[>] Dérivation de fonctions à valeurs matricielles
Soient un -espace vectoriel de dimension finie et dérivable en .
On suppose
Montrer que est linéaire
Solution
Pour , on obtient et donc .
Pour ,
Par récurrence, on acquiert
Par développement limité en , on peut écrire
On en déduit
À la limite quand tend vers l’infini,
Ainsi, est linéaire.
Soient un -espace vectoriel de dimension finie et .
Montrer que admet un prolongement de classe à si, et seulement si, admet une limite en .
Solution
Un tel résultat est déjà connu pour les fonctions à valeurs réelles par application du théorème des accroissements finis. En raisonnant via parties réelles et imaginaires on peut étendre ce résultat au cas d’une fonction complexe. En raisonnant via les fonctions coordonnées dans une base de , on prolonge ce résultat aux fonctions à valeurs dans .
Soit dérivable à droite en 0 et vérifiant .
Déterminer la limite quand de
Solution
Par la dérivabilité à droite de en , on peut écrire
Puisque , on obtient
En exploitant
et
on obtient
Or donc
puis
Soit une fonction dérivable.
Montrer qu’il existe tel que soit colinéaire à .
Soit une fonction de classe définie sur et à valeurs dans l’espace muni de sa structure euclidienne usuelle.
On suppose la fonction constante. Montrer que pour tout réel , les vecteurs et sont orthogonaux.
Soit un espace euclidien de produit scalaire .
Soit une fonction continue sur et dérivable sur . En considérant la fonction , montrer qu’il existe tel que
Solution
La fonction est à valeurs réelles, définie et continue sur et dérivable sur . Par le théorème des accroissements finis, il existe tel que
c’est-à-dire
Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
Que soit nul ou non, on obtient
(Inégalité des accroissements finis)
Soient un espace normé par , deux réels et une fonction dérivable. On suppose qu’il existe tel que
On souhaite établir11 1 On retrouve l’inégalité des accroissements finis déjà affirmée dans le cours mais obtenue ici avec l’hypothèse dérivable au lieu de classe .
Soit . Montrer l’existence d’un plus grand élément tel que
Montrer que et conclure.
Solution
Méthode: On introduit la borne supérieure de l’ensemble des nombres convenables et l’on montre que celle-ci appartient aussi à cet ensemble.
Notons l’ensemble des vérifiant
Cet ensemble est une partie de , celle-ci est non vide car lui appartient et est majorée par . La partie admet donc une borne supérieure que l’on note encore . Par réalisation séquentielle d’une borne supérieure, il existe une suite d’éléments de qui tend vers . Les éléments appartiennent au segment et donc la limite aussi. En particulier, la fonction est définie en .
De plus, pour tout ,
Compte tenu de la continuité de , cela donne à la limite
Ainsi, est élément de , c’est le plus grand élément de vérifiant l’inégalité.
Par l’absurde, supposons .
Méthode: Puisque , on montre que pour au voisinage de , on a l’inégalité .
Sachant
il existe tel que
Puisque est strictement inférieur à , on peut introduire tel que et alors
puis, par l’inégalité triangulaire,
Cela contredit la définition de , c’est absurde.
On en déduit que et donc
Enfin, cela valant pour tout , aussi petit soit-il, on a encore
Soit une fonction dérivable ne s’annulant pas et telle que les vecteurs et sont colinéaires pour tout .
Montrer que la fonction prend toutes ses valeurs dans une même droite vectorielle.
(Loi des aires)
Soit une fonction de classe ne s’annulant pas et telle que les vecteurs et sont colinéaires pour tout .
Montrer que la fonction prend toutes ses valeurs dans un même plan vectoriel et que le triangle défini par les vecteurs et est d’aire constante.
Soit un espace euclidien de produit scalaire .
Soit une fonction de classe , telle que, est constante et, pour tout , est colinéaire à .
Montrer que est constante.
Solution
Comme est constante sur , on a, pour tout ,
où est une constante. En dérivant, on obtient
En dérivant , on obtient
Or est colinéaire à et il existe donc tel que . Ainsi
puis
ce qui montre que est constante.
On munit de son produit scalaire canonique.
Soient trois fonctions définies sur , à valeurs dans , de classe telles que, pour tout , la famille est une base orthonormée de .
Pour tout , montrer que la matrice représentative de la famille dans la base est antisymétrique.
Solution
Soit . Comme est une base orthonormée de , on a, pour tous ,
En dérivant cette relation par rapport à , on obtient
Or, par définition de la matrice de la famille dans la base orthonormée , ses coefficients sont donnés par
Ainsi, pour tous ,
où l’on a utilisé la symétrie du produit scalaire.
On en déduit que est antisymétrique.
Soit une application dérivable telle que
Montrer que ne s’annule qu’au plus un nombre fini de fois.
Solution
Par l’absurde, supposons que s’annule une infinité de fois. On peut former une suite d’éléments de formée d’annulations deux à deux distinctes de . Par le théorème de Bolzano-Weierstrass, il existe strictement croissante telle que
Par continuité de , . Par définition,
et, par caractérisation séquentielle,
Cela contredit l’hypothèse
C’est absurde.
[>] Dérivation de fonctions à valeurs matricielles
Édité le 24-04-2026
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