[<] Lipchitzianité [>] Norme subordonnée

 
Exercice 1  3786    CCINP (MP)Correction  

On munit E=p() de la norme

M=max1i,jp|mi,j|.
  • (a)

    Soient X fixé dans p et P fixé dans GLp(). Montrer la continuité des applications ϕ,ψ:EE définies par

    ϕ(M)=MXetψ(M)=P-1MP.
  • (b)

    Montrer la continuité de l’application f:E×EE définie par

    f(M,N)=MN.

Solution

  • (a)

    Les applications ϕ et ψ sont linéaires au départ d’un espace de dimension finie donc continues.

  • (b)

    L’application f est bilinéaire au départ d’un produit d’espaces de dimensions finies donc continue.

 
Exercice 2  3913  Correction  

Soit E=𝒞([0;1],) muni de .

Montrons que l’application u:fu(f)

x[0;1],u(f)(x)=f(0)+x(f(1)-f(0))

est un endomorphisme continu de E.

Solution

L’application u est clairement un endomorphisme de E. Pour tout x[0;1],

u(f)(x)=(1-x)f(0)+xf(1)

donc

|u(f)(x)|(1-x)|f(0)|+x|f(1)|(1-x)f+xf=f.

Ainsi, u(f)f. L’endomorphisme u est continu.

 
Exercice 3  3907  Correction  

On note E=() l’espace vectoriel normé des suites réelles bornées muni de la norme . Pour u=(un)(), on pose T(u) et Δ(u) les suites définies par

(T(u))n=un+1et(Δ(u))n=un+1-un.

Montrer que les applications T et Δ sont des endomorphismes continus de E.

Solution

Vérifions que T est un endomorphisme de E.

Pour u=(un)(), il existe M+ tel que |un|M pour tout n. On a alors

n,|(T(u))n|=|un+1|M.

La suite T(u) est donc élément de (). L’application T est correctement définie de E vers E.

Soient λ,μ et u,vE. Pour tout n n

(T(λu+μv))n =(λu+μv)n+1=λun+1+μvn+1
=λ(T(u))n+μ(T(v))n=(λT(u)+μT(v))n.

Ainsi, T(λu+μv)=λT(u)+μT(v). L’application T définit bien un endomorphisme de E.

On vérifie de même que Δ est un endomorphisme de E ou bien on emploie Δ=T-IdE pour parvenir à la même conclusion par opérations sur les endomorphismes.

Pour montrer qu’une application linéaire f(E,E) est continue, il suffit de déterminer k vérifiant f(x)kx pour tout xE.

Soit u=(un)(). Pour tout entier naturel n,

|(T(u))n|=|un+1|supn|un|=u.

En passant à la borne supérieure,

T(u)=supn|(T(u))n|1×u.

L’application linéaire T est donc continue.

On obtient de même que l’application linéaire Δ est continue en observant

|Δ(u)n|=|un+1-un||un+1|+|un|2u.

On peut aussi justifier que l’endomorphisme Δ est continu par différence de fonctions continues sachant Δ=T-IdE avec T et IdE endomorphismes continus.

 
Exercice 4  3908  Correction  

Soit E=𝒞([0;1],) muni de définie par

f=sup[0;1]|f|.

Étudier la continuité de la forme linéaire φ:ff(1)-f(0).

Solution

Pour tout fE,

|φ(f)||f(1)|+|f(0)|2f

donc φ est continue.

 
Exercice 5  3911  Correction  

Soit E=𝒞([0;1],) muni de 1 définie par

f1=01|f(t)|dt.

Étudier la continuité de la forme linéaire

φ:f01tf(t)dt.

Solution

Pour tout fE,

|φ(f)|=01|tf(t)|dtf1

donc φ est continue.

 
Exercice 6  3909  Correction  

Soient E=𝒞0([0;1],) et F=𝒞1([0;1],). On définit N1 et N2 par

N1(f)=fetN2(f)=f+f.

On définit T:EF en posant, pour tout f:[0;1], T(f):[0;1] est donnée par

T(f)(x)=0xf(t)dt.

Montrer que T est une application linéaire continue.

Solution

L’application T est bien définie et est clairement linéaire. Pour tout x[0;1], |T(f)(x)|xN1(f) donc

N2(T(f))=T(f)+f2N1(f).

Ainsi, T est continue.

 
Exercice 7  3910  Correction  

On munit l’espace E=𝒞([0;1],) de la norme 2. Pour f et φ éléments de E, on pose

Tφ(f)=01f(t)φ(t)dt.

Montrer que Tφ est une forme linéaire continue.

Solution

Tφ:E est bien définie et est clairement linéaire. Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,

|Tφ(f)|φ2f2

donc Tφ est continue.

 
Exercice 8  4695   

Sur l’espace E=𝒞([0;1],) des fonctions continues de [0;1] vers , on considère les normes

f1=01|f(t)|dtetf=supt[0;1]|f(t)|.

On considère aussi l’endomorphisme u de E qui envoie f sur la fonction u(f) déterminée par

u(f)(t)=f(t)-f(0).
  • (a)

    Montrer que l’endomorphisme u est continu pour la norme .

  • (b)

    Montrer que l’endomorphisme u n’est pas continu pour la norme 1.

  • (c)

    Les normes 1 et sont-elles équivalentes?

 
Exercice 9  496   Correction  

Soient E=𝒞([0;1],) et u l’endomorphisme de E qui envoie fE sur la fonction

u(f):xf(x)-f(0).
  • (a)

    Montrer que pour E muni de l’endomorphisme u est continu.

  • (b)

    Montrer que pour E muni de 1 l’endomorphisme u n’est pas continu.

Solution

  • (a)

    On a

    u(f)f+|f(0)|2f

    donc l’endomorphisme u est continu pour la norme .

  • (b)

    Pour f:x(n+1)(1-x)n, f1=1 et

    u(f)1=01(n+1)-(n+1)(1-x)ndx=n+.

    L’endomorphisme u n’est donc pas continu pour la norme 1.

 
Exercice 10  3912   Correction  

Sur [X], on définit N1 et N2 par

N1(P)=k=0+|P(k)(0)|etN2(P)=supt[-1,1]|P(t)|.
  • (a)

    Montrer que N1 et N2 sont deux normes sur [X].

  • (b)

    Montrer que la dérivation est continue pour N1.

  • (c)

    Montrer que la dérivation n’est pas continue pour N2.

  • (d)

    N1 et N2 sont-elles équivalentes?

Solution

  • (a)

    L’application N1:[X]+ est bien définie car la somme se limite à un nombre fini de termes non nuls.
    Si N1(P)=0 alors

    k,P(k)(0)=0

    or

    P=k=0+P(k)(0)k!Xk

    donc P=0.
    Soient P,Q[X].

    N1(P+Q)=k=0+|P(k)(0)+Q(k)(0)|k=0+|P(k)(0)|+|Q(k)(0)|

    donc

    N1(P+Q)k=0+|P(k)(0)|+k=0+|Q(k)(0)|=N1(P)+N1(Q).

    Soient P[X] et λ

    N1(λP)=k=0+|λP(k)(0)|=|λ|k=0+|P(k)(0)|=|λ|N1(P).

    Finalement, N1 est une norme.

    L’application N2:[X]+ est bien définie car une fonction continue sur un segment y est bornée.
    Si N2(P)=0 alors

    t[-1;1],P(t)=0.

    Par infinité de racines P=0.
    Soient P,Q[X].

    N2(P+Q)=supt[-1;1]|P(t)+Q(t)|supt[-1;1]|P(t)|+|Q(t)|

    donc

    N2(P+Q)supt[-1;1]|P(t)|+supt[-1;1]|Q(t)|=N2(P)+N2(Q).

    Soient P[X] et λ.

    N2(λP)=supt[-1;1]|λP(t)|=supt[-1;1]|λ||P(t)|=|λ|supt[-1;1]|P(t)|=|λ|N2(P).

    Finalement, N2 est aussi norme.

  • (b)

    Notons D:[X][X] l’opération de dérivation.

    P[X],N1(D(P))=k=0+|D(P)(k)(0)|=k=0+|P(k+1)(0)|k=0+|Pk(0)|=N1(P)

    donc l’endomorphisme D est continu pour la norme N1.

  • (c)

    Soit Pn=Xn. On a D(Pn)=nXn-1 donc N2(Pn)=1 et N2(D(Pn))=n+.
    Par suite, l’endomorphisme D n’est pas continu pour N2.

  • (d)

    Par ce qui précède, les normes ne sont pas équivalentes. Néanmoins P=k=0+P(k)(0)k!Xk donc

    |P(t)|k=0+|P(k)(0)|k!N1(P)

    donc

    N2(P)N1(P).

    C’est là la seule (et la meilleure) comparaison possible.

 
Exercice 11  3914   Correction  

Pour a=(an)(,) et u=(un)1(,), on pose

a,u=n=0+anun.
  • (a)

    Justifier l’existence de a,u.

  • (b)

    Montrer que l’application φu:aa,u est continue.

  • (c)

    Même question avec ψa:ua,u.

Solution

  • (a)

    On a |anun|a|un| et |un| converge donc, par comparaison de séries à termes positifs, anun est absolument convergente et donc convergente.

  • (b)

    Soit u1(,). On vérifie aisément que l’application φu est linéaire, il s’agit donc d’une forme linéaire sur l’espace normé (,).

    Pour a(,),

    |a,u|n=0+|anun|n=0+a|un|=u1a.

    Par lipschitzianité en 0, on obtient que que l’application linéaire φu est continue.

  • (c)

    Soit a(,). Comme au-dessus, l’application ψa est une forme linéaire sur 1(,) et l’inégalité |a,u|au1 pour tout u1(,) donne la continuité de celle-ci.

 
Exercice 12  4697   

Déterminer deux normes sur l’espace E=[X], l’une pour laquelle l’endomorphisme de dérivation est continu, l’autre pour laquelle il ne l’est pas.

 
Exercice 13  485   Correction  

Soient E et E deux espaces vectoriels normés et f(E,E).

On suppose que, pour toute suite (un)n de vecteurs de E de limite nulle, la suite image (f(un))n est bornée.

Montrer que l’application f est continue.

Solution

Raisonnons par contraposition. Supposons que f n’est pas continue. L’application linéaire f n’est donc pas lipschitzienne en 0E et, par suite, pour tout n, il existe xnE tel que

f(xn)>nxn

Considérons alors

yn=1nxnxn

On remarque

ynn+0 car yn=1n

et

f(yn)=1nf(xn)xnnn++

Il existe donc une suite de vecteurs de E de limite de E dont l’image par f n’est pas bornée.

 
Exercice 14  5432     MINES (MP)Correction  

Soient E un -espace vectoriel normé et f:EE une fonction bornée sur la boule unité fermée et vérifiant

(x,y)E2,f(x+y)=f(x)+f(y).

Montrer que f est un endomorphisme continu.

Solution

On veut établir

xE,λ,f(λ.x)=λ.f(x).

Avec x=y=0E, on établit f(0E)=0E.

Avec y=x, on constate f(x)=f(x)

On peut alors montrer

xE,n,f(n.x)=n.f(x)

en commençant par résoudre le cas n par récurrence.

Soit λ. On écrit λ=p/q avec p et q*. Pour xE,

f(λ.x)=f(pq.x)=p.f(1q.x)etf(x)=f(qq.x)=q.f(1q.x).

On en déduit

f(λ.x)=pq.f(x)=λ.f(x).

Il s’agit maintenant d’étendre cette relation à λ réel. Pour cela, on commence par établir que f est continue en 0E.

Puisque f est bornée sur la boule unité fermée, il existe M+ tel que

xE,x1f(x)M.

Soit ε>0. Pour n* assez grand, on a M/nε et alors, pour tout xE,

x1n n.x1
f(n.x)M
nf(x)M
f(x)Mn
f(x)ε.

Ainsi, l’application f est continue en 0E puis en tout x0E car

f(x)f(x0)=f(xx0)xx0f(0E)=0E.

Il reste à conclure quant à la linéarité. Considérons xE et λ. Il existe une suite (λn) de limite λ et alors, par continuité en λ.x

f(λn.x)n+f(λ.x).

Or

f(λn.x)=λnλn.f(x)n+λ.f(x).

Par unicité de la limite, on conclut

f(λ.x)=λ.f(x).
 
Exercice 15  486   Correction  

Montrer que N1 et N2 normes sur E sont équivalentes si, et seulement si, IdE est bicontinue11 1 Cela signifie que l’application est continue ainsi que sa bijection réciproque. de (E,N1) vers (E,N2).

Solution

La continuité de l’application linéaire IdE de (E,N1) vers (E,N2) équivaut à l’existence d’un réel α0 vérifiant N2(x)αN1(x) pour tout xE. La propriété annoncée est alors immédiate.

 
Exercice 16  2832     MINES (MP)Correction  

Soient d un entier naturel et (fn) une suite de fonctions polynomiales de dans de degré au plus d. On suppose qu’il existe des réels deux à deux distincts α0,,αd tels que chacune des suites (fn(α0)),,(fn(αd)) converge.

Montrer que la limite est polynomiale de degré au plus d, la convergence étant de plus uniforme sur tout segment.

Solution

Considérons φ:d[X]d+1 définie par

φ(P)=(P(α0),,P(αd)).

L’application φ est un isomorphisme de -espaces vectoriels de dimensions finies, c’est aussi une application linéaire continue car les espaces engagés sont de dimensions finies et il en est de même de φ-1.

En notant βi la limite de (fn(αi)), on a

φ(fn)n+(β0,,βd).

En notant P l’élément de d[X] déterminé par φ(P)=(β0,,βd)), on peut écrire

φ(fn)n+φ(P).

Par continuité de l’application φ-1,

fnn+P.

En choisissant sur d[X], la norme ,[a;b], on peut affirmer que (fn) converge uniformément vers P sur le segment [a;b].

En particulier, (fn) converge simplement vers P et en substance P=f.

 
Exercice 17  6040     CENTRALE (MP)Correction  

Soit E un -espace vectoriel de dimension finie n1.

  • (a)

    Rappeler la définition de ce qu’est un hyperplan de E.

    Soit φ une forme linéaire non nulle sur E. Montrer que dimKer(φ)=n-1.

Soient φ1,,φp et ψ des formes linéaires sur E. On suppose que la famille (φ1,,φp) est libre et l’on se propose d’établir que les assertions suivantes sont équivalentes:

(i) ψVect(φ1,,φp);

(ii) k=1pKer(φk)Ker(ψ);

(iii) C+,xE,|ψ(x)|Cmax1kp|φk(x)|.

  • (b)

    Montrer les implications évidentes.

  • (c)

    En considérant θ:xE(φ1(x),,φp(x)) et en établissant que θ est surjective, montrer (ii)(i).

  • (d)

    En considérant un supplémentaire de k=1pKer(φk), montrer (ii)(iii)

Solution

  • (a)

    Un hyperplan est le noyau d’une forme linéaire non nulle.

    Pour φE*, on a Im(φ)𝕂 donc rg(φ)1. Si de plus φ0 alors rg(φ)=1. Par la formule du rang, dimKer(φ)=n-1.

  • (b)

    (i) (ii) Supposons ψ combinaison linéaire des formes linéaires φ1,,φp. Si x appartient à l’intersection des Ker(φk) alors φk(x)=0 pour k=1,,n et donc ψ(x)=0.

    (iii) (ii) Supposons (iii) Si x appartient à l’intersection des Ker(φk) alors φk(x)=0 pour k=1,,n et donc

    |ψ(x)|Cmax1kp|φk(x)|=0

    ce qui entraîne ψ(x)=0.

  • (c)

    Supposons K=k=1pKer(φk)Ker(ψ).

    Considérons l’application linéaire

    θ:{E𝕂px(φ1(x),,φp(x)).

    Le noyau de θ correspond à K.

    Soient e=(e1,,en) une base de E et c=(c1,,cp) la base canonique de 𝕂p. La matrice de l’application linéaire θ relative aux bases e et c est

    A=(φ1(e1)φ1(en)φp(e1)φp(en))p,n(𝕂).

    La liberté de la famille (φ1,,φp) entraîne la liberté de la famille des lignes de la matrice A. On en déduit rg(θ)=rg(A)=p. L’application linéaire θ est surjective.

    Pour chaque j=1,,p, il existe xjE tel que θ(xj)=cj. La famille (x1,,xp) ainsi introduite est une famille libre de vecteurs de E qui engendre un espace supplémentaire de K dans E.

    Considérons alors ϕ=a1φ1++apφp avec aj=ψ(xj)𝕂.

    La forme linéaire ϕ co$̈\mathrm{i}$ncide avec ψ sur l’espace K ainsi que sur chaque vecteur xj pour j=1,,p. Par co$̈\mathrm{i}$ncidence sur deux deux espaces supplémentaires, les applications linéaires φ et ψ sont égales sur E et, par conséquent, ψVect(φ1,,φp).

  • (d)

    Supposons K=k=1pKer(φk)Ker(ψ) et considérons V un sous-espace vectoriel supplémentaire de cette intersection.

    On vérifie facilement que l’application N:xVmax1kp|φk(x)| définit une norme sur V notamment parce que KV={0}. Par continuité de la restriction de ψ sur V,

    C+,xV,|ψ(x)|Cmax1kp|φk(x)|

    Cette inégalité est encore vraie pour xE=K+V car ψ et φ1,,φp sont nulles sur K.

 
Exercice 18  5895    Correction  

On considère l’espace E=𝒞([0;1],) normé par 1.

Soit φ:[0;1][0;1] une bijection continue et croissante.

On étudie l’endomorphisme Tφ de E donné par Tφ(f)=fφ.

  • (a)

    On suppose que φ-1 est de classe 𝒞1 sur [0;1]. Montrer que Tφ est continue.

  • (b)

    On suppose que φ:xx2. Montrer que Tφ n’est pas continu.

  • (c)

    Montrer que Tφ est continue si, et seulement si, φ-1 est lipschitzienne.

Solution

  • (a)

    Pour fE,

    Tφ(f)1=01|fφ(t)|dt.

    On réalise le changement de variable t=φ-1(s) pour lequel dt=(φ-1)(s)ds.

    Tφ(f)1=01|f(s)|(φ-1)(s)ds.

    En introduisant M=sup[0;1](φ-1) (ce qui est possible car (φ-1) est continue sur [0;1] donc bornée),

    Tφ(f)101|f(s)|Mds=Mf1.

    L’application linéaire Tφ est lipschitzienne en 0 donc continue.

  • (b)

    Considérons fn:xe-nx pour n.

    On a

    fn1=01e-nxdx=t=nx1n0ne-tdtn+1n0+e-tdt=1

    et

    Tφ(fn)1=01e-nx2dx=tnx1n0ne-t2dtn+1n0+e-t2dt=C>0

    donc

    Tφ(fn)1fn1n+Cnn++.

    L’application linéaire Tφ n’est donc pas continue.

  • (c)

    Supposons Tφ continue. Il existe k+ tel que

    fE,Tφ(f)1kf1.

    On considère f=1[a;b] pour [a;b][0;1].

    On peut aisément définir une suite de fonctions continues (fn)n convergeant simplement vers f et vérifiant 0fn1 pour tout n.

    Par convergence dominée,

    Tφ(fn)1=01fnφ(t)dtn+01fφ(t)dt

    et

    fn1=01fn(t)dtn+01f(t)dt.

    L’inégalité Tφ(fn)1kfn1 donne alors à la limite

    01fφ(t)dtk01f(t)dt=k(b-a)

    avec

    01fφ(t)dt=011[a;b](φ(t))dt=φ-1(a)φ-1(b)dt=φ-1(b)-φ-1(a).

    Ainsi, φ-1(b)-φ-1(a)k(b-a) pour tous ab[0;1]: la fonction φ-1 est lipschitzienne.

    Inversement, supposons φ-1 lipschitzienne. Il existe k+ vérifiant

    x,y[0;1],|φ-1(y)-φ-1(x)|k|y-x|

    À rebours du calcul précédent, on obtient

    01fφ(t)k01f(t)dt.

    Pour toute fonction f indicatrice d’un segment [a;b]. Par combinaison linéaire, l’inégalité est aussi vraie pour f fonction en escalier positive et, par convergence dominée, elle est encore vraie pour f continue positive sur [0;1]. En l’appliquant à |f| au lieu de f, on acquiert Tφ(f)1kf1. L’endomorphisme Tφ est continu.

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Édité le 09-01-2026

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