[>] Dérivation de fonctions à valeurs matricielles

 
Exercice 1  564  Correction  

Soient E un 𝕂-espace vectoriel de dimension finie et f:E dérivable en 0.

On suppose

x,f(2x)=2f(x).

Montrer que f est linéaire

Solution

Pour x=0, on obtient f(2×0)=2×f(0) et donc f(0)=0E.

Pour x,

f(x)=f(2×x2)=2f(x2).

Par récurrence, on acquiert

f(x)=2nf(x2n)pour tout n.

Par développement limité en 0, on peut écrire

f(t)=f(0)+t.f(0)+t.ε(t)=t.f(0)+t.ε(t) avec ε(t)t00E.

On en déduit

f(x)=2n(x2n.f(0)+x2nε(x2n))=x.f(0)+x.ε(x2n).

À la limite quand n tend vers l’infini,

f(x)=x.f(0)+x.0E=x.f(0).

Ainsi, f est linéaire.

 
Exercice 2  565  Correction  

Soient E un 𝕂-espace vectoriel de dimension finie et f:𝒞1([a;b[,E).
Montrer que f admet un prolongement de classe 𝒞1 à [a;b] si, et seulement si, f admet une limite en b.

Solution

Un tel résultat est déjà connu pour les fonctions à valeurs réelles par application du théorème des accroissements finis. En raisonnant via parties réelles et imaginaires on peut étendre ce résultat au cas d’une fonction complexe. En raisonnant via les fonctions coordonnées dans une base de E, on prolonge ce résultat aux fonctions à valeurs dans E.

 
Exercice 3  569   Correction  

Soit f:[0;1]E dérivable à droite en 0 et vérifiant f(0)=0.
Déterminer la limite quand n+ de

Sn=k=1nf(kn2).

Solution

Par la dérivabilité à droite de f en 0, on peut écrire

f(x)=f(0)+x.f(0)+x.ε(x) avec ε0+0.

Puisque f(0)=0, on obtient

Sn=1n2k=1nk.f(0)+1n2k=1nk.ε(kn2).

En exploitant

ε(kn2)max]0;1/n]ε

et

k=1nk=n(n+1)2

on obtient

Sn-n+12nf(0)n+12nmax]0;1/n]ε.

Or ε0+0 donc

max]0;1/n]εn+0

puis

Snn+12f(0).
 
Exercice 4  5060  

Soit f:[a;b]2 une fonction dérivable.

Montrer qu’il existe c]a;b[ tel que f(c) soit colinéaire à f(b)-f(a).

 
Exercice 5  3964  

Soit tf(t) une fonction de classe 𝒞1 définie sur et à valeurs dans l’espace 2 muni de sa structure euclidienne usuelle.

On suppose la fonction tf(t) constante. Montrer que pour tout réel t, les vecteurs f(t) et f(t) sont orthogonaux.

 
Exercice 6  6143  Correction  

Soit E un espace euclidien de produit scalaire ,.

Soit f:[a;b]E une fonction continue sur [a;b] et dérivable sur ]a;b[. En considérant la fonction φ:tf(b)-f(a),f(t), montrer qu’il existe c]a;b[ tel que

f(b)-f(a)(b-a)f(c).

Solution

La fonction φ est à valeurs réelles, définie et continue sur [a;b] et dérivable sur ]a;b[. Par le théorème des accroissements finis, il existe c]a;b[ tel que

φ(b)-φ(a)=(b-a)φ(c)

c’est-à-dire

f(b)-f(a)2=(b-a)f(b)-f(a),f(c).

Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,

f(b)-f(a)2=(b-a)f(b)-f(a)f(c).

Que f(b)-f(a) soit nul ou non, on obtient

f(b)-f(a)(b-a)f(c).
 
Exercice 7  5343    Correction  

(Inégalité des accroissements finis)

Soient E un espace normé par , a<b deux réels et f:[a;b]E une fonction dérivable. On suppose qu’il existe M+ tel que

f(t)Mpour tout t[a;b].

On souhaite établir11 1 On retrouve l’inégalité des accroissements finis déjà affirmée dans le cours mais obtenue ici avec l’hypothèse dérivable au lieu de classe 𝒞1.

f(b)-f(a)M(b-a).
  • (a)

    Soit ε>0. Montrer l’existence d’un plus grand élément c[a;b] tel que

    f(c)-f(a)(M+ε)(c-a).
  • (b)

    Montrer que c=b et conclure.

Solution

  • (a)

    Méthode: On introduit la borne supérieure de l’ensemble des nombres c convenables et l’on montre que celle-ci appartient aussi à cet ensemble.

    Notons Aε l’ensemble des c[a;b] vérifiant

    f(c)-f(a)(M+ε)(c-a).

    Cet ensemble est une partie de , celle-ci est non vide car a lui appartient et est majorée par b. La partie Aε admet donc une borne supérieure que l’on note encore c. Par réalisation séquentielle d’une borne supérieure, il existe une suite (cn) d’éléments de Aε qui tend vers c. Les éléments cn appartiennent au segment [a;b] et donc la limite c aussi. En particulier, la fonction f est définie en c.

    De plus, pour tout n,

    f(cn)-f(a)(M+ε)(cn-a).

    Compte tenu de la continuité de f, cela donne à la limite

    f(c)-f(a)(M+ε)(c-a).

    Ainsi, c est élément de Aε, c’est le plus grand élément de [a;b] vérifiant l’inégalité.

  • (b)

    Par l’absurde, supposons c[a;b[.

    Méthode: Puisque f(c)<M+ε, on montre que pour t au voisinage de c, on a l’inégalité f(t)-f(c)(M+ε)|t-c|.

    Sachant

    limtctcf(t)-f(c)t-c=f(c) avec f(c)<M+ε

    il existe α>0 tel que

    t[a;b],(|t-c|α et tc)f(t)-f(c)t-cM+ε.

    Puisque c est strictement inférieur à b, on peut introduire t]c;b] tel que |t-c|α et alors

    f(t)-f(c)(M+ε)(t-c)

    puis, par l’inégalité triangulaire,

    f(t)-f(a) =f(t)-f(c)+f(c)-f(a)
    f(t)-f(c)(M+ε)(c-t)+f(c)-f(a)(M+ε)(c-a)(M+ε)(t-a).

    Cela contredit la définition de c, c’est absurde.

    On en déduit que c=b et donc

    f(b)-f(a)(M+ε)(b-a).

    Enfin, cela valant pour tout ε>0, aussi petit soit-il, on a encore

    f(b)-f(a)M(b-a).
 
Exercice 8  5061   

Soit f:In une fonction dérivable ne s’annulant pas et telle que les vecteurs f(t) et f(t) sont colinéaires pour tout tI.

Montrer que la fonction f prend toutes ses valeurs dans une même droite vectorielle.

 
Exercice 9  5247   

(Loi des aires)

Soit f:I3 une fonction de classe 𝒞2 ne s’annulant pas et telle que les vecteurs f(t) et f′′(t) sont colinéaires pour tout tI.

Montrer que la fonction f prend toutes ses valeurs dans un même plan vectoriel et que le triangle défini par les vecteurs f(t) et f(t) est d’aire constante.

 
Exercice 10  6144  Correction  

Soit E un espace euclidien de produit scalaire ,.

Soit f:IE une fonction de classe 𝒞2, telle que, f est constante et, pour tout tI, f′′(t) est colinéaire à f(t).

Montrer que f est constante.

Solution

Comme tf(t) est constante sur I, on a, pour tout tI,

f(t),f(t)=c

c est une constante. En dérivant, on obtient

f(t),f(t)=0.

En dérivant tf(t)2, on obtient

ddt(f(t)2)=2f′′(t),f(t).

Or f′′(t) est colinéaire à f(t) et il existe donc λ(t) tel que f′′(t)=λ(t)f(t). Ainsi

f′′(t),f(t)=λ(t)f(t),f(t)=0

puis

ddt(f(t)2)=0

ce qui montre que tf(t)2 est constante.

 
Exercice 11  6145  Correction  

On munit 3 de son produit scalaire canonique.

Soient e1,e2,e3 trois fonctions définies sur , à valeurs dans 3, de classe 𝒞1 telles que, pour tout t, la famille (t)=(e1(t),e2(t),e3(t)) est une base orthonormée de 3.

Pour tout t, montrer que la matrice M(t) représentative de la famille (e1(t),e2(t),e3(t)) dans la base (t) est antisymétrique.

Solution

Soit t. Comme (t)=(e1(t),e2(t),e3(t)) est une base orthonormée de 3, on a, pour tous i,j{1,2,3},

ei(t),ej(t)=δi,j.

En dérivant cette relation par rapport à t, on obtient

ei(t),ej(t)+ei(t),ej(t)=0

Or, par définition de la matrice M(t) de la famille (e1(t),e2(t),e3(t)) dans la base orthonormée (t), ses coefficients sont donnés par

M(t)=(mi,j(t))avecmi,j(t)=ei(t),ej(t)

Ainsi, pour tous i,j,

mi,j(t)=ei(t),ej(t)=-ej(t),ei(t)=-mj,i(t)

où l’on a utilisé la symétrie du produit scalaire.

On en déduit que M(t) est antisymétrique.

 
Exercice 12  6146   Correction  

Soit f:[a;b]E une application dérivable telle que

t[a;b],f(t)+f(t)>0.

Montrer que f ne s’annule qu’au plus un nombre fini de fois.

Solution

Par l’absurde, supposons que f s’annule une infinité de fois. On peut former une suite (tn)n d’éléments de [a;b] formée d’annulations deux à deux distinctes de f. Par le théorème de Bolzano-Weierstrass, il existe φ: strictement croissante telle que

tφ(k)k+t[a;b].

Par continuité de f, f(t)=0. Par définition,

f(t)=limttttf(t)-f(t)t-t.

et, par caractérisation séquentielle,

f(t)=limk+f(tφ(k))-f(t)tφ(k)-t=0.

Cela contredit l’hypothèse

t[a;b],f(t)+f(t)>0.

C’est absurde.

[<] Dérivation[>] Dérivation d'un déterminant

 
Exercice 13  5948  Correction  

Pour t, on pose

M(t)=(1et-e-t-1)

ce qui détermine une fonction dérivable M:2().

  • (a)

    Calculer eM(t).

  • (b)

    A-t-on (eM)=MeM?

Solution

  • (a)

    On remarque M(t)2=O2. On en déduit

    eM(t)=I2+M(t)=(2et-e-t0)
  • (b)

    On obtient

    (eM)(t)=(0ete-t0)

    et

    M(t)eM(t)=(0ete-t0)(2et-e-t0)=(-102e-t1)

    La formule (eM)=MeM n’est pas vérifiée.

 
Exercice 14  6142  Correction  

Soit M:In() une fonction dérivable.

On suppose que, pour tout tI, M(t) est inversible et on pose N(t)=(M(t))-1.

Montrer que N est dérivable et exprimer N en fonction de M et N.

Solution

On sait

N=M-1=1det(M)(Com(M))

Les coefficients tM(t) sont des fonctions dérivables. Par somme et produit de fonctions dérivables, tdet(M(t)) est dérivable. Il en est de même des fonctions coefficients de tCom(M(t)). On en déduit que tN(t) est dérivable car ses coefficients sont des quotients définis de fonctions dérivables.

Puisque M(t)N(t)=In, on obtient par dérivation M(t)N(t)+M(t)N(t)=0. On en déduit

N(t)=-N(t)M(t)N(t)
 
Exercice 15  4142  

Soit M:2n+1() une application de classe 𝒞1 vérifiant, pour tout réel s,

M(s)M(s)=In.

Montrer que la matrice M(s) n’est inversible pour aucune valeur de s.

 
Exercice 16  5944   Correction  

Pour Mn() nilpotente, on pose

L(M)=k=1+1kMk.

On étudie la fonction f donnée par f(t)=exp(L(tM)) pour t.

  • (a)

    Établir

    t,f(t)=k=1n1exp(tkkMk).
  • (b)

    Montrer que f est dérivable sur avec

    t,(IntM)f(t)=Mf(t).
  • (c)

    Montrer que f est constante.

  • (d)

    En déduire exp(L(M))=(InM)1.

Solution

  • (a)

    Puisque M est nilpotente de taille n, on sait Mn=On. Cela assure que L(tM) est correctement définie pour tout t.

    L(tM)=k=1n11ktkMk

    et l’on peut introduire

    f(t)=exp(L(tM)).

    Les termes de la somme définissant L(tM) commutent entre eux et donc

    f(t)=k=1n1exp(1ktkMk).
  • (b)

    Pour An(), on sait que tetA est de classe 𝒞 sur avec

    ddt(etA)=AetA.

    Par produit, on en déduit que la fonction f est de classe 𝒞 sur . Aussi, par composition,

    ddt(exp(1ktkMk))=tk1Mkexp(1ktkMk)

    et, par dérivation d’un produit (et commutativité des facteurs),

    f(t)=k=1n1tk1Mkf(t).

    On multiplie les deux membres par IntM pour observer un télescopage en second membre

    (IntM)f(t) =k=1n1(tk1MktkMk+1)f(t)
    =(Mtn1Mn)f(t)=Mf(t).
  • (c)

    On peut à nouveau dériver

    Mf(t)+(IntM)f′′(t)=Mf(t)

    ce qui se simplifie en

    (IntM)f′′(t)=0.

    Puisque la matrice M est nilpotente, elle est semblable à une matrice triangulaire supérieure stricte. Par cette similitude, on obtient det(IntM)=1 et donc IntM est une matrice inversible. On en déduit

    f′′(t)=0.

    La fonction f est donc constante.

  • (d)

    On a f(0)=In et f(0)=M puis on obtient

    t,f(t)=IntM.

    En particulier,

    exp(L(M))=(f(1))1=(InM)1.

[<] Dérivation de fonctions à valeurs matricielles[>] Vecteurs tangents à une partie

 
Exercice 17  566   Correction  

Pour n* et x réel, on pose:

Dn(x)=|x1(0)x2/2!x1x3/3!x2/2!x1xn/n!x2/2!x|.
  • (a)

    Montrer que Dn est une fonction dérivable et exprimer Dn(x) en fonction de Dn-1(x) pour n2 et x.

  • (b)

    En déduire l’expression de Dn(x) pour tous n* et x.

Solution

  • (a)

    Notons A(x)=(ai,j(x))n() la matrice dont Dn(x) est le déterminant. Par la formule définissant le déterminant,

    Dn(x)=σ𝒮n(ε(σ)i=1naσ(i),i(x)).

    On en déduit que la fonction Dn est dérivable mais cette formule n’est pas particulièrement commode11 1 Cependant, on peut y parvenir après un effort de lucidité! pour calculer Dn(x).

    Notons C1(x),,Cn(x) les colonnes de la matrice A(x). On sait

    Dn(x)=det(A(x))=det(C1(x)Cn(x))

    Les coefficients de xCj(x) étant des fonctions dérivables, on peut affirmer que chaque fonction xCj(x) est dérivable. Par multilinéarité du déterminant d’une famille de colonnes, on retrouve que l’application xDn(x) est dérivable22 2 Par la même argumentation, on montre Dn de classe 𝒞 car les fonctions colonnes le sont. avec, au surplus, la formule de dérivation

    Dn=det(C1C2Cn)+det(C1C2Cn)++det(C1C2Cn).

    On remarque que, pour tout j1;n-1, Cj=Cj+1. Le déterminant d’une famille comportant deux vecteurs identiques étant nuls, on peut simplifier l’égalité précédente et écrire

    Dn=det(C1C2Cn).

    En développant par rapport à la dernière colonne ce dernier déterminant, on obtient

    Dn=Dn-1pour tout n2.
  • (b)

    Sachant Dn(0)=0 et D1(x)=x, on montre par récurrence

    Dn(x)=xnn!.

    La propriété est immédiatement vraie pour n=1.

    Supposons celle-ci acquise au rang n-1 avec n2.

    Par hypothèse de récurrence,

    Dn(x)=Dn(0)+0xDn(t)dt=0xDn-1(t)dt=0xtn-1(n-1)!dt=xnn!.

    La récurrence est établie

 
Exercice 18  2693     MINES (MP)Correction  

Calculer le déterminant

|a1+x(x)(x)an+x|

x,a1,,an réels.

Solution

En retirant la première colonne aux autres, on obtient un déterminant où ne figurent des x que sur la première colonne. En développant selon cette première colonne, on obtient une expression affine de la variable x.

|a1+x(x)(x)an+x|=αx+β.

Il reste à déterminer les réels α,β exprimant cette fonction affine.
D’une part

β=|a1+x(x)(x)an+x|x=0=|a1(0)(0)an|=a1an

et d’autre part

α=ddx|a1+x(x)(x)an+x|x=0.

La dérivée d’un déterminant est la somme des déterminants obtenus lorsque l’on ne dérive qu’une colonne

α=j=1n|a11(0)(0)1an|

où la colonne formée de 1 est à la position j. Chaque déterminant se calcule en développant selon la ligne ne contenant que le coefficient 1 et l’on obtient

α=j=1nijai.
 
Exercice 19  2587     CCINP (MP)Correction  

Soient u,v,w trois fonctions de classe 𝒞2 de [a;b] vers (avec a<b). On suppose

|u(a)v(a)w(a)u(b)v(b)w(b)u(a)v(a)w(a)|=0.

Montrer qu’il existe c]a;b[ vérifiant

|u(a)v(a)w(a)u(b)v(b)w(b)u′′(c)v′′(c)w′′(c)|=0.

Solution

On introduit la fonction f:[a;b] définie par

f(x)=|u(a)v(a)w(a)u(b)v(b)w(b)u(x)v(x)w(x)|.

Cette fonction est continue sur [a;b], dérivable sur ]a;b[ avec

f(x)=|u(a)v(a)w(a)u(b)v(b)w(b)u(x)v(x)w(x)|.

De plus, f(a)=f(b)=0 et donc, par le théorème de Rolle, il existe d]a;b[ tel que f(d)=0. Au surplus, f(a)=0 et une nouvelle application du théorème de Rolle – à la fonction f cette fois – donne l’existence de c]a;d[]a;b[ telle

f′′(c)=|u(a)v(a)w(a)u(b)v(b)w(b)u′′(c)v′′(c)w′′(c)|=0.
 
Exercice 20  6147   Correction  

Soit A:In() une fonction dérivable. On pose φ:I donnée par

φ(t)=det(A(t)).

Justifier que φ est dérivable avec

tI,φ(t)=tr((Com(A(t)))A(t)).

Solution

Notons C1,,Cn les colonnes de A de sorte que

det(A(t))=det(C1(t)Cn(t)).

Les fonctions tCj(t) sont dérivables. Par composition multilinéaire, la fonction φ:tdet(A(t)) est dérivable avec

φ(t)=j=1ndet(C1(t)Cj(t)Cn(t)).

Soit j1;n. Par développement selon la j-ème colonne,

det(C1(t)Cj(t)Cn(t))=i=1nai,j(t)Ai,j(t)

en introduisant Ai,j(t) le cofacteur d’indice (i,j) de A(t).

Sachant que la comatrice est la matrice des cofacteurs, on obtient

φ(t)=i,j=1nAi,j(t)ai,j(t)=i,j=1n[Com(A(t))]i,j[A(t)]i,j.

On reconnaît le produit scalaire canonique des matrices Com(A(t)) et A(t). Ce produit scalaire s’exprime aussi

φ(t)=tr((Com(A(t)))A(t)).

[<] Dérivation d'un déterminant[>] Formules de Taylor

 
Exercice 21  5649  Correction  

Soit X une partie non vide d’un espace normé E. On suppose que aE est intérieur à X. Déterminer l’ensemble TaX des vecteurs tangents à X en a.

Solution

Puisque a est intérieur à X, il existe r>0 tel que B(a,r)X.

Soit vE. Considèrons γ:E définie par γ(t)=a+t.v. Pour t proche de 0, γ(t)B(a,r) donc γ(t)X. Au surplus, γ(0)=a et γ(0)=v et donc v est tangent à X en a. L’ensemble TaX vaut donc E.

 
Exercice 22  5650   Correction  

Soit B la boule unité euclidienne fermée.

Déterminer les vecteurs tangents à B en a élément de la sphère unité.

Solution

Soit v un vecteur tangent à la boule B en a. Il existe γ:]-ε;ε[E inscrit dans B tel que γ(0)=a et γ(0)=v.

Puisque γ est inscrit dans B, γ(t)1 pour tout t]-ε;ε[. La fonction φ:t(γ(t)γ(t)) est donc maximale en t=0. On en déduit φ(0)=0. Cela donne 2(γ(0)γ(0))=0 puis (av)=0.

Inversement, soit u un vecteur unitaire vérifiant (au)=0. On considère γ:E définie par

γ(t)=cos(t).a+sin(t).u.

On vérifie γ(t)2=1, γ(0)=a et γ(0)=u. On en déduit uTaB. Par colinéarité, tout vecteur v orthogonal à a est élément de TaB.

Finalement, TaB=Vect(a).

 
Exercice 23  5934   Correction  

Déterminer l’ensemble tangent à SLn() en In.

Solution

Commençons par remarquer que In est élément de SLn().

Soit An() un vecteur tangent à SLn() en In. Il existe tM(t) fonction définie au voisinage de 0 et prenant ses valeurs dans SLn() vérifiant

M(0)=InetM(0)=A.

Puisque det(M(t))=1, on obtient en dérivant

j=1ndet(C1(0),,Cj(0),,Cn(0))=0

en notant C1(t),,Cn(t) les colonnes de M(t). Puisque M(0)=In, il vient

j=1ndet(E1,,C~j,,En)=0

en notant C~1,,C~n les colonnes de A. Par développement selon la j-ème ligne, on obtient

det(E1,,C~j,,En)=[A]j,j

et, finalement, on parvient à la condition

tr(A)=0.

Ainsi,

TIn(SLn())H={An()|tr(A)=0}.

Inversement, soit AH. Considérons

M(t)=1det(In+tA)(In+tA)

pour t réel au voisinage de 0. L’application tM(t) est évidemment à valeurs dans SLn(). Aussi, à l’aide du calcul précédent,

det(In+tA)=t01+ttr(A)+o(t)=1+o(t)

de sorte que l’on obtient le développement limité

M(t)=t011+o(t)(In+tA)=In+tA+o(t).

On a donc que M(0)=In et M(0)=A. Ainsi, A est un vecteur tangent à SLn() en In.

On conclut

TIn(SLn())=H.
 
Exercice 24  5933   Correction  
  • (a)

    Déterminer l’ensemble tangent à On() en In.

  • (b)

    Plus généralement, déterminer l’ensemble tangent à On() en ΩOn().

Solution

  • (a)

    Commençons par remarquer que In est élément de On().

    Soit An() un vecteur tangent à On() en In. Il existe tM(t) fonction définie au voisinage de 0 et prenant ses valeurs dans On() vérifiant

    M(0)=InetM(0)=A.

    Puisque (M(t))M(t)=In, on obtient en dérivant

    (M(0))M(0)+(M(0))M(0)=On

    et donc

    A+A=On.

    Ainsi,

    TIn(On())𝒜n()={An()|A=-A}.

    Inversement, soit A𝒜n(). Considérons M(t)=exp(tA) pour t. On remarque

    (M(t))M(t)=exp(-tA)exp(tA)=exp(-tA+tA)=In.

    L’application tM(t) est donc à valeurs dans On(). Au surplus, M(0)=In et M(t)=AM(t) de sorte que M(0)=A. Ainsi, A est un vecteur tangent à On() en In.

    On conclut

    TInOn()=𝒜n().
  • (b)

    Soit An() un vecteur tangent à On() en Ω. Un calcul analogue au précédent conduit à la condition

    AΩ+ΩA=On

    soit

    (Ω-1A)=-Ω-1A.

    Par conséquent,

    TΩ(On()){An()|Ω-1A𝒜n()}

    Réciproquement, on vérifie que tΩexp(tΩ-1A) définit une application dérivable à valeurs dans On() prenant la valeur Ω en 0 et de vecteur dérivé A en 0.

    On conclut

    TΩ(On())={An()|Ω-1A𝒜n()}.

[<] Vecteurs tangents à une partie

 
Exercice 25  570   Correction  

Soit f:[0;1]E de classe 𝒞2 telle que

f(0)=f(0)=f(1)=0 et f(1)=1.

Montrer en écrivant deux formules de Taylor que f′′4.

Solution

Par l’inégalité de Taylor Lagrange:

f(12)-f(0)-12f(0)18f′′

et

f(12)-f(1)+12f(1)18f′′.

On en déduit

f(12)18f′′ et |f(12)-f(1)|18f′′

donc

1=f(1)f(1)-f(12)+f(12)14f′′

puis f′′4.

 
Exercice 26  567   Correction  

Soit n*.

  • (a)

    Montrer que, pour tout 0p<n,

    k=0n(-1)k(nk)kp=0etk=0n(-1)k(nk)kn=(-1)nn!.
  • (b)

    En déduire, pour f:E de classe 𝒞n, la limite quand h0 de

    1hnk=0n(-1)k(nk)f(kh).

Solution

  • (a)

    Procédons par récurrence sur n*.

    Pour n=1,

    k=0n(-1)k(nk)=(1-1)n=0etk=0n(-1)kk(nk)=-1.

    Supposons la propriété établie au rang n1.

    Soit 0p<n+1.

    Si p=0 alors

    k=0n+1(-1)k(n+1k)kp=(1-1)n+1=0.

    Si 0<p<n+1 alors

    k=0n+1(-1)k(n+1k)kp=(n+1)k=1n+1(-1)k(nk-1)kp-1=(n+1)k=0n(-1)k-1(nk)(k+1)p-1=0

    après développement du (k+1)p-1.

    Si p=n+1 alors

    k=0n+1(-1)k(n+1k)kn+1=(n+1)k=0n(-1)k-1(nk)(k+1)n=(-1)n+1(n+1)!.

    La récurrence est établie.

  • (b)

    Par la formule de Taylor-Young,

    f(x)=x0p=0nf(p)(0)p!xp+o(xn)

    donc

    k=0n(-1)k(nk)f(kh)=h0p=0nf(p)(0)p!k=0n(-1)k(nk)kp+o(hn)h0(-1)nf(n)(0).
 
Exercice 27  571     MINES (MP)

Soit f:E une fonction de classe 𝒞2 telle que f et f′′ sont bornées. On pose

M0=fetM2=f′′.
  • (a)

    Soit x. Établir que pour tout h>0

    f(x)2M0h+hM22.
  • (b)

    En déduire que f est bornée et

    f2M0M2.
  • (c)

    En améliorant l’étude qui précède, montrer

    f2M0M2.


Édité le 24-04-2026

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