[>] Dérivation de fonctions à valeurs matricielles

 
Exercice 1  564  Correction  

Soient E un 𝕂-espace vectoriel de dimension finie et f:E dérivable en 0.

On suppose

x,f(2x)=2f(x).

Montrer que f est linéaire

Solution

Pour x=0, on obtient f(2×0)=2×f(0) et donc f(0)=0E.

Pour x,

f(x)=f(2×x2)=2f(x2).

Par récurrence, on acquiert

f(x)=2nf(x2n)pour tout n.

Par développement limité en 0, on peut écrire

f(t)=f(0)+t.f(0)+t.ε(t)=t.f(0)+t.ε(t) avec ε(t)t00E.

On en déduit

f(x)=2n(x2n.f(0)+x2nε(x2n))=x.f(0)+x.ε(x2n).

À la limite quand n tend vers l’infini,

f(x)=x.f(0)+x.0E=x.f(0).

Ainsi, f est linéaire.

 
Exercice 2  565  Correction  

Soient E un 𝕂-espace vectoriel de dimension finie et f:𝒞1([a;b[,E).
Montrer que f admet un prolongement de classe 𝒞1 à [a;b] si, et seulement si, f admet une limite en b.

Solution

Un tel résultat est déjà connu pour les fonctions à valeurs réelles par application du théorème des accroissements finis. En raisonnant via parties réelles et imaginaires on peut étendre ce résultat au cas d’une fonction complexe. En raisonnant via les fonctions coordonnées dans une base de E, on prolonge ce résultat aux fonctions à valeurs dans E.

 
Exercice 3  569   Correction  

Soit f:[0;1]E dérivable à droite en 0 et vérifiant f(0)=0.
Déterminer la limite quand n+ de

Sn=k=1nf(kn2).

Solution

Par la dérivabilité à droite de f en 0, on peut écrire

f(x)=f(0)+x.f(0)+x.ε(x) avec ε0+0.

Puisque f(0)=0, on obtient

Sn=1n2k=1nk.f(0)+1n2k=1nk.ε(kn2).

En exploitant

ε(kn2)max]0;1/n]ε

et

k=1nk=n(n+1)2

on obtient

Sn-n+12nf(0)n+12nmax]0;1/n]ε.

Or ε0+0 donc

max]0;1/n]εn+0

puis

Snn+12f(0).
 
Exercice 4  5060  

Soit f:[a;b]2 une fonction dérivable.

Montrer qu’il existe c]a;b[ tel que f(c) soit colinéaire à f(b)-f(a).

 
Exercice 5  3964  

Soit tf(t) une fonction de classe 𝒞1 définie sur et à valeurs dans l’espace 2 muni de sa structure euclidienne usuelle.

On suppose la fonction tf(t) constante. Montrer que pour tout réel t, les vecteurs f(t) et f(t) sont orthogonaux.

 
Exercice 6  6143  Correction  

Soit E un espace euclidien de produit scalaire ,.

Soit f:[a;b]E une fonction continue sur [a;b] et dérivable sur ]a;b[. En considérant la fonction φ:tf(b)-f(a),f(t), montrer qu’il existe c]a;b[ tel que

f(b)-f(a)(b-a)f(c).

Solution

La fonction φ est à valeurs réelles, définie et continue sur [a;b] et dérivable sur ]a;b[. Par le théorème des accroissements finis, il existe c]a;b[ tel que

φ(b)-φ(a)=(b-a)φ(c)

c’est-à-dire

f(b)-f(a)2=(b-a)f(b)-f(a),f(c).

Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,

f(b)-f(a)2=(b-a)f(b)-f(a)f(c).

Que f(b)-f(a) soit nul ou non, on obtient

f(b)-f(a)(b-a)f(c).
 
Exercice 7  5343    Correction  

(Inégalité des accroissements finis)

Soient E un espace normé par , a<b deux réels et f:[a;b]E une fonction dérivable. On suppose qu’il existe M+ tel que

f(t)Mpour tout t[a;b].

On souhaite établir11 1 On retrouve l’inégalité des accroissements finis déjà affirmée dans le cours mais obtenue ici avec l’hypothèse dérivable au lieu de classe 𝒞1.

f(b)-f(a)M(b-a).
  • (a)

    Soit ε>0. Montrer l’existence d’un plus grand élément c[a;b] tel que

    f(c)-f(a)(M+ε)(c-a).
  • (b)

    Montrer que c=b et conclure.

Solution

  • (a)

    Méthode: On introduit la borne supérieure de l’ensemble des nombres c convenables et l’on montre que celle-ci appartient aussi à cet ensemble.

    Notons Aε l’ensemble des c[a;b] vérifiant

    f(c)-f(a)(M+ε)(c-a).

    Cet ensemble est une partie de , celle-ci est non vide car a lui appartient et est majorée par b. La partie Aε admet donc une borne supérieure que l’on note encore c. Par réalisation séquentielle d’une borne supérieure, il existe une suite (cn) d’éléments de Aε qui tend vers c. Les éléments cn appartiennent au segment [a;b] et donc la limite c aussi. En particulier, la fonction f est définie en c.

    De plus, pour tout n,

    f(cn)-f(a)(M+ε)(cn-a).

    Compte tenu de la continuité de f, cela donne à la limite

    f(c)-f(a)(M+ε)(c-a).

    Ainsi, c est élément de Aε, c’est le plus grand élément de [a;b] vérifiant l’inégalité.

  • (b)

    Par l’absurde, supposons c[a;b[.

    Méthode: Puisque f(c)<M+ε, on montre que pour t au voisinage de c, on a l’inégalité f(t)-f(c)(M+ε)|t-c|.

    Sachant

    limtctcf(t)-f(c)t-c=f(c) avec f(c)<M+ε

    il existe α>0 tel que

    t[a;b],(|t-c|α et tc)f(t)-f(c)t-cM+ε.

    Puisque c est strictement inférieur à b, on peut introduire t]c;b] tel que |t-c|α et alors

    f(t)-f(c)(M+ε)(t-c)

    puis, par l’inégalité triangulaire,

    f(t)-f(a) =f(t)-f(c)+f(c)-f(a)
    f(t)-f(c)(M+ε)(c-t)+f(c)-f(a)(M+ε)(c-a)(M+ε)(t-a).

    Cela contredit la définition de c, c’est absurde.

    On en déduit que c=b et donc

    f(b)-f(a)(M+ε)(b-a).

    Enfin, cela valant pour tout ε>0, aussi petit soit-il, on a encore

    f(b)-f(a)M(b-a).
 
Exercice 8  5061   

Soit f:In une fonction dérivable ne s’annulant pas et telle que les vecteurs f(t) et f(t) sont colinéaires pour tout tI.

Montrer que la fonction f prend toutes ses valeurs dans une même droite vectorielle.

 
Exercice 9  5247   

(Loi des aires)

Soit f:I3 une fonction de classe 𝒞2 ne s’annulant pas et telle que les vecteurs f(t) et f′′(t) sont colinéaires pour tout tI.

Montrer que la fonction f prend toutes ses valeurs dans un même plan vectoriel et que le triangle défini par les vecteurs f(t) et f(t) est d’aire constante.

 
Exercice 10  6144  Correction  

Soit E un espace euclidien de produit scalaire ,.

Soit f:IE une fonction de classe 𝒞2, telle que, f est constante et, pour tout tI, f′′(t) est colinéaire à f(t).

Montrer que f est constante.

Solution

Comme tf(t) est constante sur I, on a, pour tout tI,

f(t),f(t)=c

c est une constante. En dérivant, on obtient

f(t),f(t)=0.

En dérivant tf(t)2, on obtient

ddt(f(t)2)=2f′′(t),f(t).

Or f′′(t) est colinéaire à f(t) et il existe donc λ(t) tel que f′′(t)=λ(t)f(t). Ainsi

f′′(t),f(t)=λ(t)f(t),f(t)=0

puis

ddt(f(t)2)=0

ce qui montre que tf(t)2 est constante.

 
Exercice 11  6145  Correction  

On munit 3 de son produit scalaire canonique.

Soient e1,e2,e3 trois fonctions définies sur , à valeurs dans 3, de classe 𝒞1 telles que, pour tout t, la famille (t)=(e1(t),e2(t),e3(t)) est une base orthonormée de 3.

Pour tout t, montrer que la matrice M(t) représentative de la famille (e1(t),e2(t),e3(t)) dans la base (t) est antisymétrique.

Solution

Soit t. Comme (t)=(e1(t),e2(t),e3(t)) est une base orthonormée de 3, on a, pour tous i,j{1,2,3},

ei(t),ej(t)=δi,j.

En dérivant cette relation par rapport à t, on obtient

ei(t),ej(t)+ei(t),ej(t)=0

Or, par définition de la matrice M(t) de la famille (e1(t),e2(t),e3(t)) dans la base orthonormée (t), ses coefficients sont donnés par

M(t)=(mi,j(t))avecmi,j(t)=ei(t),ej(t)

Ainsi, pour tous i,j,

mi,j(t)=ei(t),ej(t)=-ej(t),ei(t)=-mj,i(t)

où l’on a utilisé la symétrie du produit scalaire.

On en déduit que M(t) est antisymétrique.

 
Exercice 12  6146   Correction  

Soit f:[a;b]E une application dérivable telle que

t[a;b],f(t)+f(t)>0.

Montrer que f ne s’annule qu’au plus un nombre fini de fois.

Solution

Par l’absurde, supposons que f s’annule une infinité de fois. On peut former une suite (tn)n d’éléments de [a;b] formée d’annulations deux à deux distinctes de f. Par le théorème de Bolzano-Weierstrass, il existe φ: strictement croissante telle que

tφ(k)k+t[a;b].

Par continuité de f, f(t)=0. Par définition,

f(t)=limttttf(t)-f(t)t-t.

et, par caractérisation séquentielle,

f(t)=limk+f(tφ(k))-f(t)tφ(k)-t=0.

Cela contredit l’hypothèse

t[a;b],f(t)+f(t)>0.

C’est absurde.

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Édité le 24-04-2026

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