[>] Listes et combinaisons

 
Exercice 1  1527  

Soient A, B et C trois parties d’un ensemble fini E. Exprimer Card(ABC) en fonction des cardinaux de A, B, C, AB, BC, CA et ABC.

 
Exercice 2  1526   

Soit f:EF une application au départ d’un ensemble fini non vide E et à valeurs dans un ensemble F. Montrer

f est injectiveCard(f(E))=Card(E).
 
Exercice 3  1528   Correction  

Soient A et B deux parties de E et F.
Étant donnée une application f:EF, est-il vrai que:

  • (a)

    Si A est une partie finie de E alors f(A) est une partie finie de F.

  • (b)

    Si f(A) est une partie finie de F alors A est une partie finie de E.

  • (c)

    Si B est une partie finie de F alors f-1(B) est une partie finie de E.

  • (d)

    Si f-1(B) est une partie finie de E alors B est une partie finie de F?

Solution

  • (a)

    oui, car si A={x1,,xn} alors f(A)={f(x1),,f(xn)} est fini.

  • (b)

    non, il suffit de considérer une fonction constante définie sur un ensemble infini.

  • (c)

    non, il suffit de considérer une fonction constante définie sur un ensemble infini.

  • (d)

    non, il suffit de considérer une partie B formée par une infinité de valeurs non prises par f.

 
Exercice 4  2362     CENTRALE (MP)

Soit E un ensemble fini de cardinal n. Calculer:

  • (a)

    XECard(X)

  • (b)

    X,YECard(XY)

  • (c)

    X,YECard(XY).

 
Exercice 5  4441   

Soit E un ensemble à n éléments avec n2. Combien existe-t-il de paires {X,Y} constituées de parties de E non vides et disjointes?

 
Exercice 6  3044      X (MP)

Montrer qu’un ensemble E est infini si, et seulement si, pour toute application f:EE, il existe une partie A non vide et distincte de E telle que f(A)A.

 
Exercice 7  5698    Correction  

(Distance de Jaccard)

Soit Ω un ensemble fini et non vide. On note 𝒫* l’ensemble des parties non vides de Ω et l’on pose, pour A,B𝒫*,

d(A,B)=1Card(AB)Card(AB).
  • (a)

    Vérifier

    A,B𝒫*,d(A,B)=0A=B.
  • (b)

    Justifier

    A,B,C𝒫*,d(A,B)d(A,C)+d(C,B).

    On pourra commencer par le cas CAB.

Solution

  • (a)

    Soient A,B𝒫*.

    () Si A=B alors AB=AB et donc d(A,B)=11=0.

    () Si d(A,B)=0 alors Card(AB)=Card(AB). Or ABAB. Par inclusion et égalité des cardinaux, il vient AB=AB. On en déduit A=B assez immédiatement.

  • (b)

    Soient A,B,C𝒫*.

    Cas: CAB.

    On a ACAB donc Card(AC)Card(AB) et alors

    d(A,C) =1Card(AC)Card(AC)=Card(AC)Card(AC)Card(AC)
    Card(AC)Card(AC)Card(AB).

    De même,

    d(C,B)Card(BC)Card(BC)Card(AB)

    et donc

    d(A,C)+d(C,B)Card(AC)+Card(BC)Card(AC)Card(BC)Card(AB).

    Pour obtenir l’inégalité voulue, il suffit alors de vérifier

    Card(AC)+Card(BC) Card(AC)Card(BC) (*)
    Card(AB)Card(AB).

    Pour cela on introduit

    a =Card(A(BC)), b =Card(B(AC)), c =Card(ABC)
    α =Card(CA), β =Card(CB), γ =Card(C(AB))
    [Uncaptioned image]

    On a

    Card(AC) =a+α+β+γ+c Card(AC) =β+c
    Card(BC) =b+α+β+γ+c Card(BC) =α+c
    Card(AB) =a+α+β+γ+c+b Card(AB) =γ+c

    et l’inégalité (*(b)) se relit

    (a+α+β+γ+c)+(b+α+β+γ+c) (β+c)(α+c)
    (a+α+β+γ+c+b)(γ+c).

    Après simplification, cela revient à 2γ0 ce qui est vraie.

    Ainsi, l’inégalité d(A,B)d(A,C)+d(C,B) est établie lorsque CAB.

    Cas général:

    Posons D=(AB)C de sorte que DAB. On sait alors

    d(A,B)d(A,D)+d(D,B).

    Or AD=AC et ADAC donc

    d(A,D)=1Card(AD)Card(AD)=1Card(AC)Card(AD)1Card(AC)Card(AC)=d(A,C).

    De la même façon, d(D,B)d(C,B) et l’on obtient donc d(A,B)d(A,C)+d(C,B).

[<] Ensemble fini[>] Dénombrements élémentaires

 
Exercice 8  1529  Correction  

Soient E et F deux ensembles finis de cardinaux respectifs n et p.
Combien y a-t-il d’injections de E dans F?

Solution

Si n>p, il n’y a pas d’injections possibles.
Si n=0, il y a une injection: l’application vide.
Si 0<np alors on peut écrire E={x1,,xn} avec les xi deux à deux distincts.
Pour former une injection de E dans F:
On choisit f(x1) dans F: p choix.
On choisit f(x2) dans F{f(x1)}: p-1 choix.

On choisit f(xn) dans F{f(x1),,f(xn-1)}: p-n+1 choix.
Au total, il y a p×(p-1)××(p-n+1)=p!(p-n)! choix.

 
Exercice 9  1531  Correction  

Combien existe-t-il de relation d’ordre total sur un ensemble E à n éléments?

Solution

Une relation d’ordre total sur E permet de définir par numérotation des éléments, une bijection de {1,,n} vers E et inversement.

Par suite, il y a exactement n! relations d’ordre total possibles.

 
Exercice 10  1530   Correction  

Soient E={1,,n} et F={1,,p} avec n,p{0,1}.

  • (a)

    Combien y a-t-il d’applications constantes de E vers F?

  • (b)

    Combien y a-t-il d’applications strictement croissantes de E vers F?

  • (c)

    Combien y a-t-il d’applications strictement monotones de E vers F?

  • (d)

    Combien y a-t-il d’applications croissantes de E vers F?

  • (e)

    Combien y a-t-il d’applications monotones de E vers F?

Solution

  • (a)

    Une application constante de E vers F est entièrement déterminée par le choix de la valeur de sa constante dans F. Il y a p choix possibles et donc p applications constantes de E vers F.

  • (b)

    Une application f:EF strictement croissante est entièrement déterminée par son image qui est une partie formée de n éléments de F: il suffit d’ordonner les n éléments qui constituent cette image pour définir l’application strictement croissante associée.

    Si pn: il y a (pn) parties à n éléments dans F et donc autant d’applications strictement croissantes de E vers F.

    Si p<n: il n’y a pas de parties à n éléments dans F et donc pas d’applications strictement croissantes de E vers F. Cela correspond encore à la valeur de (pn).

  • (c)

    Par le même raisonnement, il y autant d’applications strictement décroissantes que d’applications strictement croissantes. De plus, les applications strictement croissantes sont distinctes des applications strictement décroissantes. Au total, il y a 2(np) applications strictement monotones de E vers F.

  • (d)

    À une application f:EF, on associe g:EG définie par

    k1;n,g(k)=f(k)+k-1 avec G={1,,p+n-1}

    Par cette association, on fait se correspondre de façon bijective les applications croissantes de E vers F et les applications strictement croissantes de E vers G. Il y a donc (n+p-1n) applications croissantes de E vers F.

  • (e)

    En composant une application à valeurs dans F avec l’application h:FF donnée par h(k)=p+1-k, on fait se correspondre de façon bijective les applications croissantes de E vers F et les applications décroissantes de E vers F. Il y a donc exactement (n+p-1n) applications décroissantes de E vers F. Aussi, les applications à la fois croissantes et décroissantes de E vers F sont les applications constantes, il y en a p. Au final, il y a

    2(n+p-1n)-p

    applications monotones de E vers F.

 
Exercice 11  4437   

Soient n, p* et E=1;n.

  • (a)

    Dénombrer les familles strictement croissantes (x1,,xp) d’éléments de E.

  • (b)

    Dénombrer les familles croissantes (x1,,xp) d’éléments de E.

 
Exercice 12  3933   Correction  
  • (a)

    Quel est le coefficient de a2b5c3 dans le développement de (a+b+c)10?

  • (b)

    Même question avec a1k1a2k2apkp dans (a1+a2++ap)n.

Solution

  • (a)

    Dans le développement de

    (a+b+c)10=(a+b+c)(a+b+c)(a+b+c)

    on obtient un terme a2b5c3 en choisissant deux a, cinq b et trois c.
    Il y a (102) choix possibles pour les facteurs dont seront issus les a.
    Une fois ceux-ci choisis, il y a (85) choix possibles pour les facteurs fournissant les b.
    Une fois ces choix faits, les trois facteurs restant fournissent les c.
    Au total, il y a

    (102)(85)=10!2! 5! 3!=2520

    termes a2b5c3 apparaissant lors du développement de (a+b+c)10.

  • (b)

    On reprend le même protocole, pour obtenir

    n!k1!k2!kp!

    si k1+k2++kp=n et 0 sinon.

 
Exercice 13  4438   

(Anagrammes)

Un mot M long de n lettres est constitué de r lettres différentes. La j-ème lettre apparaît pj fois dans le mot M et donc p1++pr=n.

  • (a)

    Combien d’anagrammes différentes du mot M peut-on écrire?

  • (b)

    Dans le développement de (a1+a2++ar)n, quel est le coefficient du terme a1p1a2p2arpr?

 
Exercice 14  4440   

(Nombres de combinaisons avec répétition)

On appelle combinaison avec répétition de longueur p formée d’éléments d’un ensemble E, le choix non ordonné de p éléments dans E avec possibilité de répétitions de ceux-ci11 1 Par exemple, les choix de 1,1,2 ou de 1,2,1 définissent la même combinaison avec répétition de longueur 3 formée d’éléments de {1,2,3,4}.. Combien peut-on former de combinaisons avec répétition de longueur p sur un ensemble à n1 éléments?

 
Exercice 15  1536   Correction  

Soit E un ensemble à n éléments.

  • (a)

    Soit X une partie à p éléments de E.
    Combien y a-t-il de parties Y de E disjointes de X?

  • (b)

    Combien y a-t-il de couples (X,Y) formés de parties disjointes de E?

Solution

  • (a)

    Autant que de parties de EX: 2n-p

  • (b)

    p=0n(np)2n-p=(1+2)n=3n.

 
Exercice 16  1538   Correction  

Soit A une partie d’un ensemble E à n éléments. On pose p=Card(A).

  • (a)

    Combien y a-t-il de parties X de E contenant A?

  • (b)

    Combien y a-t-il de parties X de E à m{p,,n} éléments contenant A?

  • (c)

    Combien y a-t-il de couples (X,Y) de parties de E tels que XY=A?

Solution

  • (a)

    Il y en a autant que de parties de EA: 2n-p

  • (b)

    Il y en a autant que de parties de EA à m-p éléments: (n-pm-p).

  • (c)

    Une fois X à m éléments contenant A déterminé, il y a 2n-m choix de Y possibles. On obtient un total de couples de:

    m=pn(n-pm-p)2n-m=k=0n-p(n-pk)2n-p-k=(1+2)n-p=3n-p.
 
Exercice 17  1537   

Soit E un ensemble à n éléments. Combien existe-t-il de couples (X,Y) constitués de parties de E vérifiant XY?

 
Exercice 18  1532   Correction  

On trace dans un plan n droites en position générale (c’est-à-dire deux d’entre elles ne sont jamais parallèles ni trois d’entre elles concourantes). Combien forme-t-on ainsi de triangles?

Solution

Notons tn le nombre de triangles formés.

t0=t1=t2=0.

Pour n3, former un triangle revient à choisir les trois droites définissant ses côtés:

il y a (n3) possibilités.

Chacune de ses possibilités définit un véritable triangle (car il y a ni concourance, ni parallélisme) et les triangles obtenus sont deux à deux distincts.

Finalement,

tn=(n3).
 
Exercice 19  1540   Correction  

Combien y a-t-il de p-cycles dans le groupe (𝒮n,)?

Solution

Une injection f de p dans n permet de définir le p-cycle (f(1)f(p)).
Inversement, un p-cycle de n peut être définis par exactement p injections différentes.
En vertu du principe des bergers, il y a exactement n!p(n-p)! p-cycles dans 𝒮n.

[<] Listes et combinaisons[>] Dénombrements avancés

 
Exercice 20  3956  Correction  

Cinq cartes d’un jeu de cinquante-deux cartes sont servies à un joueur de Poker.

  • (a)

    Combien y a-t-il de mains possibles?

  • (b)

    Combien de ces mains comportent exactement un As?

  • (c)

    Combien de ces mains ne comportent aucun As?

  • (d)

    Combien comportent au moins un As?

Solution

  • (a)

    Une main se comprend comme une partie à 5 éléments d’un ensemble à 52 éléments.

    (525).
  • (b)

    On choisit l’As et les cartes le complétant

    (41)×(484).
  • (c)

    On choisit uniquement des cartes qui ne sont pas des As

    (485).
  • (d)

    Par complément

    (525)-(485).
 
Exercice 21  4433   

Cinq cartes d’un jeu de trente-deux cartes constituent la main d’un joueur.

  • (a)

    Combien de mains comportent un as ?

  • (b)

    Combien de mains comportent au moins un as ?

  • (c)

    Combien de mains comportent un as et un cœur ?

  • (d)

    Combien de mains comportent un as ou un cœur ?

  • (e)

    Combien de mains comportent au moins un as et au moins un cœur ?

 
Exercice 22  4432  

Une urne contient n jetons numérotés de 1 à n (avec n2).

  • (a)

    On tire successivement et avec remise 2 jetons dans l’urne. Combien de tirages sont possibles? Pour combien d’entre eux le second jeton est-il d’une valeur au moins égale au premier?

  • (b)

    Mêmes questions pour un tirage sans remise.

  • (c)

    On tire simultanément 2 jetons dans l’urne. Combien de tirages sont possibles? Pour combien d’entre eux la somme des valeurs vaut n?

 
Exercice 23  4431  

Soient n,p. Combien existe-t-il de couples (x,y)-p;n2 vérifiant xy0?

 
Exercice 24  5728  Correction  

Soit n avec n2.

  • (a)

    Combien existe-t-il de surjections de {1,,n} sur {1}?

  • (b)

    Combien existe-t-il de surjections de {1,,n} sur {1,,n}?

  • (c)

    Combien existe-t-il de surjections de {1,,n} sur {1,,n+1}?

  • (d)

    Combien existe-t-il de surjections de {1,,n} sur {1,2}?

  • (e)

    On suppose n3.

    Combien existe-t-il de surjections de {1,,n} sur {1,2,3}?

Solution

  • (a)

    Il existe une seule application de {1,,n} sur {1}, c’est l’application constante égale à 1 et celle-ci est surjective. Il existe donc une surjection de {1,,n} sur {1}.

  • (b)

    Une surjection de {1,,n} vers {1,,n} est une bijection et inversement. Il y a donc autant de surjections de {1,,n} vers {1,,n} que de permutation de {1,,n}, à savoir n!.

  • (c)

    Une surjection au départ de {1,,n} prend au plus n valeurs distinctes. Il n’existe pas de surjections de {1,,n} sur {1,,n+1}.

  • (d)

    Il existe 2n applications de {1,,n} sur {1,2}. Parmi, celles-ci, il y a deux applications constantes et les autres sont toutes surjectives. Il y a donc 2n2 surjections de {1,,n} sur {1,2}.

  • (e)

    Il existe 3n applications de {1,,n} sur {1,2,3}. Parmi celles-ci, il y a trois applications constantes qui ne sont pas surjectives. Dénombrons les applications qui prennent exactement 2 valeurs dans {1,2,3}. On commence par déterminer ces valeurs: cela fait (23)=3 choix. Une fois celles-ci déterminée, on dénombre les surjections de {1,,n} sur ces deux valeurs: cela fait 2n2 choix. Il y a donc 3(2n2) applications qui prennent exactement 2 valeurs. Parmi les applications de {1,,n} vers {1,2,3}, toutes les autres sont surjectives. Au final, il y a

    3n3(2n2)3=3n32n+3

    applications surjectives de {1,,n} sur {1,2,3}.

 
Exercice 25  5727   Correction  

Soit n*.

  • (a)

    Combien existe-t-il de surjections de {1,,n} sur lui-même?

On souhaite déterminer le nombre de surjections de {1,,n+1} sur {1,,n}.

  • (b)

    Justifier qu’une application de {1,,n+1} vers {1,,n} est surjective si, et seulement si, il existe un et un seul élément de {1,,n} qui possède deux antécédents alors que les autres possèdent tous un antécédent et un seul.

  • (c)

    En déduire le nombre de surjections de {1,,n+1} sur {1,,n}.

  • (d)

    Combien y a-t-il de surjections de {1,,n+2} sur {1,,n}?

Solution

  • (a)

    Les surjections de 1;n sur lui-même se confondent avec les permutations de {1,,n}. Il y en a exactement n!.

  • (b)

    Soit f une application de {1,,n+1} vers {1,,n}. Pour k=1,,n, notons xk le nombre d’antécédents de k par f. On a x1+xn=n+1 avec x1,,xn.

    Si l’application f est surjective, chaque élément de {1,,n} possède au moins un antécédent et donc xk1 pour tout k=1,,n. Dans la somme x1+xn il y a alors une fois la valeur 2 et n-1 fois la valeur 1.

    Inversement, s’il existe un élément de {1,,n} qui possède deux antécédents et que les autres possèdent tous un antécédent, alors chaque élément de {1,,n} possède au moins un antécédent et l’application f est surjective.

  • (c)

    Pour construire une surjection {1,,n+1} sur {1,,n}, on choisit l’élément y de {1,,n} possédant deux antécédents (n choix), on détermine ses deux antécédents x1 et x2 ((n+12) choix) et enfin on construit une bijection de l’ensemble {1,,n+1}{x1,x2} vers {1,,n}{y} ((n-1)! choix). Au total, il y a

    n(n+12)(n-1)!=n(n+1)!2

    surjections de {1,,n+1} sur {1,,n}.

  • (d)

    Pour une surjection de {1,,n+2} sur {1,,n}, il peut y avoir 1 élément de {1,,n} possédant 3 antécédents ou 2 éléments possédant chacun 2 antécédents. En suivant ce principe, on dénombre

    n(n+23)(n-1)!+(n2)(n+22)(n2)(n-2)!=n(3n+1)(n+2)!24

    surjections de {1,,n+2} sur {1,,n}.

 
Exercice 26  5731   Correction  

Soit n*.

De combien de façons peut-on regrouper 2n individus par paires?

Solution

Notons mn le nombre recherché.

Considérons 2n individus que l’on numérote de 1 à 2n. On choisit avec qui on apparie l’individu numéro 1: il y a 2n-1 choix possibles. Une fois ce choix effectué, il reste 2n-2 individus à apparier, il y a mn-1 choix possibles. On en déduit la relation de récurrence

mn=(2n-1)mn-1.

Sachant m1=1, on conclut

mn=(2n-1)×(2n-3)××1=(2n)!2nn!.

[<] Dénombrements élémentaires[>] Composition d'un entier

 
Exercice 27  4436  

En écriture binaire, combien de fois utilise-t-on le chiffre «  1  » pour énumérer tous les entiers compris entre 1 et 1 024?

 
Exercice 28  4445  

Soit une relation d’équivalence sur un ensemble E de cardinal n. On suppose que  possède p classes d’équivalence et l’on note q le nombre de couples (x,y)E2 vérifiant xy. Établir n2pq.

 
Exercice 29  4439   

Soit E un ensemble fini à n éléments. Combien existe-t-il

  • (a)

    de relations binaires sur E?

  • (b)

    de relations binaires réflexives et symétriques11 1 Le nombre de relations d’équivalence sur E est l’objet du sujet 4443. sur E?

  • (c)

    de relations binaires réflexives et antisymétriques sur E?

 
Exercice 30  1534   

(Nombre de surjections)

Soient E et F deux ensembles finis non vides de cardinaux respectifs p et n. On note Sp,n le nombre de surjections de E sur F.

  • (a)

    Déterminer Sp,1, Sn,n et Sp,n lorsque p<n.

  • (b)

    On suppose p>1, n>1 et l’on introduit a un élément arbitraire de E. En étudiant la restriction d’une surjection au départ de E{a}, établir

    Sp,n=n(Sp-1,n+Sp-1,n-1).
  • (c)

    En déduire que pour tout entier n1 et tout entier p1,

    Sp,n=k=0n(-1)n-k(nk)kp.
 
Exercice 31  3985   Correction  

Soit n avec n2. On note 𝒮n l’ensemble des permutations de 1;n.

On dit que i1;n est un point fixe d’une permutation σ𝒮n lorsque σ(i)=i.

  • (a)

    Combien existe-t-il d’éléments dans 𝒮n?

    Combien existe-t-il d’éléments dans 𝒮n dont n est point fixe?

On note 𝒮n(k) le sous-ensemble de 𝒮n constitué des permutations possédant exactement k0;n points fixes et l’on pose

sn(k)=Card(𝒮n(k)).
  • (b)

    Calculer

    k=0nsn(k).
  • (c)

    Soient n,k1. En calculant de deux façons le nombre de couples (s,x) constitués de s𝒮n(k) et x point fixe de s, établir

    ksn(k)=nsn1(k1).
  • (d)

    En déduire

    sn(k)=(nk)snk(0).
  • (e)

    Retrouver directement le résultat précédent.

Solution

  • (a)

    On sait par le cours qu’il y a exactement n! permutations sur un ensemble à n éléments: Card(𝒮n)=n!.

    Une permutation de 1;n dont n est point fixe s’identifie avec une permutation de 1;n1. Il y en a exactement (n1)!.

  • (b)

    La somme étudiée dénombre les permutations de 1;n selon leur nombre de points fixes

    k=0nsn(k)=Card(𝒮n)=n!.
  • (c)

    Pour chaque permutation de s de 𝒮n(k) il y a k points fixes x possibles. Le nombre de couples cherché est donc ksn(k).
    Pour chaque x1;n, une permutation possédant k points fixes (dont x) est entièrement déterminée par sa restriction à 1;n{x} qui est une permutation à k1 points fixes. Ainsi, le nombre de couples cherché est aussi nsn1(k1).

  • (d)

    En itérant la formule ci-dessus obtenue

    sn(k)=n(n1)(nk+1)k(k1)1snk(0)=(nk)snk(0).
  • (e)

    Pour déterminer une permutation élément de 𝒮n(k), on choisit l’ensemble de ses k points fixes (il y a (nk) possibilités) et l’on construit ses valeurs sur le complémentaire de l’ensemble des points fixes à partir d’une permutation de nk éléments sans points fixes (il y a snk(0) possibilités). Au total, il y a

    (nk)snk(0)

    applications de la forme voulue.

 
Exercice 32  4156     CCINP (MP)Correction  

On considère une matrice 3×3 composée de 9 jetons numérotés de 1 à 9.

On cherche à déterminer la probabilité p pour que le déterminant de la matrice soit un entier impair.

  • (a)

    Soit A=(ai,j)n(). Montrer que la classe de congruence du déterminant de A modulo 2 est égale à la classe du déterminant de la matrice dont les coefficients sont les restes ri,j de la division euclidienne de ai,j par 2.

  • (b)

    On note l’ensemble des matrices carrées d’ordre 3 composées des 9 jetons. Déterminer Card().

On définit Ω={M|det(M) impair} et Δ l’ensemble des matrices carrées d’ordre 3 dont cinq coefficients sont égaux à 1, quatre sont nuls et de déterminant impair.

  • (c)

    Donner une relation entre Card(Ω) et Card(Δ).

  • (d)

    On considère une matrice de Δ dont une colonne possède trois coefficients égaux à 1.

    Donner le nombre K1 de ces matrices.

    On considère une matrice de Δ dont deux colonnes possèdent exactement un coefficient nul.

    Déterminer le nombre K2 de ces matrices.

  • (e)

    Calculer Card(Δ) et en déduire Card(Ω).

  • (f)

    Déterminer la probabilité p.

Solution

  • (a)

    Le déterminant de A se calcule par une formule compatible avec le calcul en congruence modulo 2.

  • (b)

    Répartir les jetons dans la matrice revient à déterminer une bijection de 1;9 vers lui-même. On en déduit Card()=9!=362 880.

  • (c)

    À chaque matrice de Ω on fait correspondre une matrice de Δ par calcul des restes ri,j des divisions euclidiennes modulo 2. Pour une matrice de Ω, si l’on permute les jetons impairs d’une part, et les jetons pairs d’autre part, la matrice de Δ obtenue à la fin est la même. On en déduit

    Card(Ω)=5! 4!Card(Δ).
  • (d)

    Formons une matrice de Δ dont une colonne possède trois coefficients égaux à 1. On choisit cette colonne et il reste deux 1 à positionner. Ceux-ci ne peuvent figurer sur la même colonne car on obtient sinon un déterminant nul. Ils ne peuvent figurer sur la même ligne pour la même raison. S’ils ne figurent ni sur la même ligne, ni sur la même colonne, la matrice est convenable. On en déduit

    K1=3×3×2.

    On choisit la colonne comportant un 1 et deux 0, les deux autres colonnes comportant un 0 et deux 1, puis on positionne le 1 dans la première colonne et les deux zéros dans les deux autres. Pour que la matrice obtenue soit de déterminant impair, il faut et il suffit que ces deux derniers zéros ne soient pas choisis sur la même ligne. On en déduit

    K2=3×3×3×2.
  • (e)

    Si une matrice de Δ possède une colonne dont trois coefficients sont égaux à 1, elle ne possède pas deux colonnes possédant exactement un coefficient nul. Aussi, si une matrice de Δ ne possède pas de colonne dont trois coefficients sont égaux à 1, elle possède deux colonnes possédant exactement un coefficient nul.

    Card(Δ)=K1+K2=72 et Card(Ω)=207 360.
  • (f)

    p=4/7.

 
Exercice 33  4442   

(Nombres de Catalan)

Soient n et p deux entiers naturels non nuls.

On appelle chemin monotone, tout déplacement sur une grille de coordonnées entières obtenu en partant de la case (0,0) et en se déplaçant successivement d’une unité vers la droite ou d’une unité vers le haut.

  • (a)

    Combien existe-t-il de chemins monotones rejoignant la case (n,p)?

On s’intéresse désormais aux chemins monotones rejoignant la case (n,n). On dit qu’un tel chemin est sous-diagonal si les cases (x,y) qu’il emprunte vérifient la condition yx.

  • (b)

    On considère un chemin qui n’est pas sous-diagonal et on lui associe un nouveau chemin déterminé en changeant les mouvements vers la droite par des mouvements vers le haut, et inversement, dès son premier franchissement11 1 Ce premier franchissement est nécessairement dirigé vers le haut et peut éventuellement avoir lieu dès le premier déplacement. de la diagonale.

    Quelle nouvelle case rejoint ce chemin?

  • (c)

    Combien existe-t-il de chemins sous-diagonaux rejoignant la case (n,n)?

 
Exercice 34  4443    

(Nombres de Bell)

On appelle partition d’un ensemble E, tout ensemble constitué de parties deux à deux disjointes, non vides et de réunion égale à E. On note Bn le nombre de partitions11 1 Une relation d’équivalence est caractérisée pas ses classes d’équivalences qui constituent une partition de l’ensemble: Bn détermine le nombre de relations d’équivalence sur un ensemble à n éléments. d’un ensemble fini à n* éléments et l’on pose B0=1. Établir que pour tout entier naturel n,

Bn+1=k=0n(nk)Bk.
 
Exercice 35  4444    

(Nombre de dérangements)

Un dérangement sur un ensemble E est une permutation σ de E vérifiant σ(x)x pour tout xE. On note Dn le nombre de dérangements existant sur un ensemble à n* éléments.

  • (a)

    Établir Dn+1=n(Dn+Dn-1) pour tout n2.

  • (b)

    En déduire Dn=nDn-1+(-1)n pour tout n2.

  • (c)

    Conclure

    Dn=n!k=0n(-1)kk!pour tout n1.
 
Exercice 36  5418      MINES (MP)Correction  

Soit n*. Déterminer le nombre moyen de points fixes d’une permutation de l’ensemble 1;n.

Solution

Notons 𝒮n l’ensemble des permutations de 1;n. On sait

Card𝒮n=n!.

Pour σ𝒮n, notons N(σ) le nombre de points fixes de σ

N(σ)=Card{i1;n|σ(i)=i}.

Le nombre moyen de points fixes d’une permutation de 1;n est

M=1n!σ𝒮nN(σ).

Réorganisons le calcul de cette somme en introduisant les couples (σ,i) formés par σ𝒮n et i1;n. Pour un tel couple, posons

δ(σ,i)={1 si σ(i)=i0 si σ(i)i.

On remarque

N(σ)=i=1nδ(σ,i)

et alors

σ𝒮nN(σ)=σ𝒮n(i=1nδ(σ,i)).

On réorganise le calcul de la somme

σ𝒮nN(σ)=i=1n(σ𝒮nδ(σ,i))

avec

σ𝒮nδ(σ,i)=Card{σ𝒮n|σ(i)=i}.

Or, pour i1;n, une permutation σ qui fixe i peut s’identifier à une permutation de 1;n{i}, il y en a exactement (n-1)!. On peut alors achever le calcul

N(σ)=i=1n(n-1)!=n(n-1)!=n!

puis

M=1.
 
Exercice 37  4446    

(Formule d’inversion de Pascal)

Soient n et p des entiers naturels.

  • (a)

    Pour k, tels que kn, comparer (nk)(k) et (n)(n-k-).

  • (b)

    Soient (un)n une suite de nombres réels et (vk)k la suite déterminée par

    vk==0k(k)upour tout k.

    Établir la formule d’inversion

    un=k=0n(-1)n-k(nk)vkpour tout n.
  • (c)

    Application : On note Sp,n le nombre de surjections d’un ensemble E à p éléments sur un ensemble F à n éléments. Déterminer une expression de Sp,n en observant

    np=k=0n(nk)Sp,k.
  • (d)

    Application : On note Dn le nombre de dérangements11 1 Voir le sujet 4444. sur un ensemble à n éléments. Déterminer une expression de Dn en commençant par observer

    n!=k=0n(nk)Dk.
 
Exercice 38  3934    Correction  

Soit n*. On note X l’ensemble de suites (x1,,xn) avec

k{1,,n},xk=1 ou 1.

À chaque suite x=(x1,,xn) élément de X on associe la suite (s0,s1,,sn) avec

s0 et sk=sk1+xk pour k{1,,n}.

Celle-ci détermine une ligne brisée déterminée par les points de coordonnées (k,sk) comme illustrée ci-dessous

[Uncaptioned image]

Cette ligne brisée définit un chemin joignant (0,s0) à (n,sn).

  • (a)

    On note p le nombre de 1 dans la suite x=(x1,,xn)X. Exprimer en fonction de n, p et s0 la valeur de sn.

  • (b)

    Étant donnée m, combien existe-t-il de chemin sn=m?

  • (c)

    On suppose s0. En exploitant la figure ci-dessous

    [Uncaptioned image]

    expliquer pourquoi il y a autant de chemins joignant (0,s0) à (n,m) que de chemins joignant (0,s0) à (n,m) et coupant l’axe des abscisses.

  • (d)

    En déduire le nombre de chemins joignant (0,1) à (n,m) dont tous les points sont d’ordonnées strictement positives.

Solution

  • (a)

    Le nombre de 1 est de np et donc sn=s0+p(np)=s0+2pn.

  • (b)

    Si m(s0+n) n’est pas un nombre pair, il n’y a pas de chemin solutions.
    Sinon, on introduit p pour lequel ms0+n=2p.
    Si p<0 ou p>n, on ne pourra trouver de chemin solutions.
    Si 0pn, chemins solutions correspondent aux suites x pour lesquels on positionne p termes 1 et les autres égaux à 1. Il y a (np) positions possibles pour les termes 1 et autant de chemins solutions.

  • (c)

    Tout chemin joignant (0,s0) à (n,m) et coupant l’axe des abscisses peut être associé de façon bijective à un chemin joignant (0,s0) à (n,m), il suffit pour cela de passer à l’opposer les termes x1,x2, jusqu’au premier pour lequel s0+x1++xk=0 et ne pas modifier les autres comme dans la figure proposé (ce résultat est connu sous le nom de principe de réflexion).

  • (d)

    Si m1+n est impair, il n’y a aucun chemins possible d’aucune sorte.
    Sinon, on peut écrire m1+n=2p avec p et il y a alors (np) chemins possibles (ce nombre étant nul lorsque p<0 ou p>n).
    Parmi ceux-ci, on retire ceux coupant l’axe abscisse qui par l’étude au dessus sont au nombre de (np+1).
    Finalement, il y a

    (np)(np+1)

    chemins solutions

[<] Dénombrements avancés[>] Démonstrations combinatoires

 
Exercice 39  3961  

(Calcul par anagramme)

Soient p, q et n des entiers naturels.

  • (a)

    Un mot est constitué de p fois le caractère A et q fois le caractère B. Combien peut-on constituer d’anagrammes de ce mot?

  • (b)

    On suppose p1. En considérant les symboles \og1 \fg et \og+ \fg, combien existe-t-il de familles (x1,,xp)p vérifiant x1++xp=n?

  • (c)

    Même question avec (x1,,xp)(*)p.

 
Exercice 40  3960   Correction  
  • (a)

    Combien existe-t-il de suites strictement croissante de p entiers choisis dans {1,,n}?

  • (b)

    Application : Combien existe-t-il de suite (x1,,xp) avec

    x1++xpn et x1,,xp*.
  • (c)

    Même question avec

    x1++xp=n et x1,,xp*.

Solution

  • (a)

    Une suite strictement croissante de p entiers dans {1,,n} est entièrement déterminée par le choix de ses éléments qu’il suffit alors d’ordonner. Il y en a donc

    (np).
  • (b)

    À chaque suite (x1,,xp) vérifiant x1++xpn et x1,,xp* on peut associer une suite strictement croissante (y1,,yp) d’éléments de {1,,n} en posant

    yk=x1++xk.

    Inversement, à une suite (y1,,yp) comme au dessus correspond une unique suite (x1,,xp) comme voulue avec

    x1=y1,xk=yk-yk-1 pour k2.

    Il y a donc autant de suites (x1,,xp) vérifiant x1++xpn et x1,,xp* que de suite strictement croissantes de p éléments dans {1,,n}, soit

    (np).
  • (c)

    La condition x1++xp=n est remplie quand x1++xpn mais pas x1++xpn-1. Le nombre de suite cherché est donc

    (np)-(n-1p)=(n-1p-1).
 
Exercice 41  3930   

(Calcul par les familles croissantes)

Soient n et p*.

Il existe 11 1 Voir le sujet 4437 où l’on a simplement opéré un glissement sur l’ensemble des valeurs en considérant 0;n au lieu de 1;n+1. (n+pp) familles croissantes de longueur p constituées d’éléments de 0;n.

  • (a)

    Combien existe-t-il de familles (x1,,xp)p vérifiant x1++xpn?

  • (b)

    Même question avec la condition x1++xp=n.

 
Exercice 42  1535   

(Calcul par récurrence)

Soient n et p*. On note Cnp le nombre de familles (x1,,xp)p vérifiant la condition x1++xp=n.

  • (a)

    Établir

    Cnp+1=k=0nCkp.
  • (b)

    En déduire

    Cnp=(n+p-1n).

[<] Composition d'un entier

 
Exercice 43  4434  

Soient n et p. Proposer des preuves combinatoires11 1 Une preuve combinatoire est une justification réalisée par dénombrement. Par exemple, en calculant de deux façons différentes le cardinal d’un même ensemble. des formules:

  • (a)

    k=0n(nk)=2n

  • (b)

    (nn-p)=(np)

  • (c)

    (np)+(np+1)=(n+1p+1).

 
Exercice 44  1533   Correction  

(Formule de Chu-Vandermonde)

Soient p,q et n0;p+q. Proposer une démonstration par dénombrement de l’égalité

(p+qn)=k=0n(pk)(qn-k).

Solution

Soit E un ensemble à p+q éléments séparé en deux parties disjointes E et E′′ de cardinaux p et q.
Il y a exactement (p+qn) parties à n éléments dans E.
Or pour former une partie à n élément de E, on peut pour chaque k0;n commencer par choisir k éléments dans E avant d’en choisir n-k dans E′′. Il y a (pk)(qn-k) possibilités pour chaque k0;n puis au total k=0n(pk)(qn-k) possibilités d’où l’identité.

 
Exercice 45  4435   

Soient E un ensemble à n éléments et p un entier avec 1pn. En dénombrant les couples (A,x) constitués d’une partie A de E à p éléments et d’un élément x de A, établir l’identité

(np)=np(n-1p-1).


Édité le 29-11-2025

Bootstrap Bootstrap 3 - LaTeXML [LOGO] - Powered by MathJax Powered by MathJax