[<] Algorithme de Gram-Schmidt [>] Projections et symétries orthogonales

 
Exercice 1  5139   

Pour A,Bn(), on pose A,B=tr(AB).

  • (a)

    Montrer que , définit un produit scalaire sur n().

  • (b)

    Montrer que la famille constituée des matrices élémentaires de n() est une base orthonormale pour le produit scalaire précédent.

  • (c)

    Montrer que la norme euclidienne associée à ce produit scalaire vérifie:

    ABABpour tous A et B de n().
 
Exercice 2  1580   

Pour P et Q dans [X], on pose

φ(P,Q)=12π-ππP(eiθ)Q(e-iθ)dθ.
  • (a)

    Montrer que φ définit un produit scalaire sur l’espace [X].

  • (b)

    Montrer que (Xn)n est une base orthonormale pour ce produit scalaire.

 
Exercice 3  521     ENSIIE (MP)

Soient E un espace euclidien de produit scalaire () et (e1,,en) une famille de vecteurs unitaires de E vérifiant

k=1n(ekx)2=x2pour tout xE.

Montrer que (e1,,en) est une base orthonormée de E.

 
Exercice 4  4495  

On munit 3 de son produit scalaire canonique ,. Déterminer une base orthonormale de 3 dont les deux premiers vecteurs appartiennent au plan

P={(x,y,z)3|x-z=0}.
 
Exercice 5  5178  

On munit E=2() du produit scalaire11 1 On vérifie aisément que , est un produit scalaire sur 2(), celui-ci est d’ailleurs analogue au produit scalaire canonique sur 4. donné par

A,B=aa+bb+cc+ddpour tous A=(abcd) et B=(abcd) de E.

Soit F le sous-ensemble de E constitué des matrices de la forme

(abba+b) avec (a,b)2.
  • (a)

    Montrer que F est un sous-espace vectoriel de E et donner une base orthonormale de F.

  • (b)

    Déterminer une base orthonormale de F.

 
Exercice 6  5564  Correction  

Soit (x1,,xp) une famille de p vecteurs d’un espace euclidien E muni d’une base orthonormée e=(e1,,en). On pose A=Mate(x1,,xp). Justifier

AA=(xi,xj)1i,jp.

Solution

Le coefficient d’indice (i,j) de la matrice A est la i-ème coordonnée dans la base orthonormée e du j-ème vecteur xj

ai,j=(eixj).

Pour tous 1i,jn,

[AA]i,j=k=1n[A]i,k[A]k,j=k=1nak,iak,j.

On reconnaît la formule permettant de calculer le produit scalaire de deux vecteurs dont on connaît les coordonnées dans une base orthonormée

[AA]i,j=xi,xj.
 
Exercice 7  4496  

Soit E un espace euclidien de dimension n1 dont le produit scalaire est noté ().

Soient f un endomorphisme de E et A=(ai,j) sa matrice dans une base orthonormale =(e1,,en). Justifier

ai,j=(eif(ej))pour tous i et j dans 1;n.
 
Exercice 8  5180   

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et de produit scalaire noté ,.

On dit qu’un endomorphisme f de E est antisymétrique s’il vérifie

f(x),x=0pour tout xE.
  • (a)

    Soit f un endomorphisme antisymétrique de E. Établir

    f(x),y=-x,f(y)pour tous x,yE.
  • (b)

    Montrer que l’image et le noyau d’un endomorphisme antisymétrique sont l’orthogonal l’un de l’autre.

  • (c)

    Montrer qu’un endomorphisme de E est antisymétrique si, et seulement si, sa matrice dans n’importe quelle base orthonormale est antisymétrique.

 
Exercice 9  4247  

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et de produit scalaire noté ().

Montrer que si f est un endomorphisme de E, alors pour toute base orthonormale =(e1,,en) de E,

tr(f)=k=1n(ekf(ek)).
 
Exercice 10  4153     CCINP (MP)Correction  

Soit v un endomorphisme d’un espace euclidien de de dimension n.

  • (a)

    Montrer que la quantité

    S=i=1nv(ei),ei

    ne dépend pas de la base orthonormée (e1,,en) de E choisie.

  • (b)

    Montrer que la quantité

    T=i=1nj=1nv(ei),fj2

    ne dépend pas des bases orthonormées (e1,,en) et (f1,,fn) de E choisies.

  • (c)

    Que vaut T lorsque v est un projecteur orthogonal de rang r?

Solution

  • (a)

    v(ei),ei est le coefficient diagonal d’indice i de la matrice figurant v dans la base orthonormée (e1,,en). La quantité S correspond à la trace de v.

  • (b)

    La somme

    jnv(ei),fj2

    correspond à la norme au carrée du vecteur v(ei) et donc

    T=i=1nv(ei)2.

    Notons A la matrice figurant l’endomorphisme v dans la base (e1,,en) et w l’endomorphisme figuré dans cette base par la matrice AA. On remarque, pour x vecteur de E de colonne coordonnées X,

    v(x)2=(AX)AX=XAAX=x,w(x).

    On en déduit

    T=i=1nw(ei),ei=tr(w).
  • (c)

    Si v est un projecteur orthogonal, il existe une base orthonormée (e1,,en) dans lequel il est figuré par une matrice diagonale avec r coefficients 1 et le reste de 0. On a alors

    T=i=1nv(ei)2=r.
 
Exercice 11  6154      CENTRALE (MP)Correction  

Soit

φ:{[X]×[X](P,Q)11|t|P(t)Q(t)dt.
  • (a)

    Montrer que φ est un produit scalaire.

  • (b)

    Programmer une fonction phi(P, Q) renvoyant φ(P,Q).

  • (c)

    Montrer qu’il existe une unique suite orthonormale (Pn)n telle que, pour tout n, Pn soit de degré n et à coefficient dominant positif.

  • (d)

    Programme une fonction P(n) renvoyant Pn.

    Déterminer P0,P1,P2,P3,P4. Tracer les graphes des fonctions polynomiales associées sur [1;1].

  • (e)

    Soit n*. Montrer que Pn est scindé à racines simples et que ses racines sont dans ]1;1[.

  • (f)

    Montrer que, pour tout n*, les racines de Pn séparent celles de Pn+1.

Solution

  • (a)

    L’application φ est clairement une forme bilinéaire symétrique sur [X]. Pour tout P[X],

    φ(P,P)=11|t|P(t)2dt0.

    De plus, si φ(P,P)=0, alors, par nullité de l’intégrale d’une fonction continue et positive, on a |t|P(t)2=0 pour tout t[1;1]. On en déduit que le polynôme P admet une infinité de racines et c’est donc le polynôme nul.

    Ainsi, φ est un produit scalaire.

  • (b)

    On emploie le module numpy.polynomial.

    from numpy.polynomial import Polynomial
    
    def phi(p, q):
        I0 = (Polynomial([0, 1]) * p * q).integ()(1)
        I1 = (Polynomial([0, -1]) * p * q).integ()(-1)
        return I0 - I1
    
  • (c)

    Raisonnons par récurrence sur n.

    Pour n=0, il existe un seul polynôme constant positif de norme 1, c’est P0=1.

    Supposons la propriété établie au rang n.

    Analyse: Soit Pn+1 convenable. Le polynôme Pn+1 est de degré n+1 et orthogonal à n[X]=Vect(P0,,Pn). Il appartient donc à la droite n+1[X]n[X]. Il est de plus de norme 1, il existe donc deux polynômes opposés possibles. La positivité du coefficient dominant détermine celui des deux polynômes solution.

    Synthèse: L’espace n+1[X]n[X] est de dimension 1 donc engendré par un certain polynôme P. Le polynôme Pn+1=P/P est unitaire, de degré n+1 et orthogonal aux polynômes P0,,Pn. S’il n’est pas de coefficient dominant positif, on considère Pn+1. On obtient ainsi un polynôme solution.

    La récurrence est établie.

  • (d)

    On calcule P par programmation dynamique selon une démarche bottom-up.

    def P(n):
        P = []
        for k in range(0, n + 1):
            Xk = Polynomial([0, 1])**k
            ProjXk = 0
            for i in range(k):
                ProjXk += phi(Xk, P[i]) * P[i]
            Q = Xk - ProjXk
            if Q.coef[Q.degree()] < 0:
                Q = -Q
            P.append(Q/phi(Q, Q)**0.5)
        return P[n]
    
    import numpy as np
    import matplotlib.pyplot as plt
    x = np.linspace(-1, 1)
    
    for k in range(5):
        print(f"P_{k} = {P(k)}")
        plt.plot(x, P(k)(x))
    plt.show()
    
  • (e)

    Soient x1,,xp les racines de multiplicité impaires de Pn contenues dans ]1;1[ (s’il y en a) et Q=(Xx1)(Xxp).

    Le polynôme PnQ est de signe constant sur [1;1]. Si p<n alors φ(Pn,Q)=0 ce qui est absurde. On en déduit p=n. Les racines x1,,xn sont alors simples et il ne peut y en avoir d’autres.

  • (f)

    On raisonne par récurrence sur n*.

    Pour n=1, la propriété est satisfaite puisque

    P1=2XetP2=3(2X21).

    Supposons la propriété vraie au rang n1 avec n2.

    La division euclidienne de Pn+1 par Pn conduit à l’écriture

    Pn+1=(aX+b)Pn+Ravecdeg(R)<n.

    Pour tout k<n1,

    φ(Pn+1,Pk)=0etφ((aX+b)Pn,Pk)=φ(Pn,(aX+b)Pk)=0

    donc R=Pn+1(aX+b)Pn est orthogonal aux polynômes P0,,Pn2. Puisque R est de degré au plus n1, R est colinéaire au polynôme Pn1. On a donc une relation

    Pn+1=(aX+b)Pn+cPn1aveca,b,c.

    Notons λn le coefficient dominant de Pn. On sait λn>0

    On a λn+1=aλn et donc a>0. Aussi,

    φ(Pn1,Pn+1)=0=aφ(Pn1,XPn)+bφ(Pn1,Pn)=0+cφ(Pn1,Pn1)=1

    et donc

    c=aφ(Pn1,XPn)=aφ(XPn1,Pn).

    Puisque

    XPn1=λn1λnPn+Q

    avec Qn1[X], on a φ(XPn1,Pn)=λn1/λn>0 et donc c<0.

    Notons x1<<xn les racines de Pn.

    Pour tout k1;n, Pn+1(xk)=cPn1(xk).

    Pour k1;n1, Pn1 possède une racine simple dans ]xk;xk+1[. Les nombres Pn1(xk) et Pn1(xk+1) sont donc opposés. Il en est donc de même pour Pn+1(xk) et Pn+1(xk+1). Le polynôme Pn+1 possède alors au moins une racine dans chaque intervalle ]xk;xk+1[. De plus, Pn1(xn)>0 car le coefficient dominant de Pn1 est strictement positif et que la plus grande racine de Pn1 est inférieure à xn. On en déduit Pn+1(xn)<0 et le polynôme Pn+1 admet nécessairement une racine dans ]xn;+[ (mais en fait dans ]xn;1[). Un raisonnement symétrique employant (1)n1Pn1(x1)>0 assure l’existence d’une racine à Pn+1 dans ]1;x1[.

    Finalement les racines de Pn séparent celles de Pn+1.

    La récurrence est établie.

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Édité le 06-05-2026

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