k)0 sont premiers entre eux dans leur ensemble. Montrer que (uk) tend vers 1/E(Y1).

Solution

  • (a)
    import random as rnd
    
    def atteint(k,p):
        Y = 0
        while Y < k:
            x = rnd.random()
            if x < p:
                Y = Y + 2
            else:
                Y = Y + 1
        if Y == k:
            return 1
        else:
            return 0
    
    def repete(k,p,N):
        x = 0
        for i in range(N):
            x = x + atteint(k,p)
        return x/N,1/(1+p)
    
  • (b)
    Ek=n(Sn=k).
  • (c)

    Si j=k,

    P(Ek(Y1=j))=P(Y1=k).

    Si j<k, par incompatibilité des événements (Sn=k) (car les Yi prennent des valeurs strictement positives)

    P(Ek(Y1=j)) =n=1+P(Sn=k,Y1=j)
    =n=1+P(Sn=kY1=j)P(Y1=j)
    =n=2+P(Sn=kY1=j)P(Y1=j)
    =n=2+PSn1=kjP(Y1=j)
    =P(Ekj)P(Y1=j).
  • (d)

    La famille des (Y1=j) avec j* est un système complet d’événements et donc

    P(Ek) =j=1+P(Ek(Y1=j))
    =j=1kP(Ek(Y1=j))+0
    =j=1kP(Ekj)P(Y1=j)+P(Y1=k)=j=1kukjfj

    en posant u0=1.

  • (e)

    La suite uk est une suite de probabilité: elle est bornée et la série entière uktk est de rayon de convergence au moins égale à 1.

    Par produit de Cauchy de série absolument convergentes

    f(t)u(t)=i=1+fitik=0+uktk=n=1+i+k=nfiuktn=n=1+untn=u(t)1.

    On en déduit la relation proposée.

  • (f)

    Si Y1 suit une loi de Bernoulli

    f(t)=(1p)t+pt2etu(t)=11(1p)tpt2=1(1t)(1+pt).

    Par décomposition en éléments simples

    u(t)=11+p11t+p1+p11+pt

    et donc

    uk=1+(1)kpk+1(1+p).
  • (g)

    La fonction f est un polynôme qui prend la valeur 1 en 1:

    f(t)=i=1nfiti.

    Vérifions que f(t)1 ne possède pas d’autres racines que 1 de module inférieur à 1.

    Supposons |t|1. Si f(t)=1, on a par inégalité triangulaire

    1=|i=1nfiti|i=1nfi|t|ii=1nfi=1.

    On en déduit fi|t|i=fi pour tout i compris entre 1 et n. Les indices i tels que les fi sont non nuls étant premiers dans leur ensemble, il vient11 1 Si i1,,ip sont les indices pour lesquels fi0, il suffit d’écrire |t|=|t|i1u1++ipup avec u1,,up entiers tels que i1u1++ipup=1. |t|=1. De plus, par égalité dans l’inégalité triangulaire complexe, les fiti ont le même argument lorsqu’ils sont non nuls. Aussi, leur somme est égale à 1 et l’on en tire que les ti sont tous égaux à 1. Par le même argument qu’au-dessus, il vient t=1.

    1 est racine simple de la fraction u et ses autres racines complexes sont de modules strictement supérieurs à 1. La décomposition en éléments simples de u donne l’écriture

    u(t)=a1t+v(t)

    avec a=f(1)=E(Y1) et v(t) dont la décomposition en série entière est de rayon de convergence >1 et dont les coefficients sont donc de limite nulle. On en déduit que uk tend vers E(Y1) quand k tend vers l’infini.

 
Exercice 6  5688   Correction  

Une matrice M=(mi,j)1i,jnn() est dite strictement stochastique si tous les mi,j sont strictement positifs et

i1;n,mi,1++mi,n=1.
  • (a)

    Écrire une fonction stocha(n) qui renvoie une matrice strictement stochastique aléatoire de taille n.

On fixe B = stoch(3).

  • (b)

    Trouver des colonnes x et y de coordonnées strictement positifs telles que Bx=x et By=y.

  • (c)

    On pose L=xyxy. Observer que (Bk) converge vers L.

Une particule se déplace aléatoire sur d points numérotés de 1 à d. À l’instant n, la particule reste à la place qu’elle occupe avec une probabilité p]0;1[ ou se déplace sur les autres points avec une probabilité uniforme. On note Xn la variable aléatoire qui donne la position de la particule à l’instant n et

Pn=(P(Xn=1)P(Xn=d)).
  • (d)

    Montrer qu’il existe une matrice strictement stochastique Q telle que P1=QP0 et expliciter celle-ci.

  • (e)

    En déduire une expression de Pn en fonction de n, Q et P0.

  • (f)

    Sans calculs, justifier que Q est diagonalisable. Expliciter ses valeurs propres et ses sous-espaces propres.

  • (g)

    Déterminer la limite de (Pn).

Solution

  • (a)

    On forme un tableau aléatoire de valeurs strictement positives puis on divise les coefficients par la somme de la ligne qui les contient:

    import numpy as np
    import numpy.random as rd
    import numpy.linalg as alg
    
    def stocha(n):
        M = rd.random((n, n))
        for i in range(n):
            S = sum(M[i, :])
            M[i, :] = M[i, :] / S
        return M
    
  • (b)

    On peut récupérer les valeurs de x et y à la main ou bien de façon plus programmée comme ci-dessous.

    B = stocha(3)
    vp, P = alg.eig(B)
    x = P[:,np.where(np.isclose(vp,1.))[0]]
    C = B.T
    vp, P = alg.eig(C)
    y = P[:,np.where(np.isclose(vp,1.))[0]]
    
  • (c)

    On vérifie l’affirmation avec une valeur de k suffisante.

    L = np.dot(x, y.T) / np.dot(x.T, y)
    print(L - alg.matrix_power(B,100))
    

    On pourrait aussi calculer la norme euclidienne de la matrice différence puis tracer son évolution lorsque k varie.

    import matplotlib.pyplot as plt
    
    plt.plot([alg.norm(L - alg.matrix_power(B,k)) for k in range(100)])
    plt.show()
    
  • (d)

    En vertu de l’expérience

    Q=(pqqqpqqqp)

    avec q déterminé par p+(n-1)q=1.

  • (e)

    On remarque Pn+1=QPn et par récurrence Pn=QnP0.

  • (f)

    La matrice Q est symétrique réelle donc diagonalisable.

    Après calculs, son polynôme caractéristique est

    χQ=(X-1)(X-(p-q))n-1.

    Les sous-espaces propres de Q sont

    E1(Q)=Vect((1,,1))etEp-q(Q)=(E1(Q))={(x1,,xq)|x1++xd=0}.
  • (g)

    Par orthodiagonalisation et sachant |p-q|<1, on montre

    Qnn+PDP avec P=(1/d**1/d**1/d**)etD=(100000000).

    Donc

    Qnn+(1/d1/d1/d1/d).

    Puisque la somme des coefficients de P0 vaut 1,

    Pnn+(1/d1/d).
 
Exercice 7  6153     CENTRALE (MP)Correction  

Soient (Ω,𝒜,P) un espace probabilisé et (Yn) une suite de variables aléatoires indépendantes suivant la loi de Rademacher. On pose S0=0 et, pour tout n*,

Sn=k=1nYk.

La variable Sn modélise le gain d’un joueur au pile ou face, gagnant 1 point lorsqu’il fait pile, en perdant 1 sinon.

On s’intéresse à la durée pendant laquelle le gain est positif. On pose:

Kn=Card{k1;n|Sk10 et Sk0}.
  • (a)

    Coder une fonction K(n) renvoyant la valeur Kn.

On remarque qu’elle ne prend que des valeurs paires, ce que l’on admet pour la suite.

  • (b)

    Coder une fonction occurrences(N, n) qui simule N fois le jeu pour 2n lancers et renvoie une liste LL[k] est la proportion de simulations pour lesquelles K2n=2k. La tester pour N=2 000 et n=200.

  • (c)

    Tracer sur un même graphique n*L[k] en fonction de k/n et la courbe représentative de la fonction

    f:x1πx(1x)

    sur ]0;1[.

On admet

P(K2n=2k)=122n(2kk)(2n2knk).

Soient 0<a<b<1.

  • (d)

    Montrer

    n*,P(a<K2n2nb)=k=na+1nb122n(2kk)(2n2knk).
  • (e)

    Prouver que

    P(a<K2n2nb)n+1πnk=na+1nb1kn(1kn).
  • (f)

    Montrer que

    limn+P(a<K2n2nb)=abf(t)dt.

Solution

  • (a)

    Il s’agit de programmer un décompte lors d’une simulation. On introduit une variable booléenne pos mémorisant si la somme précédente est positive.

    import numpy.random as rd
    
    def K(n):
        S = 0
        pos = S >= 0
        res = 0
        for k in range(n):
            S += 2*rd.randint(0, 2) - 1
            if pos and S >= 0:
                res += 1
            pos = S >= 0
        return res
    
  • (b)

    Il s’agit de calculer un histogramme.

    def occurrences(N, n):
        L = [0 for k in range(n + 1)]
        for _ in range(N):
            L[K(2*n)//2] += 1/N
        return L
    
  • (c)

    Ce qui suit produit la figure voulue.

    import numpy as np
    import matplotlib.pyplot as plt
    
    N = 2000
    n = 200
    L = occurrences(N, n)
    
    plt.plot([k/n for k in range(n+1)], [n*L[k] for k in range(n+1)])
    x = np.linspace(0, 1, 100)[1:-1]
    y = 1/np.pi / np.sqrt(x*(1-x))
    plt.plot(x, y)
    plt.show()
    
  • (d)

    Soit n*. On a

    P(a<K2n2nb)=P(2na<K2n2nb).

    Puisque la variable K2n ne prend que des valeurs paires,

    P(2na<K2n2nb)=x]na;nb]P(K2n=x)=na<knbP(K2n=2k)

    et donc

    P(a<K2n2nb)=k=na+1nb122n(2kk)(2n2knk).
  • (e)

    Par la formule de Stirling,

    (2nn)=(2n)!(n!)2n+22nπn.

    On peut donc écrire

    (2nn)=22nπn(1+εn)avecεnn+0.

    On a alors

    122n(2kk)(2n2knk)=1π(1+εk)(1+εnk)k(nk)=1πn(1+εk)(1+εnk)kn(1kn)

    et donc

    P(a<K2n2nb)1πnk=na+1nb1kn(1kn)=1πnk=na+1nbεk+εnk+εkεnkkn(1kn).

    Soit ε>0. Il existe k0 tel que |εk|ε pour tout kk0.

    Pour n assez grand, na+1k0 et nnbk0 de sorte que

    kna+1;nb,|εk+εnk+εkεnk|2ε+ε2.

    Alors,

    |P(a<K2n2nb)1πnk=na+1nb1kn(1kn)|1πnk=na+1nb2ε+ε2kn(1kn).

    On en déduit

    P(a<K2n2nb)n+1πnk=na+1nb1kn(1kn).
  • (f)

    On observe

    1πnk=na+1nb1kn(1kn)=k=na+1nb1nf(kn).

    Par continuité d’une primitive, on remarque

    (na+1)/nnb/nf(t)dtn+abf(t)dt.

    La fonction f est de classe 𝒞1 sur [a;b]. Sa dérivée est donc bornée et f est lipschitzienne sur [a;b]. On introduit M+ vérifiant

    (x,y)[a;b]2,|f(y)f(x)|M|yx|.

    Alors, pour n assez grand de sorte que na+1nb1,

    |k=na+1nb11nf(kn)(na+1)/nnb/nf(t)dt| =|k=na+1nb1k/n(k+1)/nf(kn)f(t)dt|
    k=na+1nb1k/n(k+1)/n|f(kn)f(t)|dt
    k=na+1nb1k/n(k+1)/nM|knt|dt.

    Puisque

    kna+1;nb1,[k/n;(k+1)/n][a;b]

    on obtient par lipschitzianité,

    |k=na+1nb11nf(kn)(na+1)/nnb/nf(t)dt| k=na+1nb1k/n(k+1)/nM|knt|dt
    k=na+1nb1M2n2=(nbna1)M2n2.

    On peut alors conclure

    k=na+1nb11nf(kn)n+abf(t)dt

    puis, par ajout d’un terme de limite nulle,

    1πnk=na+1nb1kn(1kn)n+abf(t)dt

    et, enfin,

    limn+P(a<K2n2nb)=abf(t)dt.
 
Exercice 8  6158      CENTRALE (MP)Correction  

Un pion se déplace sur des cases numérotées par les entiers naturels. Initialement il se trouve en case 0 et, à chaque instant, il se déplace d’un nombre strictement positif de cases. On note Yi la variable aléatoire donnant le nombre de cases parcourues lors de la i-ème étape. On suppose que les variables Yi sont indépendantes et suivent toutes la loi d’une variable Y à valeurs dans *.

On pose

S0=0etSn=i=1nYipourn*.

La variable Sn donne la position du pion à l’instant n.

On pose fi=P(Y=i) pour i* et f(t)=i=1+fiti pour t[1;1].

  • (a)

    On suppose que Y1 suit une loi de Bernoulli de paramètre p]0;1[.

    Écrire une fonction Python d’argument k et qui renvoie 1 si le pion atteint la case k et 0 sinon.

    Écrire une fonction qui, sur une trentaine d’essais, renvoie la proportion de fois où le pion atteint la case k. Comparer à la valeur 1/E(Y) pour k \oggrand\fg.

Pour k, on introduit l’événement

Ek=« Le pion atteint la case k »

et on pose uk=P(Ek).

  • (b)

    Exprimer l’événement Ek à l’aide des variables aléatoires Sn.

  • (c)

    Calculer P(Ek(Y1=j)) pour 1jk.

    En déduire, pour tout k*, uk=j=1kukjfj.

  • (d)

    Montrer que pour tout t]1;1[

    k=0+uktk=11f(t).
  • (e)

    Calculer f dans le cas où Y1 suit une loi de Bernoulli de paramètre p]0;1[ et en déduire les uk.

  • (f)

    On suppose que Y prend un nombre fini de valeurs et que les entiers k tels que P(Y=k)0 sont premiers entre eux dans leur ensemble. Montrer que (uk) tend vers 1/E(Y).

Solution

  • (a)
    import numpy.random as rd
    
    p = 0.25
    
    def atteint(k):
        S = 0
        while S < k:
            Y = 1 + rd.binomial(1, p)
            S = S + Y
        return S == k
    
    def proportion(k):
        c = 0
        N = 30
        for _ in range(N):
            c += int(atteint(k))
        return c / N
    
    print(f"{proportion(100_000)} et {1/(1 + p)}")
    

    Une trentaine d’essais est insuffisante, un millier serait préférable, mais il faut alors considérer k plus petit.

  • (b)

    L’événement Ek traduit l’existence d’un n* tel que Sn=k. On a donc

    Ek=n*(Sn=k).
  • (c)

    Soit 1jk.

    Ek(Y1=j)=n[(Sn=k)(Y1=j)]=n*[(Sn=k)(Y1=j)].

    Les événements (Sn=k) sont incompatibles puisque le pion avance à chaque étape. Par σ-additivité,

    P(Ek(Y1=j))=n*P(Sn=kY1=j).

    Pour n*,

    P((Sn=k)(Y1=j))=P(Y2++Yn=kjY1=j).

    Par indépendance,

    P((Sn=k)(Y1=j))=P(Y2++Yn=kj)P(Y1=j).

    Par translation de l’expérience, les variables Yi suivant la même loi,

    P(Y2++Yn=kj)=P(Y1++Yn1=kj)=P(Sn1=kj).

    Ainsi,

    P(Ek(Y1=j)) =n*P(Sn1=kj)P(Y1=j)
    =nP(Sn=kj)P(Y1=j)
    =P(Ekj)P(Y1=j)=ukjfj.

    Pour k*, on remarque que Ek est inclus dans la réunion des événements incompatibles (Y1=j) avec j=1,,k. On en déduit

    P(Ek)=j=1kP(Ek(Y1=j))

    et donc

    uk=j=1kukjfj.
  • (d)

    Soit t]1;1[. La suite (uk) étant bornée, la série uktk converge absolument. Il en est de même de k1fktk. Par produit de Cauchy de séries absolument convergentes,

    (k=0+uktk)(k=1+fktk)=k=1+j=1kukjfjtk=k=1+uktk=k=0+uktku0.

    Puisque u0=1, on en déduit

    k=0+uktk=11f(t).
  • (e)

    Si Y1 suit une loi de Bernoulli de paramètre p, alors

    f(t)=(1p)t+pt2

    donc

    k=0+uktk=11(1p)tpt2=1(1t)(1pt).

    Par développement en séries entières,

    k=0+uktk=(k=0+tk)(k=0+pktk)=k=0+(1+p++pk)tk.

    Par unicité des coefficients d’un développement en série entière,

    uk=1+p++pk=1pk+11p.
  • (f)

    Commençons par montrer que si la suite (uk) converge, sa limite vaut 1/E(Y) puis montrons ensuite que la suite (uk) est effectivement convergente.

    Supposons que (uk) admette une limite . Montrons

    (1t)k=0+uktkt1.

    Pour tout ε>0, il existe K tel que |uk|ε et alors, pour t[0;1[,

    |k=0+uktkk=0+tk| k=0K1|uk|tk+k=K+εtk
    k=0K1|uk|tk+k=0+εtk.

    On multiplie par 1t,

    |(1t)k=0+uktk|(1t)k=0K1|uk|tk+ε.

    Or

    (1t)k=0K1|uk|tkt10.

    Il existe donc α>0 tel que

    t[1α;1[,|(1t)k=0K1|uk|tk|ε

    et alors

    t[1α;1[,|(1t)k=0+uktk|2ε.

    On peut donc affirmer

    (1t)k=0+uktkt1.

    Or, la question précédente donne

    (1t)k=0+uktk=1t1f(t)

    et

    1f(t)1t=f(1)f(t)1tt1f(1)=E(Y)0.

    Par unicité de la limite,

    =1E(Y).

    Il reste à justifier la convergence de la suite (uk).

    Rappelons, pour t]1;1[,

    k=0+uktk=11f(t)

    avec f(t) qui, par hypothèse, est une fonction polynomiale, nulle en 0, à coefficients positifs, de somme 1 et dont les coefficients non nuls sont d’indices premiers dans leur ensemble.

    On écrit

    f(t)=p1t+p2t2++pntn

    avec p1,,pn0, pn0, p1++pn=1.

    Étudions les zéros de g(t)=1f(t) afin de réaliser la décomposition en éléments simples de la fraction 11f(t).

    On a déjà f(1)=1: 1 est racine de g.

    Soit z. Étudions si z peut être racine de g, c’est-à-dire si

    j=1npjzj=j=1npj.

    Cas: |z|<1.

    On a

    |j=1npjzj|j=1npj|z|j<j=1npj=1

    z n’est donc pas racine de g.

    Cas: |z|=1.

    |j=1npjzj|j=1npj|z|j=j=1npj=1.

    Si z est racine de g, alors il y a égalité dans l’inégalité triangulaire. Il existe donc θ tel que

    j=1,,n,pjzj=pjeiθ.

    De plus, g(z)=0 donne eiθ=1 et donc

    j=1,,n,pjzj=pj

    puis

    j=1,,n,pj0zj=1.

    Les indices j1,,jm pour lesquels pjk0 sont premiers dans leur ensemble. Il existe donc v1,,vm tels que

    j1v1++jmvm=1

    et donc

    z=zj1v1++jmvm=(zj1)v1××(zjm)vm=1.

    Résumons, les racines de g sont de modules supérieurs à 1 et seule 1 est racine de module 1. Ajoutons que 1 est racine simple car g(1)>0.

    Notons z1,,zp les racines de g autres que 1 et α1,,αp leurs multiplicités respectives. Par décomposition en éléments simples, on écrit

    11f(t)=a1t+j=1p=1αjaj,(zjt)aveca,aj,.

    Par développement en série entière,

    11f(t)=k=0+(a+=1αjO(k)zjk++1)tk.

    Par unicité des coefficients d’un développement en série entière,

    k,uk=a+=1αjO(k)zjk++1

    et donc

    ukk+a.

    Ce qui permet de conclure.

[<] Calcul d'espérance par les fonctions génératrices [>] Convergences



Édité le 06-05-2026

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