[<] Lipchitzianité [>] Norme subordonnée
On munit de la norme
Soient fixé dans et fixé dans . Montrer la continuité des applications définies par
Montrer la continuité de l’application définie par
Solution
Les applications et sont linéaires au départ d’un espace de dimension finie donc continues.
L’application est bilinéaire au départ d’un produit d’espaces de dimensions finies donc continue.
Soit muni de .
Montrons que l’application où
est un endomorphisme continu de .
Solution
L’application est clairement un endomorphisme de . Pour tout ,
donc
Ainsi, . L’endomorphisme est continu.
On note l’espace vectoriel normé des suites réelles bornées muni de la norme . Pour , on pose et les suites définies par
Montrer que les applications et sont des endomorphismes continus de .
Solution
Vérifions que est un endomorphisme de .
Pour , il existe tel que pour tout . On a alors
La suite est donc élément de . L’application est correctement définie de vers .
Soient et . Pour tout n
Ainsi, . L’application définit bien un endomorphisme de .
On vérifie de même que est un endomorphisme de ou bien on emploie pour parvenir à la même conclusion par opérations sur les endomorphismes.
Pour montrer qu’une application linéaire est continue, il suffit de déterminer vérifiant pour tout .
Soit . Pour tout entier naturel ,
En passant à la borne supérieure,
L’application linéaire est donc continue.
On obtient de même que l’application linéaire est continue en observant
On peut aussi justifier que l’endomorphisme est continu par différence de fonctions continues sachant avec et endomorphismes continus.
Soit muni de définie par
Étudier la continuité de la forme linéaire .
Solution
Pour tout ,
donc est continue.
Soit muni de définie par
Étudier la continuité de la forme linéaire
Solution
Pour tout ,
donc est continue.
Soient et . On définit par
On définit en posant, pour tout , est donnée par
Montrer que est une application linéaire continue.
Solution
L’application est bien définie et est clairement linéaire. Pour tout , donc
Ainsi, est continue.
On munit l’espace de la norme . Pour et éléments de , on pose
Montrer que est une forme linéaire continue.
Solution
est bien définie et est clairement linéaire. Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
donc est continue.
Sur l’espace des fonctions continues de vers , on considère les normes
On considère aussi l’endomorphisme de qui envoie sur la fonction déterminée par
Montrer que l’endomorphisme est continu pour la norme .
Montrer que l’endomorphisme n’est pas continu pour la norme .
Les normes et sont-elles équivalentes?
Soient et l’endomorphisme de qui envoie sur la fonction
Montrer que pour muni de l’endomorphisme est continu.
Montrer que pour muni de l’endomorphisme n’est pas continu.
Solution
On a
donc l’endomorphisme est continu pour la norme .
Pour , et
L’endomorphisme n’est donc pas continu pour la norme .
Sur , on définit et par
Montrer que et sont deux normes sur .
Montrer que la dérivation est continue pour .
Montrer que la dérivation n’est pas continue pour .
et sont-elles équivalentes?
Solution
L’application est bien définie car la somme se limite à un nombre fini de termes non nuls.
Si alors
or
donc .
Soient .
donc
Soient et
Finalement, est une norme.
L’application est bien définie car une fonction continue sur un segment y est bornée.
Si alors
Par infinité de racines .
Soient .
donc
Soient et .
Finalement, est aussi norme.
Notons l’opération de dérivation.
donc l’endomorphisme est continu pour la norme .
Soit . On a donc et .
Par suite, l’endomorphisme n’est pas continu pour .
Par ce qui précède, les normes ne sont pas équivalentes. Néanmoins donc
donc
C’est là la seule (et la meilleure) comparaison possible.
Pour et , on pose
Justifier l’existence de .
Montrer que l’application est continue.
Même question avec .
Solution
On a et converge donc, par comparaison de séries à termes positifs, est absolument convergente et donc convergente.
Soit . On vérifie aisément que l’application est linéaire, il s’agit donc d’une forme linéaire sur l’espace normé .
Pour ,
Par lipschitzianité en , on obtient que que l’application linéaire est continue.
Soit . Comme au-dessus, l’application est une forme linéaire sur et l’inégalité pour tout donne la continuité de celle-ci.
Déterminer deux normes sur l’espace , l’une pour laquelle l’endomorphisme de dérivation est continu, l’autre pour laquelle il ne l’est pas.
Soient et deux espaces vectoriels normés et .
On suppose que, pour toute suite de vecteurs de de limite nulle, la suite image est bornée.
Montrer que l’application est continue.
Solution
Raisonnons par contraposition. Supposons que n’est pas continue. L’application linéaire n’est donc pas lipschitzienne en et, par suite, pour tout , il existe tel que
Considérons alors
On remarque
et
Il existe donc une suite de vecteurs de de limite de dont l’image par n’est pas bornée.
Soient un -espace vectoriel normé et une fonction bornée sur la boule unité fermée et vérifiant
Montrer que est un endomorphisme continu.
Solution
On veut établir
Avec , on établit .
Avec , on constate
On peut alors montrer
en commençant par résoudre le cas par récurrence.
Soit . On écrit avec et . Pour ,
On en déduit
Il s’agit maintenant d’étendre cette relation à réel. Pour cela, on commence par établir que est continue en .
Puisque est bornée sur la boule unité fermée, il existe tel que
Soit . Pour assez grand, on a et alors, pour tout ,
Ainsi, l’application est continue en puis en tout car
Il reste à conclure quant à la linéarité. Considérons et . Il existe une suite de limite et alors, par continuité en
Or
Par unicité de la limite, on conclut
Montrer que et normes sur sont équivalentes si, et seulement si, est bicontinue11 1 Cela signifie que l’application est continue ainsi que sa bijection réciproque. de vers .
Solution
La continuité de l’application linéaire de vers équivaut à l’existence d’un réel vérifiant pour tout . La propriété annoncée est alors immédiate.
Soient un entier naturel et une suite de fonctions polynomiales de dans de degré au plus . On suppose qu’il existe des réels deux à deux distincts tels que chacune des suites converge.
Montrer que la limite est polynomiale de degré au plus , la convergence étant de plus uniforme sur tout segment.
Solution
Considérons définie par
L’application est un isomorphisme de -espaces vectoriels de dimensions finies, c’est aussi une application linéaire continue car les espaces engagés sont de dimensions finies et il en est de même de .
En notant la limite de , on a
En notant l’élément de déterminé par , on peut écrire
Par continuité de l’application ,
En choisissant sur , la norme , on peut affirmer que converge uniformément vers sur le segment .
En particulier, converge simplement vers et en substance .
Soit un -espace vectoriel de dimension finie .
Rappeler la définition de ce qu’est un hyperplan de .
Soit une forme linéaire non nulle sur . Montrer que .
Soient et des formes linéaires sur . On suppose que la famille est libre et l’on se propose d’établir que les assertions suivantes sont équivalentes:
(i) ;
(ii) ;
(iii) .
Montrer les implications évidentes.
En considérant et en établissant que est surjective, montrer .
En considérant un supplémentaire de , montrer
Solution
Un hyperplan est le noyau d’une forme linéaire non nulle.
Pour , on a donc . Si de plus alors . Par la formule du rang, .
(i) (ii) Supposons combinaison linéaire des formes linéaires . Si appartient à l’intersection des alors pour et donc .
(iii) (ii) Supposons (iii) Si appartient à l’intersection des alors pour et donc
ce qui entraîne .
Supposons .
Considérons l’application linéaire
Le noyau de correspond à .
Soient une base de et la base canonique de . La matrice de l’application linéaire relative aux bases et est
La liberté de la famille entraîne la liberté de la famille des lignes de la matrice . On en déduit . L’application linéaire est surjective.
Pour chaque , il existe tel que . La famille ainsi introduite est une famille libre de vecteurs de qui engendre un espace supplémentaire de dans .
Considérons alors avec .
La forme linéaire co$̈\mathrm{i}$ncide avec sur l’espace ainsi que sur chaque vecteur pour . Par co$̈\mathrm{i}$ncidence sur deux deux espaces supplémentaires, les applications linéaires et sont égales sur et, par conséquent, .
Supposons et considérons un sous-espace vectoriel supplémentaire de cette intersection.
On vérifie facilement que l’application définit une norme sur notamment parce que . Par continuité de la restriction de sur ,
Cette inégalité est encore vraie pour car et sont nulles sur .
On considère l’espace normé par .
Soit une bijection continue et croissante.
On étudie l’endomorphisme de donné par .
On suppose que est de classe sur . Montrer que est continue.
On suppose que . Montrer que n’est pas continu.
Montrer que est continue si, et seulement si, est lipschitzienne.
Solution
Pour ,
On réalise le changement de variable pour lequel .
En introduisant (ce qui est possible car est continue sur donc bornée),
L’application linéaire est lipschitzienne en donc continue.
Considérons pour .
On a
et
donc
L’application linéaire n’est donc pas continue.
Supposons continue. Il existe tel que
On considère pour .
On peut aisément définir une suite de fonctions continues convergeant simplement vers et vérifiant pour tout .
Par convergence dominée,
et
L’inégalité donne alors à la limite
avec
Ainsi, pour tous : la fonction est lipschitzienne.
Inversement, supposons lipschitzienne. Il existe vérifiant
À rebours du calcul précédent, on obtient
Pour toute fonction indicatrice d’un segment . Par combinaison linéaire, l’inégalité est aussi vraie pour fonction en escalier positive et, par convergence dominée, elle est encore vraie pour continue positive sur . En l’appliquant à au lieu de , on acquiert . L’endomorphisme est continu.
[<] Lipchitzianité [>] Norme subordonnée
Édité le 09-01-2026
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