[<] Norme subordonnée

 
Exercice 1  493  Correction  

Soit E=𝒞([0;1],) muni de définie par

f=sup[0;1]|f|.

Étudier la continuité de la forme linéaire φ:ff(1)-f(0) et calculer sa norme.

Solution

Pour tout fE,

|φ(f)||f(1)|+|f(0)|2f

donc φ est continue et

φ2.

Pour f:x2x-1, fE, f=1 et u(f)=2 donc

φ=supf1|φ(f)|=maxf1|φ(f)|=2.
 
Exercice 2  491  Correction  

On note E=() l’espace vectoriel normé des suites réelles bornées muni de la norme N. Pour u=(un)n(), on pose Δ(u) la suite définie par

Δ(u)n=un+1unpour tout n.

Il est entendu que l’application Δ ainsi définie est un endomorphisme de l’espace E.

Montrer que l’endomorphisme Δ est continu et calculer sa norme subordonnée.

Solution

Soit u(). Pour tout n,

|Δ(u)n|=|un+1un||un+1|+|un|2N(u)

On a donc

u(),N(Δ(u))kN(u) avec k=2.

Par lipschitzianité en 0, l’application linéaire Δ est continue. On peut donc introduire |||Δ||| et l’on sait déjà |||Δ|||k=2

Pour u=((1)n)n, on a Δ(u)=(2(1)n+1)n. On remarque N(u)=1 tandis N(Δ(u))=2. On a donc

|||Δ|||N(Δ(u))N(u)=2.

Par double inégalité,

|||Δ|||=2.
 
Exercice 3  499  Correction  

Soit E=𝒞([0;1],) muni de .

Montrons que l’application u:fu(f)

u(f)(x)=f(0)+x(f(1)-f(0))

est un endomorphisme continu de E et calculer sa norme triple.

Solution

L’application u est clairement un endomorphisme de E. Pour x[0;1],

u(f)(x)=(1-x)f(0)+xf(1)

donc

|u(f)(x)|(1-x)|f(0)|+x|f(1)|(1-x)f+xf=f.

Ainsi, u(f)f. L’endomorphisme u est continu et |||u|||1.

Pour f:x1, on a f=1 et u(f)=1 donc |||u|||1 puis

|||u|||=1.
 
Exercice 4  492  Correction  

Soient E=𝒞0([0;1],) et F=𝒞1([0;1],). On définit N1 et N2 par

N1(f)=f et N2(f)=f+f.
  • (a)

    On définit T:EF par: pour tout f:[0;1], T(f):[0;1] est définie par

    T(f)(x)=0xf(t)dt.

    Montrer que T est une application linéaire continue.

  • (b)

    Calculer la norme de T.

Solution

  • (a)

    L’application T est bien définie et est clairement linéaire. Pour tout x[0;1], |T(f)(x)|xN1(f) donc

    N2(T(f))=T(f)+f2N1(f).

    Ainsi T est continue.

  • (b)

    Par l’étude ci-dessus, on a déjà T2. Pour f(t)=1, on a N1(f)=1, T(f)(x)=x et donc N2(T(f))=2. Ainsi T=2.

 
Exercice 5  494  Correction  

On munit l’espace E=𝒞([0;1],) de la norme 2. Pour f et φ éléments de E on pose

Tφ(f)=01f(t)φ(t)dt.

Montrer que Tφ est une forme linéaire continue et calculer sa norme.

Solution

Tφ:E est bien définie et est clairement linéaire. Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,

|Tφ(f)|φ2f2

donc Tφ est continue et Tφφ2.
De plus, pour f=φ, |Tφ(f)|=φ2f2 donc

Tφ=φ2.
 
Exercice 6  498   Correction  

On munit l’espace E=𝒞([0;1],) de la norme .

Pour φ élément de E, on considère la forme linéaire Tφ sur E définie par

Tφ(f)=01f(t)φ(t)dtpour tout fE.

Montrer que la forme linéaire Tφ est continue et calculer sa norme subordonnée.

Pour ε>0, on pourra introduire les fonctions

fε:tφ(t)|φ(t)|+ε.

Solution

Soit fE. On observe

|Tφ(f)|01|f(t)||φ(t)|dt01f|φ(t)|=kf avec k=01|φ(t)|dt.

Par lipschitzianité en 0, on peut affirmer que la forme linéaire Tφ est continue. On peut donc introduire |||Tφ||| et l’on sait déjà

|||Tφ|||01|φ(t)|dt.

Pour tout ε>0, posons fε=φ|φ|+ε élément de E. On observe fε1 et

Tφ(fε)=01φ2(t)|φ(t)|+εdt

de sorte que

|Tφ(fε)-01|φ(t)|dt|01ε|φ(t)||φ(t)|+εdtε

et donc

Tφ(fε)ε001|φ(t)|dt.

Puisque

|||Tφ||||Tφ(fε)|fε|Tφ(fε)|ε001|φ(t)|dt

on obtient

|||Tφ|||01|φ(t)|dt

puis l’égalité.

 
Exercice 7  495   Correction  

Soit E=𝒞([0;1],) muni de 1 définie par

f1=01|f(t)|dt.

Étudier la continuité de la forme linéaire

φ:f01tf(t)dt

et calculer sa norme triple.

Solution

Pour tout fE,

|φ(f)|=01|tf(t)|dtf1

donc φ est continue et

φ=supf1|φ(f)|1.

Pour f:ttn, f1=1n+1 et |φ(f)|=01tn+1dt=1n+2 donc

|φ(f)|f=n+1n+21

d’où

φ=supf1|φ(f)|=1.
 
Exercice 8  497   Correction  

Sur [X] on définit N1 et N2 par:

N1(P)=k=0+|P(k)(0)| et N2(P)=supt[1,1]|P(t)|.
  • (a)

    Montrer que N1 et N2 sont deux normes sur [X].

  • (b)

    Montrer que la dérivation est continue pour N1 et calculer sa norme.

  • (c)

    Montrer que la dérivation n’est pas continue pour N2.

  • (d)

    Les normes N1 et N2 sont-elles équivalentes?

Solution

  • (a)

    L’application N1:[X]+ est bien définie car la somme se limite à un nombre fini de termes non nuls.
    Si N1(P)=0 alors

    k,P(k)(0)=0

    or

    P=k=0+P(k)(0)k!Xk

    donc P=0.
    Soient P,Q[X].

    N1(P+Q)=k=0+|P(k)(0)+Q(k)(0)|k=0+|P(k)(0)|+|Q(k)(0)|

    donc

    N1(P+Q)k=0+|P(k)(0)|+k=0+|Q(k)(0)|=N1(P)+N1(Q).

    Soient P[X] et λ

    N1(λP)=k=0+|λP(k)(0)|=|λ|k=0+|P(k)(0)|=|λ|N1(P).

    Finalement, N1 est une norme.
    L’application N2:[X]+ est bien définie car une fonction continue sur un segment y est bornée.
    Si N2(P)=0 alors

    t[1;1],P(t)=0.

    Par infinité de racines P=0.
    Soient P,Q[X].

    N2(P+Q)=supt[1;1]|P(t)+Q(t)|supt[1;1]|P(t)|+|Q(t)|

    donc

    N2(P+Q)supt[1;1]|P(t)|+supt[1;1]|Q(t)|=N2(P)+N2(Q).

    Soient P[X] et λ.

    N2(λP)=supt[1;1]|λP(t)|=supt[1;1]|λ||P(t)|=|λ|supt[1;1]|P(t)|=|λ|N2(P).

    Finalement, N2 est aussi norme.

  • (b)

    Notons D:[X][X] l’opération de dérivation.

    P[X],N1(D(P))=k=0+|D(P)(k)(0)|=k=0+|P(k+1)(0)|k=0+|Pk(0)|=N1(P)

    donc l’endomorphisme D est continu pour la norme N1 et D1. Pour P=X, on a N1(P)=1 et N1(D(P))=1 donc D=1.

  • (c)

    Soit Pn=Xn. On a D(Pn)=nXn1 donc N2(Pn)=1 et N2(D(Pn))=n+.
    Par suite, l’endomorphisme D n’est pas continu pour N2.

  • (d)

    Par ce qui précède, les normes ne sont pas équivalentes. Néanmoins P=k=0+P(k)(0)k!Xk donc

    |P(t)|k=0+|P(k)(0)|k!N1(P)

    donc

    N2(P)N1(P).

    C’est là la seule (et la meilleure) comparaison possible.

 
Exercice 9  5873   Correction  

Sur [X], on définit une norme en posant, pour P=k=0+akXk,

P=maxk|ak|

Soit z. Étudier la continuité la forme linéaire

φz:{[X]PP(z)

et préciser |||φz||| lorsque cela a un sens.

Solution

Cas: |z|<1. Pour tout P=k=0+akXk,

|φz(P)|k=0+|ak||z|kk=0+P|z|k=P1-|z|.

Par lipschitzianité en 0, la forme linéaire φz est continue sur [X] et

|||φz|||11-|z|.

Montrons que cette inégalité est en fait une égalité en déterminant une suite (Pn)n de polynômes telle que

|φz(Pn)|Pnn+11-|z|.

Introduisons un argument de z par l’écriture z=|z|eiθ avec θ. Pour n, considérons Pn=1+e-iθX++e-inθXn.

On a

Pn=1etφz(Pn)=k=0n|z|k=1-|z|n+11-|z|

donc

|φz(Pn)|Pn=1-|z|n+11-|z|n+11-|z|.

On conclut

|||φz|||=11-|z|.

Cas: |z|1. On reprend l’écriture z=|z|eiθ avec θ et l’on considère à nouveau Pn=1+e-iθX++e-inθXn On a

Pn=1etφz(Pn)=k=0n|z|kk=0n1=n+1n++.

La suite (Pn)n est bornée mais son image par φz ne l’est pas: l’application linéaire φz n’est pas donc lipschitzienne et ne peut alors pas être continue11 1 Rappelons que les applications linéaires continues sont assurément lipschitziennes..

 
Exercice 10  500   Correction  

Soit E=𝒞([0;1],) muni de .

  • (a)

    Montrer que pour toute fonction fE, il existe une unique primitive F de f vérifiant

    01F(t)dt=0.
  • (b)

    Établir que l’application u:fF est un endomorphisme continu.

  • (c)

    Justifier

    F(x)=01(txf(u)du)dt.
  • (d)

    Calculer la norme subordonnée |||u|||.

Solution

  • (a)

    Les primitives de f sont de la forme φ+Cte avec φ:x0xf(t)dt. Parmi celles-ci une seule est d’intégrale nulle c’est

    F=φ-01φ(t)dt.
  • (b)

    L’application u est bien définie de E vers E car une primitive est une fonction continue. Pour λ,μ et f,gE, (λu(f)+μu(g))=λf+μg et 01λu(f)+μu(g)=0 donc u(λf+μg)=λu(f)+μu(g). Ainsi u est un endomorphisme.

    F(x)=0xf(t)dt-01(0tf(u)du)dt

    donc aisément |F(x)|2f puis F2f.

    Par lipschitzianité en 0, on peut affirmer que l’application linéaire u est continue.

  • (c)

    Pour x[0;1],

    F(x)=0xf(t)dt-01(0tf(u)du)dt

    et, par intégration d’une constante,

    0xf(t)dt=01(0xf(t)dt)du.

    On conclut par la linéarité et la relation de Chasles.

  • (d)

    Pour x[0;1],

    |F(x)|01|x-t|fdt.

    En découpant l’intégrale en x afin d’évaluer la valeur absolue, on obtient

    01|x-t|dt=x2-x+1212

    et donc

    |F(x)|12f

    puis

    F12f.

    Ainsi, |||u|||1/2.

    Enfin, pour f:x1 élément de E, on a f=1, F:xx-1/2 et F=1/2 donc

    |||u|||Ff=12.

    Par double inégalité, |||u|||=1/2.

 
Exercice 11  3300     CCINP (MP)Correction  

On note E l’espace des fonctions réelles définies et continues sur [0;1].
On note E cet espace muni de la norme

:fsupt[0;1]|f(t)|

et E1 cet espace muni de la norme

1:f01|f(t)|dt.

Soit u l’endomorphisme de E défini par

u(f)(x)=0xtf(t)dtpour tout x[0;1].
  • (a)

    Montrer que l’application v de E vers E1 qui à f associe u(f) est continue et déterminer sa norme subordonnée.

  • (b)

    Montrer que l’application w de E1 vers E qui à f associe u(f) est continue et déterminer sa norme subordonnée.

Solution

  • (a)

    Soit fE. Pour tout x[0;1],

    |u(f)(x)|0xtfdt=12x2f

    donc

    v(f)1=01|u(f)(x)|dx0112x2fdx=16f.

    Par lipschitzianité en 0, l’application linéaire v est continue, on peut introduire sa norme subordonnée et l’on sait

    |||v|||16.

    En prenant f=1~, on obtient

    f=1,u(f):x12x2etv(f)1=16.

    On en déduit

    |||v|||v(f)1f=16

    puis

    |||v|||=16.
  • (b)

    Soit fE. Pour x[0;1]

    |u(f)(x)|=0xt|f(t)|dt0x|f(t)|dtf1

    donc

    w(f)=supx[0;1]|u(f)(x)|f1.

    Par lipschitzianité en 0, l’application linéaire w est continue, on peut introduire sa norme subordonnée et l’on sait

    |||w|||1.

    Soit n. Considérons fnE avec fn(t)=tn. On a

    fn1=1n+1,u(fn)(x)=1n+2xn+2etw(fn)=1n+2.

    Puisque

    |||w|||w(fn)fn1=n+1n+2n+1

    on obtient |||w|||1. Par double inégalité, w=1.

 
Exercice 12  3266     CCINP (MP)Correction  

Soit E l’espace des fonctions réelles continues et de carré intégrable sur . On munit E de la norme donnée par

N2(f)=(+f2)1/2.
  • (a)

    Soit ϕ une fonction continue bornée de dans . Établir que la fonction

    u:fϕf

    définit un endomorphisme continue de E.

  • (b)

    Soient x0 fixé dans et fn la fonction continue valant 1 en x0, affine sur [x01/n;x0] et [x0;x0+1/n] et identiquement nulle ailleurs.

    Montrer que, pour une fonction réelle g définie et continue sur ,

    limn+fn2gfn2=g(x0).
  • (c)

    Calculer la norme subordonnée de l’endomorphisme u défini à la première question.

Solution

  • (a)

    La fonction ϕ étant bornée sur , on peut introduire

    ϕ=supt|ϕ(t)|.

    Pour fE, on a ϕf continue par produit de fonctions continues. Au surplus

    |ϕ(t)f(t)|2ϕ|f(t)|2

    ce qui assure que ϕf est de carré intégrable. La fonction u est donc définie de E vers E. L’application u est évidemment linéaire et c’est donc un endomorphisme de E.

    Aussi,

    ϕf2(+ϕ|f(t)|2dt)1/2ϕf2=kf2aveck=ϕ

    L’endomorphisme u est donc continu et

    |||u|||ϕ.
  • (b)

    On peut visualiser l’allure de la fonction fn:

    [Uncaptioned image]

    Soit ε>0. Puisque la fonction g est continue, il existe α>0 vérifiant

    |xx0|α|g(x)g(x0)|ε.

    Pour n suffisamment grand, on a 1/nα et alors

    |fn2(x)g(x)dxg(x0)fn2(x)dx||g(x)g(x0)|fn2(x)dx.

    Puisque fn est nulle en dehors de [x01/n;x0+1/n] et puisque |g(x)g(x0)|ε sur cet intervalle, on obtient

    |fn2(x)g(x)dxg(x0)fn2(x)dx|εx01/nx0+1/nfn2(x)dx=εfn2(x)dx

    On a donc

    |fn2(x)g(x)dxfn2(x)dxg(x0)|ε.
  • (c)

    Rappelons

    |||u|||=supfE{0}u(f)2f2

    Par l’étude de continuité réalisée en première question, on a déjà

    |||u|||ϕ.

    En appliquant le résultat qui précède à la fonction g=ϕ2, on obtient

    fnϕ2fn2n+|ϕ(x0)|.

    On en déduit

    |||u||||ϕ(x0)|

    et cela vaut pour tout x0.

    On peut alors affirmer

    |||u|||ϕ

    puis l’égalité.

 
Exercice 13  5744   Correction  

Pour a=(an)(,) et u=(un)1(,), on pose

a,u=n=0+anun.
  • (a)

    Justifier l’existence de a,u.

  • (b)

    Montrer que l’application φu:aa,u est continue et calculer sa norme subordonnée.

  • (c)

    Même question avec ψa:ua,u.

Solution

  • (a)

    On a |anun|a|un| et |un| converge donc, par comparaison de séries à termes positifs, anun est absolument convergente et donc convergente.

  • (b)

    Soit u1(,). On vérifie aisément que l’application φu est linéaire, il s’agit donc d’une forme linéaire sur l’espace normé (,).

    Pour a(,),

    |a,u|n=0+|anun|n=0+a|un|=u1a.

    Par lipschitzianité en 0, on obtient que que l’application linéaire φu est continue. De plus, |||φu|||u1.

    Considérons a=(an) déterminée par an=±1 de sorte que anun=|un|. On remarque a=1 et φu(a)=u1 de sorte que

    |||φu||||φu(a)|a=u1.

    Par double inégalité,

    |||φu|||=u1.
  • (c)

    Soit a(,). Comme au-dessus, l’application ψa est une forme linéaire sur 1(,) et l’inégalité |a,u|au1 pour tout u1(,) donne la continuité de celle-ci avec

    |||ψa|||a.

    Soient p et u1(,) la suite de terme général δn,p. On remarque u1 et ψa(u)=ap de sorte que

    |||u||||ψa(u)|u1=|ap|.

    Puisque cela vaut pour tout p,

    |||u|||a.

    Par double inégalité,

    |||u|||=a.
 
Exercice 14  6034      CENTRALE (MP)Correction  
  • (a)

    Rappeler une condition nécessaire et suffisante pour qu’une application linéaire entre deux espaces vectoriels normés soit continue.

Soit E l’espace vectoriel normé des fonctions continues de + vers de carré intégrable que l’on munit de la norme donnée par

f=(0+f2)1/2.

Pour fE, on pose φ(f)=g

g(x)=1x0xf(t)dt si x>0etg(0)=f(0).
  • (b)

    Montrer que φ définit un endomorphisme de E.

  • (c)

    Déterminer

    |||φ|||=supfE{0}φ(f)f.

Solution

  • (a)

    Avec des notations entendues, u(E,F) est continue si, et seulement si,

    k+,xE,u(x)FkxE.
  • (b)

    Soient fE et g comme définies. L’application g est continue sur ]0;+[ car produit d’une fonction continue par une fonction primitive. La fonction g est aussi continue en 0 car, en introduisant F primitive de f s’annulant en 0,

    g(x)=F(x)xx0+F(0)=f(0)=g(0).

    Vérifions que g est de carré intégrable. Soit x>0. Par intégration par parties,

    0x(g(t))2dt =0x1t2(F(t))2dt
    =[1t(F(t))2]0x+20xg(t)f(t)dt
    =1t(F(t))2+20xg(t)f(t)dt0xg(t)f(t)dt.

    Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,

    0x(g(t))2dt2(0x(g(t))2dt)1/2(0x(f(t))2dt)1/2.

    Que l’intégrale de g soit nulle ou non, on peut affirmer

    0x(g(t))2dt40x(f(t))2dt40+(f(t))2dt.

    Ainsi, g est de carré intégrable avec g2f.

    L’application φ est donc correctement définie de E vers E. Elle est bien évidemment linéaire.

  • (c)

    Par ce qui précède, on sait déjà |||φ|||2.

    Pour réaliser l’égalité, on aimerait considérer f:t1/t mais celle-ci n’est ni continue en 0 ni de carré intégrable. On considère alors pour n* la fonction fn:+ donnée par

    fn(t)={n si t[0;1/n]1/t si t[1/n;n]1/n(tn)/n si t[n;n+1]0 si t[n+1;+[.

    La fonction fn est continue et de carré intégrable avec

    fn2 =01/nndt+1/nndtt+nn+1fn2(t)dt
    1+1/nn+1dtt=1+[ln(t)]1/nn+1
    =1+ln(n)+ln(n+1)n+2ln(n).

    Aussi, pour x[1/n;n],

    φ(fn)(x)1x1/nxdtt=1x[2t]1/nx=2x2xn

    et donc

    φ(fn)241/nn1x2x3/2n+1x2ndx=n+8ln(n)+O(1)n+8ln(n).

    On a donc

    φ(fn)fnn+2

    et par conséquent |||φ|||2 puis l’égalité.

[<] Norme subordonnée



Édité le 12-12-2025

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